Suite à un problème technique, l'actualité de mars 2004 a... "disparu" tant de mon disque dur que du serveur :(
Si vous l'aviez téléchargée - sauvegardée - copiée et que vous pouvez me l'envoyer pour les archives, je vous en serai très reconnaissante. Merci d'avance.

- Procès Dutroux: fin des plaidoiries des parties civiles avant le réquisitoire - 26 mai
- Dutroux, psychopathe incurable selon les experts-psychiatres - 5 mai
- Disparus de Mourmelon : un an après - 5 mai
- Le douloureux retour à Marcinelle de Sabine et Laetitia - 27 avril
- Le retour de BTK - 23 avril

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Procès Dutroux: fin des plaidoiries des parties civiles avant le réquisitoire - 26 mai
Les avocats de Laetitia Delhez ont continué à défendre la thèse d'un réseau pédophile derrière Marc Dutroux, mercredi matin devant la Cour d'assises d'Arlon en Belgique tandis que les procureurs Jean-Baptiste Andries et Michel Bourlet devaient prendre la parole dans l'après-midi.

En Belgique, l'accusation se fait en deux étapes. Dans un premier temps le ministère public doit étayer la culpabilité des accusés. Ce n'est que dans un second temps qu'il propose une peine censée être adéquate.

Le procureur du roi Michel Bourlet a fait savoir à plusieurs reprises qu'il défendait la thèse d'un réseau pédophile, tandis que le juge d'instruction, Jacques Langlois, a toujours favorisé la théorie d'un pédophile isolé. Le réquisitoire est donc très attendu devant la Cour d'assises où les défenseurs des deux théories s'affrontent depuis près de trois mois.

Les avocats de Laetitia Delhez, Mes Georges-Henri Beauthier et Jan Fermon, ont ainsi souligné mardi après-midi que "d'autres vérités" se cachaient derrière les actes reprochés à Marc Dutroux. Ils estiment aussi que la police a protégé le pédophile. Cette thèse est également défendue par la famille d'An Marchal, que le pédophile a laissée mourir de faim dans sa cave.

Les avocats de l'autre survivante, Sabine Dardenne, sont au contraire convaincus que Marc Dutroux a agi seul. Ils n'ont pas prononcé le nom de Michel Nihoul, cet homme d'affaires bruxellois présenté comme le lien entre Dutroux et le réseau présumé, au cours de leurs plaidoiries. La famille d'Efje Lambreck a également retiré sa constitution de partie civile contre M. Nihoul.

Les avocats des familles de Julie et Melissa, qui ont refusé de participer au procès, n'ont pas plaidé.

La position de l'accusation, plutôt acquise à la thèse du réseau est donc très attendue sur ce point. Michel Nihoul, qui comparaît libre, est accusé d'avoir participé à l'enlèvement de Laetitia Delhez.

Agé de 47 ans, Marc Dutroux répond de l'enlèvement et de la séquestration de six jeunes filles ainsi que de la mort de deux d'entre elles (An et Eefje, 17 et 19 ans, enlevées en 1995). Julie et Melissa, 8 ans, enlevées la même année, sont mortes de faim dans des circonstances encore floues, tandis que Sabine et Laetitia, 12 et 14 ans, enlevées en 1996, ont été retrouvées vivantes après l'arrestation de leur bourreau.

Trois autres personnes comparaissent à ses côtés : son ex-épouse Michelle Martin, 44 ans, son homme de main Michel Lelièvre, 32 ans, et Michel Nihoul, 62 ans, que Marc Dutroux désigne comme l'intermédiaire entre un réseau pédophile et des responsables des services de sécurité belges.

Les avocats de la défense doivent plaider jusqu'à la semaine prochaine. Le verdict est attendu à la mi-juin. (Associated Press)

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Dutroux, psychopathe incurable selon les experts-psychiatres - 5 mai

Les parents du pédophile belge Marc Dutroux et les experts-psychiatres ont brossé mercredi le portrait d'un psychopate narcissique, totalement responsable de ses actes et qui ne peut être soigné par la médecine.

La cour d'assises de la petite ville d'Arlon a consacré la journée à l'examen de la personnalité du principal accusé de ce procès retentissant qui a commencé le 1er mars.

La mère de Marc Dutroux, Jannine Lauwens, ne s'est pas montrée tendre envers son fils qui, dès son enfance, montrait selon lui des signes d'un comportement pervers.

