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Donald Harvey

Nom : Donald Harvey
Surnom : « l’ange de la mort ».
Né le : 15 avril 1952 à Booneville, Kentucky
Mort le : 30 mars 2017, battu à mort dans sa cellule du pénitencier de Toledo (Ohio).

Jeune homme intelligent, discret et maniéré, Donald Harvey a assassiné plusieurs dizaines de patients alors qu’il travaillait dans différents hôpitaux du Kentucky et de l’Ohio en tant qu’aide-soignant. Il a juré qu’il n’avait fait que mettre fin aux souffrances de patients en fin de vie… avant d’admettre qu’il avait voulu « jouer à Dieu ».

Informations personnelles

Donald Harvey, à 2 ans

Donald Harvey, à 2 ans

Donald Harvey est né dans le comté de Butler, dans l’Ohio, en 1952. Peu après sa naissance, ses parents déménagèrent à Booneville, dans le Kentucky, une petite ville nichée sur le versant Est des montagnes des Appalaches.
Ses parents ne s’entendaient pas et se disputaient souvent, ils se séparèrent même durant quelques mois avant de s’installer à nouveau ensemble. Ils étaient très pauvres et la vie était difficile. Les grands parents et les voisins de Donald Harvey s’occupèrent souvent de lui.

En août 1987, lors d’un entretien avec la journaliste du Cincinnati Post Nadine Louthan, la mère de Donald Harvey, Goldie, expliqua que son fils avait été élevé dans un environnement familial aimant. « Mon fils a toujours été un bon garçon », selon elle.

Martha D. Turner, qui était directrice de l’école élémentaire où Harvey a étudié pendant huit ans, a tenu le même discours au Cincinnati Post : « Donnie était un enfant très spécial pour moi. Il était toujours propre et bien habillé, les cheveux coupés. C’était un enfant heureux, très sociable et aimé des autres enfants. C’était un beau garçon aux grands yeux bruns et aux sombres cheveux bouclés… Il avait toujours un sourire pour moi. Il n’y a jamais eu la moindre  indication d’une quelconque anomalie ».

Les anciens camarades de classe de Donald Harvey le décrivent quant à eux comme un solitaire et “le chouchou des profs”. Il participait rarement aux activités parascolaires, optant plutôt pour la lecture.

Selon ce que Donald Harvey a révélé après son arrestation, son oncle Wayne Bird (le demi-frère de sa mère) a abusé de lui sexuellement lorsqu’il se rendait dans la maison de sa grand-mère, à partir de 1956 (Harvey avait 3 ans et demi, Wayne avait 11 ans). Au départ, l’oncle demanda à Donald Harvey de le masturber, puis ils passèrent à la fellation.

Harvey, à l'âge de 9 ans

Harvey, à l’âge de 9 ans

Peu après, en 1957, un voisin plus âgé, Dan Thomas, abusa également du jeune Donald, qui avait alors 5 ans.
Ces abus durèrent jusqu’à ce que Donald Harvey atteigne l’âge de 20 ans et provoquèrent chez lui un mélange de dégoût, de peur et d’incompréhension : Donald Harvey allait plus tard avouer qu’il appréciait que Dan Thomas lui donne de l’argent en échange des relations sexuelles.

Harvey entra au lycée Booneville High School en 1968. Obtenant de bonnes notes dans la plupart des matières en produisant peu d’effort, il s’ennuya rapidement de la routine quotidienne et quitta le lycée. N’ayant pas d’objectifs réels, Harvey n’était pas sûr de ce qu’il voulait faire de sa liberté. Pour des raisons inconnues, il décida finalement de déménager à Cincinnati, dans l’Ohio, où il obtint un emploi dans une usine locale.

En 1968, il obtint son GED (General Educational Development) par correspondance de l’école de Chicago.
La même année, il eut son premier rapport sexuel consenti avec un autre jeune homme. L’année suivante, à l’âge de 17 ans, il commença une relation occasionnelle et épisodique avec James Peluso, qui allait durer presque 15 ans.

En 1970, le travail se fit plus rare à l’usine et Harvey fut finalement licencié. Sa mère l’appela quelques jours plus tard et lui demanda de se rendre dans le Kentucky pour rendre visite à son grand-père malade, qui avait récemment été admis à l’hôpital. Harvey accepta et partis pour l’hôpital Marymount de London, dans le Kentucky.
Personne ne le savait à l’époque, mais ce voyage allait se révéler être le début de son errance meurtrière.

