| Le
procès de Cary Stayner commence |
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| Cary
Stayner |
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Cary
Stayner, le tueur
du parc National
de Yosemite (Californie),
est jugé dans
le Comté de Santa Clara cette semaine. Ce concierge de motel
a tué trois
touristes et un guide.
L'accusation
et la défense ont donnés des raisons différentes
à ces
actes.
Le
procureur George Williamson
a décrit Stayner comme un tueur
calculateur qui aimait dominer les femmes pour satisfaire ses fantasmes
sexuels. L'avocat de la défense Marcia Morrissey, qui veut
que son client soit déclaré fou, a expliqué que
les problèmes de Stayner reposent dans les racines d'un arbre
généalogique tordu. Son esprit aurait été
embrumé par les démons qui l'ont poussé à
tuer. Elle a admit la culpabilité de Stayner mais elle a accusé
l'atavisme familial et des lésions cérébrales.
Les
jurés, neuf hommes et trois femmes, ont été
prévenus
que les preuves sont
horribles et que la
description des meurtres
risque de les choquer.
Pour
appuyer ses accusations,
le procureur veut
utiliser les propres
mots de Stayner, qui
a été filmé et enregistré
par des agents du FBI, lors d'une longue confession. La défense,
elle, veut appeler des experts qui ont analysés le cerveau
de Stayner, qui peuvent offrir un aperçu de l'histoire de sa
famille (nombreuses maladies mentales, problèmes d'élocutions,
dépression, drogues, alcoolisme, pédophilie et suicides)
et qui pourront décrire son enfance à problèmes.
Marcia
Morrissey a montré aux jurés une grande photo
de Stayner enfant, avec un sourire sans dents de lait et une frange
en pointe. Elle a promit de montrer comment ce gamin est devenu un
homme qui a tué trois femmes en six mois, en 1999. "L'esprit
de Cary Stayner s'est écroulé. Il n'y avait pas de loi,
pas d'ordre, pas de bien ni de mal pour lui. Uniquement des actes
compulsifs, comme pour un robot".
Stayner,
40 ans, a plaidé non coupable pour raison de démence.
Il a assassiné Carole Sund, 42 ans, et sa fille Julie, 15 ans,
ainsi que Silvina Pelosso, 16 ans. Il risque la peine de mort. Il
a déjà été condamné à la
prison à perpétuité après avoir plaidé coupable
du meurtre de Joie
Armstrong, une guide
du parc de Yosemite.
Dans
cette affaire-ci,
Stayner est accusé de trois de meurtres
et d'un d'enlèvement, plus six accusations supplémentaires
(viol, torture...) qui pourrait le condamner à mort.
Morrisey
affirme pourtant que
l'affaire est complexe
et que Stayner est
né avec bien des problèmes : une tête déformée,
une obsession qui le pousse à se tirer les cheveux, et un oncle
qui, selon Stayner, l'a maltraité.
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| L'arrivé
au tribunal |
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Les
parents de
Carole Sund
ont dit que
la défense
se raccroche à tout ce qu'elle peut, mais qu'ils n'ont aucune
sympathie pour Stayner. "On va encore nous montrer d'autres de
ces affreuses photos. On va nous dire qu'il était si gentil
enfant et qu'il jouait avec son chien et tout ce genre de choses".
Williamson
a expliqué aux jurés que deux facteurs ont menés
les trois femmes à leur mort. D'abord, elles sont arrivés
au motel de Cedar Lodge, à la bordure du parc Yosemite, le
week-end de la Saint Valentin. Il n'y avait presque plus de place
et on leur donna des chambres éloignées des autres,
les laissant isolées. Le second facteur, c'était Stayner
lui-même. Elles ont croisés le chemin de Stayner et son
besoin de contrôle,
de pouvoir, ses
fantasmes sexuels.
Elles ne pensaient
absolument pas qu'elles
seraient mortes
moins de 24 heures
plus tard.
Stayner
a expliqué après son arrestation qu'il a étranglé
Carole Sund et Silvina Pelosso dans leur chambre. Ensuite, il a violé
Julie Sund avant de l'emmener près du lac Don Pedro, où
il lui a coupé la
gorge.
Les
corps de Carole
Sund et Silvina
Pelosso ont été
retrouvés dans le coffre de la voiture carbonisée de
la 1ère. Le corps de Julie Sund a été trouvé
près du lac, après que Stayner ait admis les crimes
et ait indiqué l'endroit
au FBI.
