Bibliographie : Romans « étrangers »

Il existe de très nombreux romans ayant pour sujet les tueurs en série. Je vous présente ici un « best of » personnel, principalement d’auteurs américains, du thriller à l’horreur en passant par le psychologique.

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Résumé : Patrick Bateman est un yuppie. Jeune, beau, riche, sa plus grande préoccupation dans la vie est son apparence physique. Il passe des heures à se faire bronzer, à faire du sport, à se coiffer, se manucurer… Pour lui, les femmes n’existent qu’afin d’assouvir ses fantasmes sexuels. Même sans être un tueur en série, c’est déjà un monstre. Mais, en plus, oui, il tue. Des clochards, d’abord, puis des femmes, des hommes, d’une manière répugnante, avec une brutalité sans nom. Sans raison.
Critique : Extraordinaire. Révulsant. Abominable. Sublime. Ce livre est sans doute celui qui se montre le plus proche de la réalité de la pensée d’un tueur en série, sans aucun côté « glamour » ou « suspens » : une existence morne, répétitive et uniquement tournée vers elle-même, et des meurtres particulièrement abominables (totalement déconseillé aux âmes sensibles !).

Résumé : Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.
Critique : Inspirée d’un véritable tueur en série (The Axeman of New Orleans, qui a fait 7 victimes), ce polar sombre au rythme mouvementé bénéficie d’une intrigue imparable. L’ambiance de l’époque, le jazz, la ségrégation, le vaudou, les conflits entre les différentes communautés, sont parfaitement décrits et ajoutent beaucoup de sel à l’histoire. L’auteur marie avec talent les faits réels à des scènes imaginaires. Un roman captivant.

Résumé : « Shirley Peters a été tuée, et son ancien amant l’avait menacée de mort. Pour l’inspecteur Resnick, il s’agit la d’un drame passionnel, ce genre de drame auquel il a l’impression d’être confronte tous les jours. Mais quand une seconde femme est sauvagement violée et assassinée, il semble évident qu’un « serial killer » est à l’œuvre et qu’il choisit ses victimes parmi les femmes esseulées qui cherchent un compagnon dans la rubrique locale des cœurs solitaires ».
Critique : Le premier roman où apparaît l’inspecteur Resnick. Dans les livres de Harvey, les policiers ne sont pas des héros, ils font tout simplement leur travail. Une ambiance blafarde mais réaliste, des personnages très humains (notamment les victimes), de l’humour noir, une histoire intelligente, un méchant qui n’est pas un génie criminel… Un très bon roman.

Résumé : « À un mois d’intervalle, deux familles entières sont massacrées à leur domicile, l’une à Birmingham, l’autre à Atlanta. Jack Crawford, chef du département des Sciences du comportement du FBI, charge Will Graham de trouver celui que la presse a baptisé « le Dragon rouge ». Par le passé, Graham a montré une aptitude incroyable à se mettre dans la peau d’un psychopathe en arrêtant le Dr. Hannibal Lecter. Il consulte donc Lecter, désormais emprisonné à vie, pour comprendre et analyser les comportements du tueur. Il constate qu’il a sévi la première fois un soir de pleine lune, et la seconde un jour avant la fin du mois lunaire. Le FBI a donc un peu plus de trois semaines pour mettre fin à ce carnage ».
Critique : Dans ce premier roman représentant un tueur en série « moderne », Harris met en place les protagonistes que l’on retrouve dans « Le Silence des agneaux », exceptée Clarice Starling. Lecter n’apparaît que sur quelques pages et, pourtant, il est immédiatement terrifiant. Et Will Graham, l’enquêteur, passe peu à peu au second plan car c’est le tueur, Dragon Rouge, qui intéresse Harris. On le suit de plus en plus souvent, lors de ses meurtres, dans sa vie quotidienne, dans ses souvenirs, jusqu’à entrer dans sa tête. Une horrible réussite.

