| Dans
l'affaire des prostituées assassinées de Saint Louis,
le suspect se pend |
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| Situation
de Saint Louis |
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La
police enquête
sur une série de meurtres de prostituées
dans les environs
de Saint-Louis (voir Archives de Mai).
Le 8 juin, les enquêteurs ont saisi des morceaux de cordes,
un séchoir éclaboussé de sang, des sous-vêtements
féminins et des perruques, dans la chambre en sous-sol d'un
homme, à Ferguson.
L'homme,
Maury Troy Travis,
un serveur de 36 ans,
a été
arrêté sur-le-champ. Il s'était enfui du Comté
de St Charles où il était soupçonné d'un
meurtre, lié à la découverte
du corps d'une femme
noire.
Les
enquêteurs ont expliqué qu'ils avaient relié
le suspect à cette affaire grâce à son ordinateur.
Il avait téléchargé une carte qu'il avait utilisé pour
localiser le squelette
de la femme.
Cette
carte et une lettre
avait été envoyées
au journal local de
St Louis, le Post Dispatch,
parce qu'un de ses
journalistes avait écrit un article sur les meurtres
et disparitions de prostituées
dans cette ville.
Les
enquêteurs ont assigné la société qui
proposait ce plan sur son site et lui ont ordonné de leurs
procurer les rapports de leurs serveurs. Ils n'ont pas donné
de détails sur la manière exacte par laquelle ils sont
parvenus à remonter le fil jusqu'à Travis, à travers
son adresse IP.
Maury
Travis a été interrogé sur les meurtres de 10
prostituées noires dans la région de Saint Louis depuis
avril 2001, mais il a refusé de répondre. Il a également
refusé de se soumettre à des analyses d'ADN. Les enquêteurs
attendent les résultats d'analyses effectués sur le
sang trouvé sur le séchoir, chez le suspect, et dans
sa voiture. Il a été accusé de deux enlêvements
et de six meurtres "accompagnés de tortures".
Malheureusement,
Travis s'est suicidé dans sa cellule, dans
la nuit du lundi 10 juin. Il s'est pendu avec un drap. Il était
pourtant étroitement surveillé et un garde observait
l'intérieur de sa cellule toutes les 15 minutes. Travis a immédiatement
été conduit à l'hôpital, mais il est décédé en
chemin.
Les
enquêteurs sont atterrés et déçus.
Ils espéraient que Travis répondrait à leurs
questions concernant d'autres corps non encore découverts.
Selon
eux, ils étaient parvenus à obtenir un échantillon
de son ADN sur sa brosse à dents, et elle correspond à
celle trouvée sur les corps de deux des victimes, Yvonne Crues
et Brenda Beasley. Des traces de pneus avaient également été
relevées sur et à côté de
deux autres corps,
et elles correspondent
aux pneus de la voiture
de Travis.
Les
familles des victimes
veulent être sûre que la police
a arrêté "la bonne personne".
13 juin : La
police a informé les médias
et les familles qu'elle a découvert des cassettes vidéo
chez Travis : il a filmé les
tortures et les meurtres
de ses victimes.
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| Travis |
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24
juin : Des
détails ont été donnés
sur le contenu de ces cassettes vidéo. On y voit Travis étrangler
des femme (attachées avec des cordes ou des menottes) à
l'aide d'une ceinture, puis se tourner vers le camescope, souriant.
Bien qu'il soit décédé, Travis est toujours accusé
d'avoir assassiné 11 femmes, mais il pourrait en fait en avoir
tué près
de 20.
Selon
ses voisins, Travis était un homme calme et discret,
que l'on voyait souvent laver sa voiture devant sa maison, à
Ferguson. Il semble qu'il n'ait pas manifesté de
comportement violent
auparavant. Il
est né en 1965 et a vécu à Saint Louis, où
il a été à l'école jusqu'en 1975. A 10
ans, ses parents ont déménagés à Ferguson,
et ont divorcé deux ans plus tard. La mère de Ferguson
s'est remarié mais a de nouveau divorcé en
1993.
L'une
de ses voisine
se souvient de Travis
comme un garçons
calme et respectueux qui tondait parfois sa pelouse sans même
qu'elle le lui demande. Elle le connaissait par son surnom "Toby"
et affirme qu'il était un gentil garçon
avec un bon coeur...
Il
a fait ses études au Lycée McCluer, où personne
ne se souvient de lui. Sa professeur d'anglais, par contre, se souvient
qu'il était "très calme et renfermé, incroyablement
calme pour un adolescent".
