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Karla
Homolka interiewée |
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Karla
Homolka a accordé une entrevue exclusive à Radio-Canada
lundi, à peine deux heures après être sortie
du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines.
Son départ de prison s'est effectué dans la plus
grande discrétion, au grand dam des médias qui
faisaient le pied de grue devant les portes de l'établissement
carcéral depuis quatre jours.
« Je ne veux pas être traquée. Je ne
veux pas que le monde pense que je suis quelqu'un de dangereux
qui va faire quelque chose à leurs enfants »,
a-t-elle dit pour expliquer sa décision d'accorder l'entrevue
exclusive au
Téléjournal/Le Point.
Karla Homolka, qui avait été condamnée pour son rôle
dans le viol et le meurtre de deux adolescentes ontariennes, a fini de purger
sa peine de 12 ans de prison.
Dans cette entrevue d'une durée d'environ 20 minutes,
elle raconte comment elle doit gérer le poids des remords. « Souvent
je pleure. Je n'arrive pas à me pardonner. Je pense à ce
que j'ai fait, puis je pense que je ne mérite pas d'être
heureuse à cause de ça », dit celle
qui pense ne jamais pouvoir être libre.
« Je vais toujours être dans une prison intérieure à cause
de ce que j'ai fait. J'aimerais aller en arrière et refaire
les choses, mais je ne peux pas. »
Estime-t-elle avoir payé sa dette envers la société? « C'est
une question difficile... Légalement, oui. Émotionnellement
et socialement, non », répond Karla Homolka,
qui était accompagnée de son avocate, Me Sylvie
Bordelais.
La femme de 35 ans a préféré s'adresser
au public en français plutôt qu'en anglais car elle
compte s'établir au Québec, et estime avoir été injustement
traitée par les médias au Canada anglais au moment
de son procès. Elle a appris à parler français
au cours de sa détention à la prison de Joliette.
Karla Leanne Teale, de son nouveau nom, a cependant refusé de
répondre à certaines questions de la journaliste
de Radio-Canada.
Joyce Napier a tenté de l'interroger sur sa relation
en prison avec Jean-Paul Gerbet, un homme condamné pour
le meurtre de sa petite amie. L'avocate de Karla Homolka a assuré sa
cliente avait rompu toute communication avec le détenu
il y a plus d'un mois.
Karla Homolka commence sa nouvelle vie avec l'appui de sa famille,
notamment sa mère qui s'est déplacée à Montréal
pour sa sortie de prison.
Radio-Canada n'a pas payé pour obtenir cette entrevue.
Karla Homolka n'a pas sollicité d'argent non plus.
Conditions de libération contestées
Mardi, les avocats de Karla Homolka sont retournés devant
la Cour pour contester les conditions de libération qui
lui ont été imposées.
En vertu de l'article 810 du Code criminel, Karla Homolka doit
notamment se rapporter régulièrement à la
police et l'informer de tous ses voyages, ne pas se rendre dans
sa ville natale de St. Catherines, en Ontario, et ne pas avoir
de contacts avec d'autres détenus.
Contre-interrogatoire à la fin de juillet
Lundi après-midi, la Cour a rejeté la demande
d'injonction de sauvegarde déposée plus tôt
dans la journée par les avocats de Karla Homolka. Le juge
Maurice Lagacé a statué que cette requête était
de même nature que celle entendue la semaine dernière
par le juge Paul-Marcel Bellavance.
Les avocats de Karla Homolka réclamaient en effet pour une
deuxième fois que la cour interdise aux médias de
révéler les détails de sa nouvelle vie. Celle-ci
affirme être terrorisée à l'idée de
réintégrer la société dans un contexte
aussi tendu.
Mme Homolka sera contre-interrogée par les avocats des médias
le 25 juillet, avant que la demande d'injonction ne soit entendue sur le fond,
au début du mois de septembre.
Les dizaines de journalistes et de photographes qui l'attendaient aux portes
de la prison de Sainte-Anne-des-Plaines depuis quatre jours jouissent donc
pleinement du droit de couvrir et de diffuser l'événement sans
contrainte.
Karla
Homolka se dit remplie de remords
À peine libérée d'une peine de 12 ans de prison pour sa
participation aux meurtres de deux adolescentes ontariennes, Karla Homolka a
affirmé lundi être remplie de remords pour les gestes commis au
début des années 1990.
Dans une entrevue exclusive accordée en français à la
télévision de Radio-Canada, lundi après-midi, elle a déclaré pleurer
souvent en pensant aux événements.
Karla Homolka affirme ne pas être capable de se pardonner les gestes
commis et, bien qu'elle ait maintenant obtenu sa libération, elle se
considère toujours dans une prison intérieure.
Elle pense même qu'elle ne mérite pas d'être heureuse en
raison de ses actes passés. En accordant cette entrevue, elle dit espérer
que les gens ne penseront pas qu'elle peut faire du mal à leurs enfants.
Cliquez
ici pour visionner l'interview en français donnée par Karla Homolka et
son avocate à RadioCanada. Elle dure 25mn. (merci à Chantal)