 

 

Crimes et châtiment

Le Marymount Hospital

Le Marymount Hospital

Dans le Kentucky, Harvey passa beaucoup de temps à l’hôpital Marymount et fut bientôt connu et très apprécié des religieuses qui y travaillaient. Au cours d’une conversation, l’une des religieuses demanda à Harvey s’il serait intéressé par un travail d’aide-soignant. Comme il était sans emploi et ne voulait pas retravailler dans une usine, Harvey accepta. Il commença dès le lendemain. Bien qu’il n’ait aucune formation médicale ni sociale, les nouvelles fonctions de Donald Harvey lui permirent de passer des heures seul avec les patients. Certaines de ses fonctions incluaient de changer les bassins des patients, mais aussi l’insertion de cathéters et la distribution de médicaments.

Les premières semaines de Harvey à l’hôpital se déroulèrent sans incident, mais quelque chose finit par changer. Selon les aveux qu’il donna des années plus tard, il se considérait comme un « ange de la mort » : il assassinait des patients en souffrance, soi-disant par pitié envers eux.
Mais les détails qu’il révéla à propos de son tout premier meurtre démentent cette description altruiste.

Il tua pour la toute première fois le 30 mai 1970, alors qu’il n’avait pas encore 18 ans. Il s’approcha d’un patient qui avait eu une crise cardiaque, Logan Evans. Harvey allait affirmer par la suite qu’Evans l’avait frappé au visage. Il étouffa son patient avec un morceau de plastique et un oreiller (Il mit un sac en plastique entre son visage et un oreiller afin d’éviter que des fibres ne se retrouvent dans les voies respiratoires de Logan Evans et qu’on l’on soupçonne un meurtre lors d’une éventuelle autopsie). Il écouta son cœur avec un stéthoscope jusqu’à ce qu’il cesse de battre. Il se débarrassa du plastique puis nettoya Logan Evans et le vêtit d’une tenue d’hôpital propre. Il prévint ensuite l’infirmière de garde que le patient ne réagissait plus. On pensa que Logan Evans avait simplement fait une seconde crise cardiaque.

Le lendemain, Harvey tua James Tyree, un patient atteint d’un cancer, « par accident ». Il se trompa en utilisant la mauvaise taille de cathéter pour une sonde urinaire. Tyree le laisser faire, mais lorsque la douleur le saisit, il lui cria d’enlever le canule. Harvey le maintenu avec ses mains jusqu’à ce qu’il vomisse du sang et meurt d’une hémorragie interne.

À peine trois semaines après avoir commis ses premiers meurtres, Donald Harvey tua de nouveau, le 22 juin 1970. Il débrancha le réservoir d’oxygène d’une dame âgée, Elizabeth Wyatt. Il allait affirmer par la suite que c’était son premier « meurtre par pitié » : il savait que cette dame était en train de prier pour mourir. Il baissa son approvisionnement en oxygène au minimum. Quatre heures plus tard, une infirmière trouva Elizabeth Wyatt morte.

Le 10 juillet 1970, il assassina Eugene McQueen en le tournant sur le ventre alors qu’il savait qu’il ne devait pas le faire. Le vieil homme se noya dans ses propres secrétions. Harvey informa l’infirmière de garde que « McQueen avait l’air mal », mais elle lui répondit de s’occuper de lui malgré tout. Harvey lui fit donc prendre un bain après sa mort, afin d’éviter les soupçons. L’hôpital couvrit cette erreur en la mettant sur le compte de sa jeunesse et de « sa naïveté », et tant qu’il travailla au Marymount, les médecins et les infirmières le taquinèrent pour avoir donné un bain à un mort…

Le 12 juillet, il tua Harvey Williams par accident en utilisant un réservoir à oxygène défectueux. Williams fit un arrêt cardiaque et mourut.

