Les
enquêteurs belges vont reprendre l'interrogatoire de Michel Fourniret pour tenter notamment de savoir ce qu'est devenue une jeune fille au pair qu'il avait embauchée
en 1993 en Belgique.
Ce
Français de 62 ans a avoué neuf
assassinats, dont
huit de fillettes
ou de jeunes filles,
entre 1987 et
2001.
Sur
ses indications,
deux corps ont été retrouvés samedi dans le parc du château de Sautou, à Donchery, dans les Ardennes françaises, son ancienne propriété.
Egalement
accusé par sa femme d'avoir tué la jeune fille au pair, dont l'identité n'a pas été établie,
Michel Fourniret
nie toutefois
ce meurtre.
L'une
de nos pistes
principales "est le cas de cette jeune fille au pair", a déclaré à la RTBF Philippe Morandini, porte-parole du procureur du Roi à Dinant. "Nous allons entendre M. Fourniret à ce sujet".
L'épouse de Michel Fourniret, Monique Olivier, avait déclaré la semaine dernière aux enquêteurs que le corps de la jeune fille avait été brûlé près
de leur maison
en Belgique.
Selon
Libération, la seule trace de la baby-sitter, disparue en 1993, serait le jouet en peluche qu'elle aurait offert au fils de Fourniret, Sélim, alors âgé de
cinq ans, lors
d'une brocante.
Après son arrestation en Belgique en 2003 pour le rapt d'une fillette, Fourniret aurait tenté de publier dans le journal l'Union de Reims un avis de recherche de sa probable victime "pour dégonfler les soupçons resurgis sur la disparition de la baby-sitter", écrit le quotidien français.
"Les enquêteurs s'interrogent: 'la jeune fille au pair venue au bal en plein air sous les lasers ne se trouve-t-elle pas six pieds sous terre ? (...) Vous n'avez pas oublié le nom dont vous avez baptisé cette grosse peluche. Il vous est facile de donner signe de vie", écrivait
notamment
Fourniret
dans
cette
annonce.
"DEUX
JEUNES
FILLES
PAR
AN"
Interrogés par Libération, des voisins du tueur présumé à Sart-Custinne, en Belgique, se sont rappelés que Fourniret avait "piqué une colère monstre" en découvrant que la jeune fille sortait avec un garçon. Il l'avait alors enfermée.
Côté français, le procureur général de Reims, Yves Charpenel, déclare dans Le Parisien de lundi qu'il s'attend à ce
que d'autres dossiers surgissent
dans cette affaire.
Le
magistrat se dit notamment "sceptique" sur le fait que Michel Fourniret aurait été, comme il l'affirme, "inactif" entre
1990 et 2000.
"La médiatisation de cette affaire va peut-être nous aider à résoudre des dossiers de disparition. En tous les cas, il a dit qu'il 'chassait' deux jeunes filles par an. On est loin du compte", déclare-t-il.
L'examen
des restes retrouvés à Donchery devrait débuter mardi à l'institut médico-légal
de Bordeaux.
Selon
les indications du
suspect, il s'agirait
des corps de Jeanne-Marie
Desramault, 22 ans,
disparue le 18 mars
1989 à Charleville-Mézières, et d'Elisabeth Brichet, une petite Belge de 12 ans, disparue le 20 décembre 1989 à Namur.
"Nous devrions commencer vraisemblablement mardi. Les deux corps devraient arriver lundi dans l'après-midi. Cela a demandé plus de temps que prévu car nous sommes sous commission rogatoire internationale et, pour simplifier, nous commencerons par l'affaire française", a dit à Reuters le chef du service de médecine légale
du
CHU
de
Bordeaux,
le
professeur
Sophie
Gromb.
Avec
son adjoint, le professeur Alain
Miras, elle devra identifier formellement
les corps et déterminer les causes exactes de la mort. L'examen devrait prendre une demi-journée
pour chaque corps.
"On va ensuite procéder à des examens complémentaires puis il faudra rédiger notre rapport. Tout cela devrait être rapide, une semaine environ", a ajouté Sophie
Gromb.
Yves
Charpenel précise que des fouilles dans d'autres anciennes résidences de Fourniret ne sont pas exclues. "Mais nous avons besoin d'informations précises de Fourniret ou de son épouse pour effectuer ces recherches et envoyer les pelleteuses",
souligne-t-il. (Reuters)
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