Selon
le procureur Williamson,
Stayner a planifié ses crimes
et a consciemment essayé de brouiller les pistes pour qu'on
ne l'arrête pas. Stayner aurait choisit ses victimes parce que
"selon les propres mots de Stayner, elles étaient des
proies faciles" : deux adolescentes et une femme, et aucun homme
avec elles. Il leur a demandé d'ouvrir la porte de leur chambre
en prétextant qu'il devait réparer une fuite d'eau.
Williamson a utilisé les propres mots de Stayner contre lui,
citant encore et encore les aveux que Stayner a fait aux agents du
FBI peu après
son arrestation.
Lorsque
les agents ont
demandés à Stayner s'il ressentait
des remords, il a répondu : "J'étais inquiet pour
moi-même. Il fallait que je sois de retour au boulot pour 17
heures".
24 juillet :
Durant
plus d'une heure,
les jurés du procès Stayner
ont écouté le dialogue (enregistré en vidéo)
qu'il avait eu, en 1999, avec les deux agents du FBI, Jeffrey Rinek
et John Boles, précédant
ses aveux.
Ils
s'étaient installés dans une salle d'interrogatoire
avec une pizza et des cannettes de soda. Stayner avait accepté
d'avouer les meurtres de Carol Sund, Julie Sund et Silvina Pelosso.
Mais il avait des exigences. D'abord, il voulait que ses parents reçoivent
la récompense promise pour son arrestation. Ensuite, il voulait
être emprisonné dans un pénitentier fédéral
du Comté de Merced, où ses parents vivent. Et enfin,
il voulait que, dans sa cellule, on lui fournisse des photos et des
cassettes vidéo pornographiques. Mais pas n'importe lesquelles.
De la pornographie représentant
des enfants. Et
beaucoup, pas juste
deux ou trois cassettes.
"Je peux vous dire tout ce que vous voulez", avait-il assuré.
Mais ce qu'il voulait en échange, c'était ce qu'il n'avait,
selon lui, jamais vu auparavant. Il avait suggéré que
"ces choses" auraient pu calmer ses pulsions meurtrières.
Les
avocats de Stayner
avaient auparavant
assuré que les aveux
de Stayner lui avaient été soutirés
par la ruse par
les agents du FBI.
Interrogé sur cet partie de ces aveux, Stayner a expliqué
que le désir de regarder de la pornographie infantile le "rongeait
depuis des années". Oui, c'était pervers, fou et
dégoûtant. Mais Stayner voulait que ce soit dans les
conditions de ses aveux parce que dans le "monde libre",
il n'avait jamais osé regarder
ce genre de chose.
Et
comment le fait
de désirer
voir de la pornographie
infantile peut-il
annuler des aveux
de meurtre ?
Hé bien, selon la défense, les agents du FBI ont répété
à Stayner qu'ils n'avaient pas l'autorisation de lui donner
ce qu'il voulait, car ç'aurait été "commettre
un crime pour résoudre un crime". Mais Boles et Rinek
ont promis d'essayer, affirmant à Stayner qu'il n'était
pas quelqu'un de mauvais, ni un psychopathe, qu'il avait déjà
fait la plus grande partie du chemin et qu'ils le protégeraient
en prison contre les agressions des autres détenus. Rinek a
répété à Stayner qu'il s'inquiétait
du fait que les médias pourraient prévenir
ses parents avant
qu'il n'ait le
temps de leur expliquer
personnellement
les faits.
A
un moment, Stayner
a dit que ses aveux
allaient permettre
de "gagner
du temps et de l'argent". Il avait proposé de dire quelque
chose au sujet des crimes, pour démontrer la légitimité
de ses aveux. Il voulait même envoyer une lettre au QG du FBI
où il aurait décrit l'endroit où se
situait le corps
de Julie Sund.
Mais,
finalement, Stayner
n'a pas obtenu
ses cassettes pornographiques,
malgré ses aveux. Et ses parents n'ont évidemment pas
touché l'argent.
Et
il semble que ce
soit précisemment ça
que la défense
reproche aux agents
du FBI et qui prouve,
selon eux, que les
aveux de Stayner
lui ont été soutiré par
la ruse !
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