Le 27 juillet, durant l’une de ses gardes du soir, il commit son premier assassinat prémédité. Des années plus tard, dans une interview en 1997 avec un journaliste, Harvey expliqua que, lorsqu’il était entré dans une chambre privée pour vérifier comment se portait la victime d’un AVC, Ben Gilbert, ce dernier avait frotté des excréments sur son visage. Harvey s’était mis en colère et avait perdu tout contrôle. « Tout ce dont je me souviens, c’est que je l’ai étouffé. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. J’ai pété un plomb. Je venais aider cet homme et il voulait frotter ça sur mon visage. »
En fait, Ben Gilbert avait quasiment assommé Harvey avec un urinoir en acier et avait renversé son urine sur lui parce que, désorienté par son AVC, il l’avait pris pour un cambrioleur. Donald Harvey attendit la nuit pour se faufiler dans la chambre de Ben Gilbert puis posa sur lui une sonde urinaire de taille 20 (pour les femmes) au lieu d’un taille 18 (pour les hommes). Ensuite, il redressa un cintre en acier, qu’il enfonça à travers le cathéter, perforant la vessie et l’intestin de Ben Gilbert, qui entra dans un état de choc instantané puis tomba dans le coma. Harvey retira le fil de fer, puis remplaça le cathéter de taille 20 par un 18. Il nettoya sa victime puis prit une douche avant de prévenir les infirmières que « le patient semblait aller mal ». Une infection se propagea et Ben Gilbert mourut quelques jours plus tard.

Comme les semaines passaient et que personne ne se posait de questions sur ses premiers meurtres, Harvey continua de tuer.

Il commença une relation avec un employé de pompes funèbres nommé Vernon Midden. Midden lui offrit énormément d’informations sur la façon dont le corps humain réagit lorsque certaines choses lui sont faites. Par exemple, lorsqu’on étouffe, le visage est cyanosé, c’est-à-dire qu’il prend une teinte bleutée. Mais une suffocation par un sac plastique est très difficile à déceler pour un médecin légiste. Donald Harvey apprit donc avec lui comment ne pas être soupçonné de meurtre…
Peu de temps après, Vernon Midden introduit Donald Harvey aux sciences occultes dans un groupe ésotérique, mais ne le laissa pas prendre part aux rituels parce qu’il n’était pas membre de la confrérie.

Le 15 août 1970, Donald Harvey tua intentionnellement Maud Nichols avec une bombonne d’oxygène défectueuse. La pauvre femme avait été envoyée à l’hôpital dans un état épouvantable, avec des escarres si infectés que des asticots grouillaient dans les plaies. Selon Donald Harvey, personne ne voulait lui donner de soins, alors il l’avait tuée.

Le 30 août, Harvey assassina William Bowling en « oubliant » d’ouvrir son oxygène. Bowling avait été amené à l’hôpital en raison de problèmes respiratoires. Harvey allait expliquer par la suite qu’il avait voulu « mettre fin aux terribles difficultés du patient à respirer ». William Bowling mourut d’une crise cardiaque.

Le 4 novembre 1970, Harvey tua Viola Reed en utilisant à nouveau sa bombonne d’oxygène défectueuse. Il affirma qu’elle sentait mauvais… Elle souffrait d’une leucémie et d’un déséquilibre électrolytique. Il décida de « mettre fin à ses souffrances ». Il tenta de la tuer en l’étouffant avec un plastique et un oreiller, comme il l’avait fait pour sa toute première victime, mais quelqu’un entra dans la chambre et il dû arrêter. Il décida donc d’utiliser le réservoir d’oxygène défectueux.

Le 7 décembre 1970, il fit sa dernière victime de l’année en assassinant Margaret Harrison d’une overdose de Demerol, de morphine et de codéine. Il surveilla son pouls jusqu’à ce qu’il s’arrête et qu’elle cesse de respirer.

En janvier 1971, sa relation avec Vernon Midden commença à se dégrader. Harvey sombra dans la déprime et se mit à fantasme sur la possibilité d’embaumer Midden vivant.

Le 9 janvier, il assassina Sam Carroll en utilisant sa bombonne d’oxygène défectueuse. Le patient avait une pneumonie et une obstruction de l’intestin grêle. Donald Harvey décida « qu’il avait assez souffert » et utilisa à nouveau le réservoir d’oxygène défectueux, qu’il échangea avant que les infirmières ne viennent.

Le 15 janvier, il assassina Maggie Rawlins en l’étouffant avec un plastique et son oreiller. Elle était traitée pour une mauvaise -mais simple- brûlure au bras.

Le 23 janvier, il assassina Silas Butner avec sa bombonne d’oxygène défectueuse. Le patient avait des problèmes rénaux. Harvey tenta de le tuer à plusieurs reprises en l’étouffant, mais fut à chaque fois interrompu. Cette fois, il y eut une autopsie, mais la véritable cause de la mort ne fut jamais découverte.