Résumé : « Anthropologiste judiciaire, Temperance Brennan n’aura pas le tranquille week-end qu’elle l’espérait. Convoquée d’urgence, elle doit examiner les restes d’une femme découpée en morceaux, que la police vient de découvrir dans l’ancien parc du Grand Séminaire. A partir de ces éléments macabres, elle tente d’identifier la victime. Les ressemblances entre ce crime et celui d’une jeune fille commis un an plus tôt la persuade de l’existence d’un tueur en série. Cette thèse est d’abord combattue par les policiers mais la découverte d’un autre cadavre réussit à les convaincre. Les meurtres continuent et à la suite d’une erreur du tueur, Temperance se lance sur la piste. Elle ignore encore qu’elle figure en bonne place sur sa liste, comme future victime. »
Critique : Un petit air de Kay Scarpetta (Patricia Cornwell), mais l’héroïne est ici une anthropologue, spécialiste des squelettes plus que des cadavres. Ce livre est un très bon polar qui allie suspens intense, intrigue tordue, science du crime et personnages attachants, avec un petit plus (un peu) « original » : le Québec (ça change des États-Unis). Petit bémol, cependant : Reichs (qui est une véritable anthropologue) propose un peu trop de descriptions scientifiques qui font perdre le fil de l’histoire. (La série Bones est inspirée du personnage créé par Reichs)

Résumé : Impossible d’étouffer l’affaire : la deuxième victime a été trouvée ce matin, en plein centre-ville. Même mise en scène que pour la première : robe de soie rouge, pieds nus, jupe relevée, pas de sous-vêtement. Le tueur signe son œuvre avec audace et la presse s’en régale. C’est ce qui inquiète l’inspecteur Chen : pour s’exposer si dangereusement, le coupable doit avoir un plan diabolique…
Critique : L’auteur ajoute à une intrigue bien ficelée une description pittoresque de la Chine moderne et de la ville de Shangai. Le côté « documentaire » est passionnant. Les quelques longueurs sont contrebalancées par la personnalité de l’inspecteur gastronome et poète. Original.

Résumé : « Alex Cross, policier spécialiste de la psychologie des serial killers, doit affronter deux tueurs qui semblent rivaliser dans l’horreur. Bien que divergeant sur les méthodes, ils choisissent les mêmes victimes : l’un les massacre sauvagement, l’autre kidnappe, pour se constituer un harem, des femmes jeunes et belles, soumises à ses caprices et jouets de ses obsessions. La perfection de leurs scénarios et la complicité qui les unit font d’eux une redoutable machine criminelle que rien ne semble pouvoir arrêter ».
Critique : Sans doute inspiré par Lake et Ng, James Patterson nous livrent un très bon roman, alliant psychologie et roman noir. L’intrigue est fine, l’ambiance est tendue et les personnages bien pensés. Bien meilleur que le film qui en a été tiré. (les autres livres de Patterson ont le même héro et sont aussi intéressants).

Résumé : « Nouvellement diplômées, les étudiantes Zoé et Holli prennent la route pour Las Vegas juste pour décompresser. Pourtant, les choses tournent horriblement mal sur le chemin du retour, et la dernière fois que Zoé voit son amie Holli, celle-ci est aux mains d’un tueur sadique. Zoé parvient à s’évader, mais pour elle, plus rien ne sera jamais comme avant. »
Critique : Peut-être inspiré par les crimes de Ralph Andrews et le témoignage de sa victime survivante Betty Hanson. Un très bon suspens, bien construit et bien écrit.

Résumé : « Sept ans ont passé depuis « Le Silence des agneaux ». Hannibal Lecter vit sous nom d’emprunt à Florence, en Italie, où il mène la grande vie. Sur ses traces, Clarice Sterling, agent modèle du FBI. Mais elle n’est pas la seule à le pister : Mason Verger, une des premières victimes d’Hannibal Lecter, attend sa vengeance. La lutte peut-elle être égale entre cet homme cloué à son lit d’hôpital, accroché à son respirateur artificiel, qui tente de tirer parti de toutes les potentialités d’Internet pour mener sa traque, et le redoutable Lecter ? »
Critique : La suite du silence des Agneaux est à la fois plus sombre et moins accrocheuse. Ce roman nous permet de mieux connaître Hannibal Lecter, toujours aussi fascinant, mais aussi Clarice Starling, qui se révèle à la fois plus fragile et plus dure. Mais le suspens est moins tendu, les autres personnages manquent de saveur, il y a des longueurs… Le problème que me pose également « Hannibal » est que Mason Verger, l’ancienne victime de Lecter, est tellement immonde qu’on en vient à avoir de la sympathie pour Lecter, à vouloir qu’il s’en sorte, alors qu’il est quand même un abominable tueur en série ! A la fin, Starling part même avec lui, « ils vécurent heureux et… » C’est franchement malsain.