Son père, Victor Dutroux, qui a toujours douté être le père biologique de son fils, a lui aussi été un témoin à charge.

"Qu'est-ce qu'on peut dire à un individu pareil?", s'est-il interrogé lors d'un entretien à la télévision belge RTL-TVI à la sortie de la salle de la cour d'assises d'Arlon. "Qu'il pense à son salut éternel avant de penser à se disculper."

Sa première épouse, qu'il a battue comme plâtre pendant des années, même lorsqu'elle était enceinte, a raconté le calvaire qu'elle avait vécu aux mains de Marc Dutroux, qui est jugé pour l'enlèvement, la séquestration et le viol de six fillettes, dont quatre ont été retrouvées à l'état de cadavres.


SEULE SOLUTION, LA PRISON

Les experts-psychiatres et les psychologues chargés de cerner sa personnalité ont quant à eux décrit un psychopathe parfait qui ne peut être soigné, la psychopathie n'étant pas une maladie curable mais un trait de caractère définitif.

"Le psychopathe se considère comme le centre du monde: tout ce qui autour de lui n'est là que pour ses besoins", a dit le psychologue Francis Lavenne à la barre des témoins, selon l'agence de presse Belga.

L'interner serait donc dangereux pour la société, puisque Marc Dutroux risque de s'en servir pour récidiver, et la seule solution est donc l'enfermement dans une prison.

Associable, narcissique, insensible et sans remords, Dutroux serait responsable de ses actes et n'est même pas un pédophile au sens strict du terme, puisqu'il viole aussi des femmes mûres.

Dutroux avait violemment mis en cause ses parents, un couple d'instituteurs séparés depuis 1971 après avoir formé un couple chaotique, lors de sa déclaration à l'ouverture du procès.

"Ce n'est pas vraiment une éducation sévère, c'est une éducation de dingues", s'était-il plaint devant les jurés.

Selon lui, son père, qui lui avait très tôt dit ses doutes sur sa paternité, le battait souvent et sa mère le punissait.

"J'étais puni pour tout et pour rien", avait-il dit. "C'était toujours le même problème. Ma mère ne me supportait pas et mon père avait du mal à m'accepter en tant que fils". (Reuters)

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Disparus de Mourmelon : un an après - 5 mai

"Il y a presque exactement un an devait s'ouvrir le procès de Pierre Chanal devant les Assises de la Marne.
Après plusieurs reports, en octobre 2003, le suicide de Pierre Chanal, alors qu'il était sous la responsabilité de la justice, empêchait la tenue du procès de l'affaire des disparus de Mourmelon et marquait la faillite définitive de la justice dans cette affaire.

Depuis cette date, des familles de disparus tentent sans succès d'obtenir du Ministre de la Justice qu'une enquête soit menée sur l'ensemble de la procédure judiciaire.
Malgré des promesses orales, aucune réponse formelle n' a été donnée.
La nomination d'un secrétaire d'état pouvait laisser pense que le droit des victimes allait enfin être pris en compte. On peut en douter : visiblement, Madame Guedj n'est pas en charge des victimes de la Justice.

Les familles des victimes ont désormais le sentiment que les autorités concernées espèrent que, parce que la pression médiatique est retombée, les victimes se lassent et qu'on finisse par oublier cette douloureuse affaire.

Un site internet (www.disparusdemourmelon.org) a été ouvert en mars 2004 pour illustrer la détermination à obtenir justice.

Evidemment, l'argument de l'indépendance de la Justice a été mis en avant pour justifier de ne rien faire. Nous pensons au contraire que cette indépendance ne peut être crédible que si les échecs font réellement l'objet d'une enquête.
Cette affaire a valeur d'exemple et il faut en tirer toutes les leçons pour éviter qu'un tel échec ne se renouvelle : rien n'a vraiment changé (pas d'évaluation des magistrats, compétence territoriale limitant les possibilités d'enquêtes, pas de procedures pour les disparitions inquiétantes de jeunes majeurs, etc.) et les mêmes causes entraîneront les mêmes effets.

Monsieur Perben a, s'il le décide, le pouvoir de saisir l'inspection générale des services judiciaires. Pourquoi une telle décision demande-t-elle autant de temps ? Comment continuer à faire confiance aux hommes politiques dans ces conditions ?

Sans réponse du Ministère de la justice, Gil Denis vient d'écrire à Monsieur Raffarin et Monsieur Chirac pour solliciter leur intervention et relancer une enquête.
Cette demande a également été diffusée aux députés et aux sénateurs".