Le 26 janvier 1971, il utilisa à nouveau la bonbonne à oxygène défectueuse pour assassiner un patient, John Combs, qui avait des problèmes cardiaques et respirait mal. Harvey tenta de le tuer avec un sac plastique, sans y parvenir, et préféra donc revenir à sa bonbonne. Il allait affirmer plus tard que ce meurtre avait été commis « par pitié ».

Le 14 mars 1971, Donald Harvey assassina Milton Bryant Sasser en lui injectant une énorme dose de morphine, qu’il avait volée dans l’armoire des infirmières. M. Sasser était à l’hôpital pour une insuffisance cardiaque. Harvey commit l’erreur de jeter l’aiguille dans les toilettes, mais elle resta dans la cuvette. Bien que l’homme de ménage la trouva, personne ne fit jamais la connexion entre cette aiguille et le décès de Milton Sasser.

Donald Harvey, à l’âge de 18 ans, avait déjà fait 15 victimes.

Le 31 mars 1971, Donald Harvey, complétement ivre, fut arrêté pour le cambriolage d’un immeuble. Alors que les policiers l’interrogeaient, Harvey commença à parler de manière incohérente des meurtres qu’il avait commis. Les policiers, surpris, l’interrogèrent longuement sur ses crimes, mais ils furent malheureusement incapables de trouver la moindre preuve substantielle qu’il avait bien commis ces meurtres. Ils ne purent l’inculper d’aucun crime et crurent qu’il divaguait.
Quelques semaines plus tard, il fut simplement jugé pour le cambriolage et plaida coupable afin d’obtenir une peine réduite : une simple amende. Le juge, soupçonneux, le condamna toutefois à quitter le comté et l’y interdit de séjour.
Harvey fut donc obligé de quitter l’hôpital Marymount et se mit à la recherche d’un nouveau travail.

Peu de temps après, il eut son premier rapport hétérosexuel avec Ruth Anne Hodges, la fille de la famille chez qui il séjournait à Frankfort, Kentucky, alors qu’il postulait à un emploi. Ils étaient saouls et Harvey expliqua par la suite qu’il ne se souvenait pas de ce qui s’était passé, si ce n’est qu’ils étaient nus. Neuf mois plus tard, Ruth Anne Hodges eut un fils, qu’elle appela Donald.

Début juin, Donald Harvey mit le feu à la salle de bain d’un appartement vide dans l’immeuble où il vivait « parce qu’il était déprimé ». Il avait en fait tenté de se suicider par asphyxie. Il fut arrêté et, de nouveau, simplement condamné à payer une amende de 50$.

Harvey décida toutefois qu’il était temps pour lui de quitter le Kentucky et, le 16 juin 1971, il s’engagea dans l’US Air Force.

A la fin de l’année 1971, Donald Harvey, très déprimé, tenta de se suicider d’une overdose de NyQuil (un remède contre le rhume qui contient un sédatif et un antidouleur). Une enquête fut menée sur son geste et il dû quitter l’armée le 9 mars 1972. Son dossier ne spécifie aucun motif précis pour sa décharge autre que « raison médicale »… mais l’enquête menée sur sa tentative de suicide avait permis à ses supérieurs hiérarchiques d’apprendre qu’il avait été arrêté et soupçonné de meurtres par la police du comté de Laurel, dans le Kentucky.

Après avoir quitté l’armée, Harvey fut traité pour une grave dépression. En juillet 1972, il demanda à être volontairement interné au Centre médical des anciens combattants de Lexington, dans le Kentucky. Harvey resta dans le service psychiatrique jusqu’au 25 août, mais fut de nouveau admis volontairement quelques semaines plus tard. Après une tentative de suicide ratée à l’hôpital, suite à une grave dispute avec sa famille, Harvey fut placé sous entraves et, durant les semaines qui suivirent, il reçut de nombreux traitements par électrochocs. Le 17 octobre 1972, Donald Harvey sortit à nouveau de l’hôpital. Par la suite, Goldie Harvey allait accuser l’hôpital d’avoir libéré son fils trop brusquement : il n’avait montré aucun signe d’amélioration depuis son admission.

Harvey, qui n’avait alors que 19 ans, passa les mois qui suivirent à tenter de reprendre sa vie en main et trouva finalement un emploi comme aide-soignant à temps partiel au Cardinal Hill Hospital de Lexington.
En juin 1973, il obtint un deuxième poste d’aide-soignant au Good Samaritan Hospital de Lexington. Harvey garda ses deux emplois jusqu’en août 1974, où il obtint un poste d’opérateur téléphonique, puis il changea à nouveau lorsqu’il fut embauché comme employé de bureau à l’hôpital St. Luke de Fort Thomas, dans le Kentucky.