Résumé : « New York 1896… Un meurtrier auprès duquel Jack l’Eventreur fait piètre figure sème aux quatre coins du Lower East Side les cadavres d’adolescents atrocement mutilés sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics… Révolté par tant d’indifférence, Theodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schuyler Moore, chroniqueur criminel, et Laszlo Kreizler, aliéniste spécialiste des maladies mentales, pour élucider cette énigme terrifiante. Leurs procédés sont révolutionnaires ! En étudiant les crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l’assassin, l’identifier et l’arrêter… »
Critique : Une enquête minutieuse et artisanale à propos d’un tueur en série. L’intrigue est sombre, bien ficelée et l’on baigne dans l’atmosphère de l’époque. Les amateurs de course poursuite et de meurtres sanguinolents seront déçus. Celles et ceux qui apprécient les enquêtes patientes, réalistes et détaillées apprécieront. Une énigme intelligente, un bon suspens, des personnages habités : ce roman vaut le détour.

Résumé : La fine équipe du docteur Kreizler enquête cette fois sur l’enlèvement de la fille d’un diplomate espagnol, au moment même où les tensions entre l’Espagne et les Etats-Unis ont atteint un sommet. Mais les enquêteurs découvrent que l’enlèvement n’a sûrement rien de politique car leur principale suspecte a été impliquée dans les meurtres d’autres jeunes enfants auparavant, y compris deux des siens. Une course poursuite commence alors pour sauver la petite.
Critique : La suite de « l’Aliéniste » présente les mêmes personnages dans une nouvelle enquête palpitante, plus psychologique que musclée avec des airs de « profiling », des rebondissements et une intrigue tordue, une atmosphère extrêmement bien rendue… Cet opus met juste un peu trop de temps pour présenter les personnages, surtout si vous avez déjà lu « l’Aliéniste ».

Résumé : « Hyéronymus Bosch est, comme son célèbre homonyme, hanté par les monstres. Mais il ne les peint pas, il les pourchasse. Il y a quatre ans, il est venu à bout d’un assassin qui, lors d’étranges rituels, maquillait ses victimes comme des poupées. Aujourd’hui, on l’accuse de s’être trompé et d’avoir tué un innocent. Flanqué d’un avocat incompétent, Harry Bosch va devoir affronter la redoutable Honey Chandler, chargée d’établir sa culpabilité. Et, tandis que le procès se déroule, les meurtres reprennent… »
Critique : Un très bon roman, comme tous ceux de Connelly. Action, suspens, personnages bien observés, dialogues et situations qui « sonnent vrai », réalisme saisissant…

Résumé : « Chicago, 1893. l’Exposition Universelle abrite une monstrueuse curiosité : H.H. Holmes, le premier serial-killer de l’histoire des États-Unis…
Le château : il surgit, menaçant, dans les rues d’un Chicago livré aux grands travaux de l’Expo Universelle, la fameuse  » ville blanche « . Les épais murs en pierre de cette bâtisse lugubre abritent un labyrinthe de passages secrets et de pièces cachées, d’un crématorium et d’une table de dissection, de pièges et de chausse-trappes. Le château est la demeure de G. Gordon Gregg (nom du personnage incarnant H.H. Holmes, et en tout point conforme à la réalité), pharmacien et meurtrier à ses heures. Ses victimes sont jeunes et belles. Ses méthodes rapides, scientifiques et sans douleur. Ses crimes parfaits et impunis. Jusqu’au jour où une journaliste commence à avoir des doutes sur ce citoyen, en apparence bien sous tous rapports… »
Critique : l’auteur de « Psychose » s’est inspiré du véritable tueur H.H. Holmes pour écrire ce très bon polar historique où un enquêteur et sa fiancée journaliste cherchent à découvrir qui fait disparaître des jeunes femmes en profitant de l’ambiance festive de l’exposition universelle. Un roman sombre et sans temps morts, qui retranscrit parfaitement l’ambiance de l’époque et le « château » de Holmes.