Travis
a obtenu l'équivalent du bac en 1985. Il s'est engagé
dans l'Armée, où il est resté deux ans, et où
il a travaillé comme assistant médical. Par la suite,
il a travaillé pour différentes sociétés
comme chauffeur de poid-lourd et était bénévole
dans une maison de retraite. En 1987, à sa sortie de l'Armée,
il est entré à l'Université Morris Brown, à
Atlanta. C'est là qu'il a commencé à se droguer,
avec de la cocaïne.
En
mars 1988, à Ferguson pour les vacances, Travis a cambriolé
cinq magasins de chaussures au nord et à l'est du comté
de Saint Louis, en huit jours. Il lui fallait de l'argent, 300 dollars
par jour pour sa dose quotidienne. Le policier qui l'a alors arrêté
a dit : "Il était respectueux, calme et réservé.
Ce n'était pas du tout le criminel typique".
Travis
a plaidé coupable en expliquant qu'il avait utilisé
un pistolet en plastique pour voler l'argent, et qu'il était
dans un tel état de manque qu'il se rappelait à peine
ce qu'il avait fait. Travis a également expliqué qu'il
était entré dans un programme de réhabilitation
et qu'il était à présent "clean". Il
a présenté des lettres de recommendation. Le juge a
considéré que les vols résultaient de l'état
de manque de Travis mais l'a malgré tout condamné à
15 ans de prison. Il n'avait pas encore 24 ans. Il a toutefois été
libéré au
bout de 5 ans.
En
1994, il s'est
installé dans un duplex à Ferguson.
Sa voisine assure qu'elle n'a jamais eu aucun problème avec
lui et qu'il était très
discret.
Dans
les années qui ont suivi, entre deux passages en prison
à nouveau à cause de la drogue, Travis a travaillé
dans différents restaurants. Entre l'été 2000
et 2001, il a été serveur
dans le restaurant
du Mayfair Hotel.
Un
de ses collègues se souvient que Travis lui avait parlé
des dangers de la drogue. "Il m'a dit que le crack et l'héroïne
étaient les pires choses que Dieu ait inventé".
Ce collègue affirme que Travis parlait énormément
de sa voiture, une Mitsubishi Eclipse noire. Un jour, il parla à
Travis d'un ami auquel on avait volé sa voiture, qui avait
été retrouvée brûlée à l'est
de Saint Louis. Travis avait répondu que l'est de Saint Louis
était "un bon endroit pour jeter des trucs parce que la
police ne vient pas souvent dans le coin". Les corps de quatre
des victimes de Travis ont été découverts à l'est
de Saint Louis.
Mais
c'est une conversation
entre Travis et
la fiancée de ce
collègue qui les a le plus marqués. Sa fiancée
travaillait comme stagiaire dans une chaîne de télévision
locale. Travis lui a demandé si cette chaîne avait fait
un reportage sur des meurtres de prostituées. "Il a dit
que des amis à lui lui avaient parlé de corps abandonnés".
Travis avait parlé d'un serial killer. La fiancée avait
discuté de cette histoire avec son patron mais ils n'avaient
trouvés aucune information à ce sujet. Ce n'est que
trois mois plus tard que la police informa publiquement la population
à travers
un article dans le Post-Dispatch.
Le collègue
et sa fiancée pensèrent immédiatement à Travis,
qui avait su avant
tout le monde.
Lorsque
les enquêteurs sont venus chez lui pour l'arrêter,
il n'a rien avoué mais n'a rien nié, non plus. Il voulait
surtout savoir comment ils étaient parvenus jusqu'à
lui. Lorsqu'ils lui ont expliqués que c'était grâce
à la carte qu'il avait téléchargé, il
a soupiré "saloperie d'internet". Durant son interrogatoire,
le profiler a tenté de comprendre pourquoi Travis avait commis
ses meurtres. "Il a répondu que je ne comprendrai jamais.
Qu'il était né comme ça et qu'il avait toujours
été comme ça, aussi loin qu'il se souvienne".
Durant
les interrogatoires,
Travis n'a montré de l'affection
et de l'intérêt que pour une personne : sa mère.
Par contre, il n'a montré ni remords, ni regrets au sujet des
meurtres. Aucun sentiment de culpabilité. Il n'a semblé
se préoccuper que de lui-même, du fait que "les
flics l'avait eu" et qu'il allait "retourner en prison".
Trois
jours plus tard,
sans que la police
ait pu l'interroger à
nouveau, il était mort. On a conclu à un suicide bien
qu'il ait été retrouvé les mains attachées
dans le dos et une taie d'oreiller sur la tête...
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