Harvey expliqua par la suite qu’il avait été capable de contrôler son envie de tuer pendant ce laps de temps. La vérité est surtout qu’il n’avait pas accès aux patients avec la même facilité qu’à l’hôpital Marymount, ce qui pourrait également expliquer pourquoi il a si souvent changé d’emploi durant cette période. Trop peu d’occasions se présentaient à lui. Il n’avait pas encore assez confiance en lui pour tuer dans un autre endroit que celui où il se sentait en sécurité pour commettre ses crimes (les chambres faiblement éclairées des patients). Pour assassiner ses victimes, Harvey devait d’abord trouver le bon environnement.

Durant la même période, il eut une relation avec Russell Addison. Ils vécurent ensemble pendant 10 mois.

Peu de temps après, Donald Harvey débuta une relation intermittente de 5 ans avec Ken Estes. Ils vécurent ensemble durant quelques temps et Harvey s’intéressa de plus en plus à l’occulte.

En septembre 1975, Harvey retourna à Cincinnati, dans l’Ohio.

Le VA.A. Medical Center

Le VA.A. Medical Center

Quelques semaines plus tard, il trouva un travail de nuit dans l’hôpital des anciens combattants de Cincinnati (Veterans Affair Medical Center). Les fonctions de Harvey furent variées et il effectuait plusieurs tâches différentes, selon l’endroit où l’on avait besoin de lui. Il travailla comme assistant de soins infirmiers, homme d’entretien, technicien en charge des cathéters cardiaques et assistant d’autopsie.
Harvey, alors âgé de 23 ans, avait trouvé son sanctuaire et attendit peu de temps avant de recommencer à tuer. Comme il travaillait de nuit, il était souvent seul et avait un accès illimité à presque tous les secteurs de l’hôpital.

En septembre 1975, Donald Harvey réduisit le débit d’oxygène de Joseph Harris, ce qui conduisit à son décès (il ne fut toutefois jamais été inculpé pour ce meurtre).

Entre septembre et décembre 1975, James Twitty, James Ritter, Harry Rhodes, et Sterling Moore moururent dans le service de Donald Harvey.

Au cours des 10 années qui suivirent, Harvey assassina au moins 15 patients. Il tint un journal précis de ses crimes et prit des notes sur chacune de ses victimes, détaillant comment il les avait tuées : en appuyant un sac en plastique et une serviette humide sur leur bouche et leur nez; en saupoudrant de la mort au rat dans le dessert; en ajoutant de l’arsenic et du cyanure dans le jus d’orange; en injectant du cyanure dans une intraveineuse ou dans les fesses d’un patient…
Pendant toutes ses années, Harvey affina ses techniques de meurtres en étudiant les revues médicales à la recherche de conseils sur la façon de dissimuler ses crimes.

Au fil des ans, il amassa 13 kilos de cyanure (!!!) qu’il avait patiemment volé en petite quantité à l’hôpital et qu’il gardait chez lui. En général, Donald Harvey préparait un flacon de cyanure ou d’arsenic chez lui pour l’amener à l’hôpital avec l’intention d’assassiner un patient. Quand il était seul, il glissait le mélange dans la nourriture de sa victime ou le versait directement dans sa sonde gastrique.

En juin 1977, il joignit un groupe occulte et jusqu’au début des années 1980, il participa à des cérémonies et des messes noires. Mais il préféra finalement organiser ses propres cérémonies et se créa un autel, avec des poignards, de l’encens et des bougies.

Au début des années 1980, Harvey modifia ses méthodes de meurtre et prit confiance en lui.

Il commença à sortir avec Doug Hill. Ils se disputaient souvent et, après l’une de leurs querelles, Harvey riposta en mettant de l’arsenic dans la crème glacée de Doug. Heureusement, Doug Hill eut seulement des crampes d’estomac, mais cette tentative de meurtre fut importante parce que Doug était la première personne qu’Harvey tentait d’assassiner en dehors d’un hôpital.
Ils se séparèrent peu après.

Le 1er août 1980, il commença une relation avec Carl Hoeweler. Ils s’installèrent ensemble et Harvey commença bientôt à l’empoisonner car il pensait que son compagnon « le trompait lorsqu’il allait se promener au parc le lundi ». Harvey glissa de petites doses d’arsenic dans la nourriture de Hoeweler le dimanche afin qu’il soit trop malade pour quitter leur appartement le lendemain.