Résumé : « Le cadavre d’un homme, enterré vivant non loin d’une voie ferrée et dont juste une main émerge encore de terre, met la police new-yorkaise en émoi. Seul un personnage de la trempe de Lincoln Rhyme pourrait faire quelque chose. Mais le célèbre criminologue, capable de dresser le portrait d’un tueur à partir de quelques maigres indices, est « hors service ». Blessé lors d’une enquête, il est resté paralysé et a du mettre un terme à sa brillante carrière. Son obsession d’en finir avec la vie s’estompe brusquement lorsque ses anciens collègues le sollicitent pour cette sordide affaire. Tout d’abord réticent, Rhyme se pique au jeu. Depuis son lit, il affronte « le collectionneur d’os », un diabolique tueur qui laisse sur son passage des traces destinées à brouiller sa piste ».
Critique : De bonnes scènes d’action et une enquête intéressante, une chasse à l’homme prenante, une enquêteur plutôt original… Oui, mais les personnages sont creux et l’intrigue se révèle finalement assez absurde. Dommage ! Le Désosseur a été porté à l’écran par Philip Noyce.

Résumé : « Comment une jeune fille peut-elle s’immoler par le feu, au beau milieu d’un champ de colza ? Et pourquoi ? Pendant que la Suède se protège de la canicule de cet été 1994 en suivant la Coupe du monde de football, l’inspecteur Kurt Wallander, de la police d’Ystad, assiste presque par hasard à cette scène apocalyptique. Pas question de partir en vacances… surtout que, dès le lendemain, s’enchaîne une série de meurtres atroces : un ancien ministre lubrique, un marchand d’art et un petit truand sont retrouvés scalpés… Quel est le lien entre eux ? Comment empêcher l’assassin de récidiver et pourquoi est-il devenu ce meurtrier sans pitié ? »
Critique : Un très bon Mankell ! Par petites touches, il créé un monde glacial et violent, et décrit ses personnage, fous, terribles, déboussolés. Qui vous prennent aux tripes. Le paradis suédois n’est plus ce qu’il était…

Résumé : « Sean, frère jumeau du journaliste Jack McEvoy, est retrouvé mort au volant de sa voiture de police. Le suicide ne fait aucun doute : Sean n’aurait pas supporté d’avoir échoué dans une enquête sur un crime sadique. Mais Jack n’y croit pas, et plusieurs indices demeurent inexpliqués. Le jour de sa mort, notamment, Sean devait voir un certain Rusher, qu’on n’a pas retrouvé… Jack rouvre le dossier. Il découvre que d’autres policiers se sont suicidés après avoir, eux aussi, échoué dans des enquêtes similaires. Une première conclusion s’impose : il y a eu meurtre et l’on a peut-être affaire à un tueur de flics particulièrement redoutable ».
Critique : Un très bon suspens crescendo, une ambiance sombre et féroce, des personnages complexes et ambigus, de nombreux rebondissements… Sans doute le meilleur roman de Connelly.

Résumé : « Le FBI est mis en échec par un psychopathe qui accumule les meurtres dans le seul but de récupérer leur peau. Lorsqu’il enlève la fille d’un sénateur, les fédéraux confient à la jeune Clarice Starling, encore élève stagiaire, l’inquiétante mission d’interroger le Dr Hannibal Lecter, emprisonné à vie pour meurtres et cannibalisme. L’ancien psychiatre, grâce à ses connaissances sur la psychologie des déviants criminels, reste la seule personne à pouvoir mettre le FBI sur la piste du tueur. Lecter accepte de communiquer avec Clarice mais à la condition qu’elle dévoile ses peurs, ses souvenirs d’enfance. En échange, il va peut-être l’aider à retrouver le tueur… »
Critique : Un petit chef d’œuvre. S’il ne possède pas le réalisme d’ »American Psycho » ou d’ »Un Tueur sur la route », ce roman offre un suspens fabuleux, une ambiance électrique et deux personnages fascinants liés par une relation très ambiguë. Une fois que l’on a rencontré Hannibal Lecter, on ne peut plus jamais l’oublier. (Suite de « Dragon rouge », « Le Silence des Agneaux » a donné lieu à un excellent film de Jonathan Demme avec Anthony Hopkins et Jodie Foster).