Gil Denis (frère de Patrice Denis, l'une des victimes de Pierre Chanal).

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Le douloureux retour à Marcinelle de Sabine et Laetitia - 27 avril

"Crapule!", "Si je pouvais, je lui cracherais dessus". Le retour de Sabine Dardenne et Laetitia Delhez dans la cache où Marc Dutroux les avait séquestrées en 1996 a donné lieu mardi à un émouvant et dramatique face à face entre le pédophile et ses victimes.

Pour la première fois depuis huit ans, Sabine, aujourd'hui âgée de 20 ans, et Laetitia (22 ans) replongeaient dans l'enfer de la sinistre geôle de leur calvaire, que la cour d'assises d'Arlon avait décidé d'aller "examiner" à Marcinelle, le faubourg de Charleroi (sud) théâtre des crimes de Dutroux.

Après une brève descente d'une dizaine de minutes, chacune à leur tour, dans la maison de briques rouges du 128 rue de Philippeville, où Dutroux les avaient violées, enfermées, et soumises à un véritable "lavage de cerveau", les deux jeunes femmes sortent en pleurs et se jettent dans les bras de leurs proches.

Quand Marc Dutroux est extrait de la Mercedes blindée garée à quelques mètres de là pour être emmené à son tour dans le petit bâtiment de briques rouges, Sabine et Laetitia se fraient un passage parmi les journalistes et les membres de la cour pour s'approcher de leur ancien tortionnaire.

"Respire, respire, ça va aller", glisse Laetitia à l'oreille de Sabine. "Crapule!", lance cette dernière au pédophile menotté qui passe à côté d'elle.

Marc Dutroux reste muet et pénètre à son tour dans son ancienne habitation. Lorsqu'il ressort 10 minutes plus tard, la jeune femme, enfermée 80 jours sur place à subir ses assauts du 28 mai au 15 août 1996, se campe devant le véhicule banalisé de la police à l'arrière duquel Dutroux est réinstallé.

Durant plusieurs longues minutes, Sabine fixe la voiture, tentant en vain d'accrocher son regard. "Il regarde le sol comme toujours, fidèle à lui-même", dit-elle à ses avocats. "Si je pouvais, je lui cracherais dessus", conclut-elle.

La descente de la cour d'assises à Marcinelle avait pour objectif de permettre au jury populaire devant lequel Dutroux et ses co-accusés comparaissent depuis le 1er mars, de prendre conscience de l'exiguité du cachot où le pédophile enfermait ses victimes.

Quatre d'entre elles y ont séjourné: Sabine, Laetitia, mais aussi Julie Lejeune et Melissa Russo, deux fillettes de 8 ans qui y sont mortes de faim.

Sabine, celle des deux survivantes qui est restée le plus longtemps aux mains de Dutroux, est entrée seule dans le réduit d'un mètre sur deux aménagé dans une ancienne citerne.

"Ses avocats l'ont vue pleurer", a indiqué l'un d'eux, Me Jean-Philippe Rivière. "Elle y est restée environ une minute. La cache lui a paru encore plus petite qu'à l'époque et tous ses souvenirs sont remontés".

Dans la maison, inoccupée depuis 1996, les tapisseries sont partiellement arrachés, la cheminée à moitié défoncée. Deux vieux vélo rouillés, des caisses de câbles électriques et des pots de peintures encombrent le rez-de-chaussée.

A l'étage, le lit superposé où Dutroux enchaînait ses victimes après leur rapt est toujours dans la pièce arrière. A l'avant, une garde-robe brune et un autre lit occupent tout l'espace de la "chambre calvaire", selon le terme de Sabine, où le pédophile assouvissait ses désirs sur ses victimes.

Du rez-de-chaussée, une douzaine de marches étroites mènent à une cave voûtée, où un homme de taille moyenne ne peut se tenir entièrement droit.

Derrière une porte en béton de 200 kilos, la cache frappe par sa petitesse. Dos au mur, tendre le bras suffit pour toucher la paroi opposée. Le matelas, la télévision, et le seau hygiénique, seuls éléments de "confort" installés par Dutroux, ont été emportés.

Mais les cinq lettres d'un prénom, gravées au crayon d'une écriture enfantine sur l'un des murs peints en jaune, rappellent encore l'atroce passé de l'endroit: "Julie". (AFP)

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Le retour de BTK - 23 avril

Dans les années 1970, un tueur en série tourmentait la police de Wichita, dans le Kansas, en lui écrivant les détails de ses crimes sadiques. Puis, les meurtres avaient cessé et il n’avait plus communiqué.
Jusqu’au mois d’avril dernier.