Résumé : Tiré de l’affaire Fernandez et Beck, ce livre raconte l’histoire vraie de deux amants criminels, une infirmière obèse et un gigolo bellâtre, un couple cynique, qui assassinent à tour de bras.
Critique : Un grand classique écrit par un grand écrivain. Une relation sordide mais enflammée, une histoire terrifiante, un livre incroyable et terriblement noir. Âmes sensibles, s’abstenir.

Résumé : « Violer, puis égorger ses victimes ne suffit pas à l’assassin de femmes, Warren Mars. Il faut encore qu’il les morde, signe ses crimes « Le Monstre du chaos » en lettres de sang sur les murs et ajoute à son nom de bien étranges séries de chiffres. L’inspecteur Mooney s’empare de l’enquête. Jusqu’au jour où le docteur Koning (celui de « Necropolis »), grand patron de la morgue de New York, découvre, dans la chair même des suppliciées, la preuve que tous ces crimes ont été commis par deux hommes, l’un – mais lequel ? – étant l’ombre de l’autre ».
Critique : On découvre qu’il y a en fait deux tueurs, l’un imitant l’autre. Le premier tueur est irrité d’apprendre qu’on l’imite et mène sa propre enquête… Ce n’est pas le meilleur roman de Liebermann, j’ai vraiment préféré « Necropolis ». « Le tueur et son ombre » est réaliste, bien écrit, mais il reste un peu trop classique à mon goût.

Résumé : « A Édimbourg, l’inspecteur Rebus est chargé d’interroger un individu qui s’accuse d’être Johnny Bible, un tueur en série qui a assassiné trois femmes en s’efforçant de copier le modus operandi de Bible John, un meurtrier qui sema la terreur en Écosse au début des années 70. Rebus, qui connaît bien l’affaire Bible John, ne croit pas un mot de cette confession. Une trentaine d’années plus tôt, alors qu’il débutait, il a joué un rôle important dans la condamnation d’un certain Spaven, chez qui furent retrouvées des affaires appartenant à l’une des victimes. Incarcéré, l’homme écrivit un livre pour clamer son innocence puis se suicida. Une équipe de la télévision qui effectue une contre-enquête sur cette troublante affaire, oblige la police à rouvrir le dossier ».
Critique : Noir, c’est noir… Les enquêtes de Rebus sont souvent très sombre et celle-ci ne déroge pas à la règle. L’intrigue, complexe (un peu trop ?) et riche en rebondissements, est très bien menée. L’inspecteur Rebus est un personnage dense, torturé, têtu et très humain. La ville de Glasgow est particulièrement présente, bien loin des images de carte postale.

Résumé : « Paul Konig est le médecin-chef de l’Institut médico-légal de New York. Avec plus de quarante ans d’expérience, c’est une sommité au diagnostic parfait ; son jugement fait loi et tous le respectent. L’implacable médecin n’a qu’une faille : le naufrage de sa vie de famille. Sa femme, morte d’un cancer, sa fille disparue et qu’il sait en danger. Noyant sa peine dans un travail acharné, Konig doit résoudre une affaire peu ordinaire : un véritable cimetière a été retrouvé sur les berges du fleuve. La marée a tout brassé et pêle-mêle se trouvent bras, jambes, doigts, orteils et débris anatomiques. Combien de corps, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, comment sont-ils morts et pourquoi sont-ils là ? Hanté par la disparition de sa fille, Konig aux doigts de fée reconstitue patiemment les corps mutilés ».
Critique : Un chef d’œuvre noir. C’est le premier roman où l’enquête est conduite par un médecin-légiste (avant Patricia Cornwell). L’intrigue, bien que simple, est passionnante, et le style de l’auteur est prenant. L’ambiance est particulièrement glauque et déprimante et les personnages, décrits avec soin, sont vraiment crédibles. Le meilleur roman d’Herbert Lieberman.