L’une des lettres affirmait : « Lorsque ce monstre entre dans mon cerveau, je ne saurai jamais. Mais il est là pour rester. Peut-être pouvez-vous l’arrêter. Je ne peux pas ».
Entre 1974 et 1979, le tueur a assassiné quatre jeunes femmes, deux enfants et un homme. Il s’était trouvé son propre surnom, «BTK» en rapport avec sa méthode : « Bind Torture Kill » (attacher, torturer, tuer).
BTK défiait la police avec de longues lettres décrivant ses pulsions sadiques. Il dessinait les scènes des crimes. Il écrivait des odes à ses victimes. Sa dernière lettre était une plainte adressée à une femme âgée qui lui avait échappé parce qu’elle était sortie tard le soir, la nuit où il avait choisi de se cacher chez elle pour l’étrangler : « pourquoi n’es-tu pas apparu ? ».
Puis, il n’avait plus donné de nouvelles jusqu’au mois d’avril 2004.

Après 25 ans de silence, il a envoyé une nouvelle lettre. Celle-ci affirme qu’il aurait fait une huitième victime, le meurtre non résolu d’une jeune femme en 1986.

Le Lieutenant Ken Landwehr est « sur à 100% que c’est bien BTK ». Selon les policiers « pensent que le BTK est à Wichita ».
Dans le quartier de classe moyenne à l’est de la ville où BTK sévissait dans les années 1970, de nombreux résidents ont été choqués par cette nouvelle. Beaucoup ont acheté des armes et des chiens de gardes et affirment l’attendre de pieds fermes.
Les enquêteurs qui ont travaillé sur cette affaire frustrante durant des années ne partagent pas cette assurance.

Le détective retraité Gary Caldwell a découvert l’une des victimes du BTK en 1974 : une petite fille pendue par le cou, vêtue uniquement de ses chaussettes et d’un pull. “Ca me fait peur de penser qu’il est de retour”.
Lorsque Caldwell enquêtait, les sciences forensiques ne pouvaient qu’affirmer quel genre de photocopieuse le BTK utilisait pour ses lettres. De nos jours, la police peut analyser le sperme laisser sur les scènes de crime. Et ils ont fourni de vieilles empreintes digitales à la base de données nationale.

Mais certains policiers pensent que les propres mots du tueur pourraient avoir autant de valeur que son ADN. Selon le Capitaine de Police retraité Bernie Drowatzky : “Je ne pense pas que ces lettres soient des divagations. Il sait ce qu’il écrit. J’ai toujours pensé qu’il y avait une clé là-dedans. Mais je n’ai jamais été capable de la trouver”.

Joseph et Julie Otero
La première victime de BTK vivait dans une modeste maison de l’est de Wichita. Le 15 janvier 1974 Joseph Otero avait conduis ses trois plus grands enfants au collège. Son épouse, Julie, était restée à la maison pour habiller les deux plus. Dehors, dans une aube pluvieuse, le BTK avait coupé la ligne téléphonique. Puis, il avait sonné à la porte. Julie Otero, 34 ans, du lui ouvrir car la police ne trouva aucun signe d’entrée violente. BTK avait attaché et bâillonné la jeune femme, puis l’avait étranglé avec la cordelette des stores vénitiens. Il avait mit un sac plastique sur la tête de Joseph Junior, 9 ans, qui s’était étouffé. Lorsque Joseph Otero, 38 ans, était revenu chez lui, BTK l’avait étranglé lui-aussi.
Lorsque que le détective Gary Caldwell était descendu à la cave pour chercher d’éventuels indices, il avait découvert la petite Josephine, 11 ans, pendue à un tuyau de canalisation. Elle n’avait pas été violée, aucune des victimes ne l’avait été. Mais du sperme fut découvert sur la scène du crime.