Résumé : « Le tueur a de nouveau frappé… Une jeune femme d’une trentaine d’années, cette fois. La quatrième en deux mois. Une noire et trois blanches. Etranglées. Violées. La ville de Richmond a l’habitude du meurtre. Elle se classe deuxième, aux Etats-Unis, pour son taux de criminalité. Mais il s’agit généralement de règlements de comptes, pas de crimes sexuels de ce genre… Un « serial killer » ? Un échappé d’un asile ou d’une prison qui frappe au hasard ? Le Dr Kay Scarpetta n’en croit rien. Elle a sa petite idée. Et le temps presse. Hélas, quand on est femme et médecin légiste, la vie n’est pas facile. On cherche plus souvent à vous mettre des bâtons dans les roues et des espions dans l’ordinateur qu’à vous faciliter la tâche… »
Critique : La première enquête de la fameuse Kay Scarpetta. Un suspens angoissant, une héroïne attachante, une bonne dose de réalisme et d’humour, des personnages intéressants : « coup d’essai, coup de maître » !

Résumé : « Il fait soudain terriblement froid dans la vie de l’inspecteur de seconde classe Charlie Parker, évidemment surnommé « Bird » par ses collègues du New York Police Department. « J’ai regardé. J’étais en enfer ». Ce que Bird a vu, ce sont les corps atrocement mutilés des deux femmes de sa vie : sa fille Jennifer et sa femme Susan, qu’il avait laissées seules quelques heures suite à une dispute conjugale et qu’il retrouve sans vie, souillées, partiellement dépecées. La police ne retrouvant pas l’assassin, Bird démissionne du NYPD et prend une licence de détective privé. Il traque « le Voyageur », un des deux cents serial killers qui écument les États-Unis. De Virginie en Nouvelle-Orléans et jusque dans les bayous de Louisiane, d’autres meurtres atroces ne lui seront pas épargnés… »
Critique : L’enquête comme les personnages sont crédibles et l’intrigue offre de nombreux rebondissements. L’ambiance est à la fois réaliste et étouffante, particulièrement en Louisiane, et elle nous fait plonger dans la violence ordinaire du Sud des États-Unis, heureusement atténuée par de petites touches d’humour.

Résumé : « L’histoire d’un pauvre d’esprit, frustré et révolté du Tennessee, tueur en série et nécrophile. Le genre de criminels qui, comme l’écrit M.-C. Fortin, « par un bizarre renversement des rôles, nous font nous sentir coupables ». Donc rien à voir avec American psycho, sauf le thème du meurtrier compulsif. C’est sans doute son innocence monstrueuse qui fait du héros de Cormac McCarthy un serial killer d’une espèce singulière, dont on accompagne presque malgré soi la descente aux enfers, de la misérable maison où il vit à l’écart du monde aux grottes où il entrepose les cadavres de ses victimes ».
Critique : Le tueur de cette histoire, Lester Ballard, a des passions contre nature que l’auteur nous présente quasiment comme naturelles. Car pour son personnage, sauvage, ermite à demi fou, frustre, inconscient et illettré, elles le sont. Seul avec lui-même, ils dorlotent ses victimes qui sont ses seules compagnes… Un roman noir, violent, sordide, envoûtant et subtil.

Résumé : Raconté à la première personne, ce livre vous expose la destinée de Martin Plunkett, tueur sadique et brutal, qui parcourt les USA à bord de son pick-up. « Il existe une dynamique dans la mise en oeuvre de l’horreur : servez la garnie d’hyperboles fleuries, et la distance s’installe même si la terreur est présente, puis branchez tous les feux du cliché littéral ou figuratif, et vous ferez naître un sentiment de gratitude parce que le cauchemar prendra fin, un cauchemar au premier abord trop horrible pour être vrai. Je n’obéirai pas à cette dynamique. Je ne vous laisserai pas me prendre en pitié. Charles Manson, qui déblatère dans sa cellule mérite, lui, la pitié ; Ted Bundy, qui proteste de son innocence pour que les femmes solitaires lui écrivent, mérite le mépris. Je mérite crainte et respect pour être demeuré inviolé jusqu’au bout du voyage que je vais décrire, et puisque la force de mon cauchemar interdit qu’il prenne fin un jour, vous me les offrirez. »
Critique : Une bombe ! Tous les livres d’Ellroy sont incroyables, mais celui-ci vous fait vivre dans la peau d’un tueur en série. Un récit à la première personne très réaliste, cru même, et très cynique.