Surpris par l’étrangeté de cette affaire, le chef de la police assigna 75 officiers sur l’enquête. Plusieurs mois plus tard, ils annoncèrent qu’un jeune délinquant avait avoué les meurtres et avait impliqué deux amis.
Le BTK décida alors de se faire connaître et envoya sa première lettre à la police, en octobre 1974. Le courrier était parsemé d’erreurs de grammaire et d’orthographe. Le tueur l’avait caché dans un livre d’ingénierie mécanique de la bibliothèque municipale, puis avait contacté le rédacteur en chef du journal local, le “Wichita Eagle” pour lui indiquer où le trouver.
“Ces trois types que vous avez incarcérés parlent seulement pour avoir la publicité des meurtres des Otero. Ils ne savent rien du tout. Je l’ai fait seul et personne ne m’a aidé”.
Il avait ensuite décrit les meurtres avec des détails que seul le tueur pouvait connaître, notamment la couleur des vêtements de chaque victime.
Il donna même une information que la police n’avait pas remarquée : il avait volé la montre de Joseph Otero : “J’avais besoin d’une montre alors je l’ai pris. Elle marche bien”.

Le BTK signa sa lettre d’une “marque distinctive” que la police ne décrivit jamais, dans le but d’identifier ses missives. Il ajouta un post-scriptum : “Les mots du code pour moi seront… Attache-les (Bind them), torture-les (Torture them), tue-les (Kill them), BTK, vous le verrez à l’œuvre de nouveau. Elles seront sur la prochaine victime”.

En fait, la “prochaine” victime était déjà morte. Kathryn Bright, 31 ans, avait été poignardée le 4 avril 1974, six mois avant la lettre du BTK concernant les meurtres des Otero. Cette jeune employé d’une usine d’assemblage était rentré chez elle avec son frère, Kevin, pour tomber sur un agresseur “attendant dans le noir, attendant, attendant”, comme BTK l’écrivit plus tard. Il les avait attaqués par surprise, les Bright s’étaient défendus mais Kathryn avait reçu plusieurs coups de couteau et Kevin deux blessures par arme à feu à la tête. Kathryn était morte quelques heures plus tard.

Les enquêteurs ne relièrent pas ce meurtre au BTK avant plusieurs années. Pourtant, l’agression présentait les”signatures” du tueur : la ligne du téléphone avait été coupée et Kathryn Bright avait été attachée avec un nœud particulier.

La police présuma que la résistance de Kathryn Bright avait empêché BTK de tuer comme il le voulait (l’étrangler afin d’obtenir un plaisir sexuel) et l’avait forcé à se défendre et la tuer plus rapidement.

BTK attendit trois ans avant de tuer à nouveau.

Le 17 mars 1977, il pénétra de force dans le bungalow de Shirley Vian, 26 ans, avec un pistolet. Il enferma ses trois jeunes enfants dans la salle de bain, puis dénuda, attacha et étrangla la jeune femme.

Neuf mois plus tard, le 9 décembre 1977, BTK appela la police depuis une cabine publique pour signaler sa prochaine victime : Nancy Fox, 25 ans. Sur un ton cassant et méticuleux, il avait dit au policier : “Vous trouverez un homicide au 843 South Pershing”. Il avait prononcé le mot “home-icide” (“home” signifiant maison, foyer, en anglais)

La police compris que l’étrangleur risquait de faire plus de victime dans l’est de Wichita. Le Chef Richard LaMunyon se demanda s’il devait prévenir les habitants. Il avait expliqué à sa femme qu’elle devait se méfier : pourquoi n’informerait-il pas les citoyens qu’il avait promis de protéger ?
Cela apaiserait-il le BTK de voir ses “exploits” rendus publiques ? Ou cela alimenterait-il seulement sa soif de sang ? LaMunyon préféra ne rien dire.
Shirley Vian
“Nous ne voulions pas donner du crédit au BTK”, a récemment expliqué le Chef LaMunyon, “dans l’espoir qu’il communiquerait de nouveau avec nous”.

Ce qu’il fit : en janvier 1978, un préposé au courrier du “Wichita Eagle” ouvrit une lettre curieuse : une fiche sur laquelle étaient collées des lettres en plastique qui formaient une sorte de poème dont le début disait : "SHIRLEY LOCKS, SHIRLEY LOCKS, WILT THOU BE MINE." (Shirley Locks (“ferme à clé”), seras-tu mienne ?)
Considérant que c’était une annonce pour la Saint Valentin, il l’envoya au département des archives.
Comme la police allait plus tard le découvrir, le poème était en fait une ode du BTK à sa sixième victime, Shirley Vian, dont la mort en mars 1977 n’avait pas été résolue.

BTK avait espéré que cette carte provoque une panique publique. Ce ne fut pas le cas, aussi envoya-t-il une lettre de deux pages à KAKE-TV. « Combien d’autres personnes dois-je tuer pour que mon nom apparaisse dans les journaux ou une attention nationale ? » « Que pensez-vous de quelques surnoms pour moi, il est temps : 7 morts et d’autres à venir. J’aime les suivants. Et vous ? L’étrangleur BTK. Le bourreau de Wichita, l’Exécuteur de Wichita, le Fantôme au garrot, l’Asphyxiateur ».
Avec une menace explicite du tueur entre les mains, le chef LaMunyon décida qu’il devait avertir les habitants. Il ne fit pas publier la lettre dans sa totalité pour les mêmes raisons que d’habitude. Lors d’une conférence de presse le 10 février 1978, LaMunyon en lu des extraits et expliqua ce qu’il savait du BTK.

Des femmes terrifiées commencèrent à vérifier leurs lignes téléphoniques tous les jours. Elles vérifiaient leurs armoires avant de se coucher.

La police établit une liste d’une dizaine de suspects mais, selon LaMunyon, « nous n’avons jamais pu, en toute conscience, la réduire à une seule personne ».

Les sept victimes connues du BTK vivaient dans un périmètre de 4km dans un quartier de classe moyenne de l’est de la ville. Ils vivaient dans des maisons des années 1940 et 1950. Leurs adresses avaient tous un n°3 et tous vivaient du côté ouest de la rue.
Cela signifiait-il quoi que ce soit ? Personne ne le sait.
Les enquêteurs cherchèrent des pistes, des points communs, désespérés de pouvoir séparer les coïncidences des indices sérieux. Ils firent appel à un voyant, un numérologue et à la nouvelle unité de profiling du FBI. Ils analysèrent les phases de la lune durant chaque meurtre…
Les lettres semblaient remplies de conseils suggestifs. Mais impossible de les interpréter de manière satisfaisante.
Les nombreuses erreurs indiquaient-elles que le BTK avait peu d’éducation ? Ou tentait-il de le faire croire intentionnellement ?
Il modelait ses poèmes à partir de sources obscures : Une ballade tirée d'un texte de folklore d'université, une comptine récemment imprimée dans un magazine de puzzle. Cherchait-il à confondre les enquêteurs ? Etaient-ce des souvenirs d’enfance ? Etait-il abonné à ce magazine ? Avait-il étudié la littérature à l’Université ?

Tout le monde avait sa théorie.

Les rares témoins qui avaient aperçu le BTK se contredisaient les uns les autres, bien que la plupart convenaient que c’était un homme blanc de 20 à 30 ans.

Lorsqu’un tueur est appréhendé, les lettres qu’il a pu envoyer peuvent servir de preuves à l’accusation, grâce aux empreintes digitales ou même à l’ADN prélevée sur la salive. Mais elles ne sont pas toujours utiles aux enquêteurs.

Vicki Wegerle
La dernière lettre du BTK, reçue le 19 mars de cette année par le « Wichita Eagle » ne révèle pas grand chose.
A l’intérieur de l’enveloppe, il y avait la photocopie du permis de conduire de Vicki Wegerle et trois photos de son corps. Comme aucune photos du corps de Vicki Wegerle n’avait été prise par la police lorsqu’il avait été découvert en 1986 (!!!), les autorités sont certaines que c’est bien le tueur qui a pris ces clichés.
Une marque sur la photocopie correspond à la signature secrète du BTK.

La police a décidé de recommencer son enquête et a recueilli la salive de dizaines, peut-être de centaines d’hommes des environs, afin de procéder à des analyses d’ADN. Ils passent en revue des listes de détenus récemment libérés, suivant la théorie selon laquelle BTK aurait pu avoir été emprisonné durant ces 25 dernières années…

La police vérifie également de vieux dossiers sur des homicides non résolus à la recherche de liens avec B.T.K. Le "Wichita Eagle" a publié une liste de 15 affaires, la plupart datant des années 1970 et 1980 mais allant jusqu’à 2002, qui portent au moins l’une des “marque de fabrique” du BTK : ligne de téléphone coupée, pieds et poignets de la victime attachés, un souvenir emporté tel que les clés de voiture ou une montre.
De nombreux enquêteurs pensent que le BTK a été poussé à briser son silence par un article du “Wichita Eagle” publié en janvier dernier pour marquer le 30ème anniversaire de ses premiers meurtres connus.
Peut-être s’est-il senti défié par la dernière phrase : "Je ne pense pas que nous serons de nouveau contactés par BTK".
Ce qui ont suivi l’affaire depuis le début doutent que BTK se remette à tuer, mais n’en sont pas persuadé.

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