Par la suite, persuadé que leur voisine Diane, amie de Carl Hoeweler, tentait de les séparer, il versa dans ses boissons un sérum contaminé avec l’hépatite B. Elle manqua de mourir avant que l’infection ne soit diagnostiquée et qu’elle soit traitée. Harvey tenta alors de l’infecter avec le HIV mais n’y parvint pas.

Une autre voisine, Helen Metzger, ne fut pas aussi chanceuse. Début 1983, parce qu’il pensait qu’elle menaçait elle aussi sa relation avec Carl, Donald Harvey empoisonna une tarte et un pot de mayonnaise avec de l’arsenic. Elle développa une paralysie et fut conduite à l’hôpital. Suite à une trachéotomie, elle fit une hémorragie et ne reprit jamais conscience. Elle mourut quelques jours plus tard, le 10 avril 1983. Son décès fut attribué à un syndrome de Guillain-Barre.
Après son enterrement, sa famille se réunit chez elle et plusieurs personnes furent empoisonnées par la mayonnaise à l’arsenic. Personne ne mourut et on pensa à un simple empoisonnement alimentaire.

Quelques jours plus tard, Harvey se disputa avec les parents de Carl Hoeweler et commença à empoisonner leur nourriture avec de l’arsenic. Le 1er mai 1983, le père de Hoeweler, Henry, fut victime d’un accident vasculaire cérébral et admit à l’hôpital Providence. Harvey lui rendit visite et empoisonna son pouding avec de l’arsenic. Henry Hoeweler mourut le soir même. Harvey continua d’empoisonner la mère de Carl, Margaret, par petites doses durant plusieurs mois, mais ne parvint pas à la faire mourir.

A la fin de l’année 1983, il tua accidentellement Howard Vetter, le beau-frère de Carl Hoeweler. Donald Harvey avait utilisé de l’alcool à bois pour enlever des étiquettes adhésives et avait laissé la solution dans une bouteille de vodka.
Carl utilisa la mauvaise bouteille et servi à Howard quelques verres. Howard tomba malade et, au bout d’une semaine, il eut une crise cardiaque. Sa mort fut attribuée à une insuffisance cardiaque.

En janvier 1984, Carl Hoeweler rompu avec Harvey et lui demanda de quitter son appartement. Harvey ne supporta pas d’être rejeté et a passa les deux années suivantes à essayer de tuer Hoeweler avec ses concoctions toxiques. Il essaya même de tuer une amie de Hoeweler pour se venger. Il ne tua ni Carl Hoeweler ni son amie, mais Carl se retrouva à l’hôpital à cause des poisons qu’il avait ingéré sans le savoir.

Le 19 septembre 1984, Donald Harvey tua accidentellement un patient, Hiram Proffit, en se trompant dans sa dose d’héparine. Il n’en dit rien à personne et son erreur ne fut pas relevée.

Le 9 novembre 1984, il tua son ex petit ami, James Peluso, parce qu’il lui avait demandé de “l’aider à partir” si jamais il devenait incapable de s’occuper de lui-même. Harvey lui donna du pudding empoisonné à l’arsenic. Peluso tomba malade et fut envoyé à l’hôpital des vétérans, où il décéda quelques temps plus tard. Aucune autopsie n’eut lieu car James Peluso avait de graves problèmes cardiaques.

Le 18 mars 1985, il assassina Edward Wilson, un voisin, « parce qu’il voulait protéger Carl Hoeweler ». Edward Wilson pensait que Carl ne payait pas toutes ses charges de copropriété et avait l’intention de le dénoncer. Harvey mit de l’arsenic dans le Pepto-bismol (un médicament contre les problèmes intestinaux) d’Edward Wilson, qui mourut 5 jours plus tard.

Harvey en 1985

Harvey en 1985

Quelques jours plus tard, Donald Harvey fut promu au grade de superviseur de la morgue.

Durant le printemps 1985, il joignit le parti national socialiste américain (un parti néonazi). Il allait affirmer plus tard qu’il n’était pas un sympathisant mais qu’il collectait des informations pour des amis qui voulaient détruire ce parti…

Alors qu’il quittait le travail le 18 juillet 1985, des agents de sécurité remarquèrent qu’Harvey agissait de façon suspecte et décidèrent de fouiller le sac de sport qu’il transportait. A l’intérieur du sac, les agents découvrirent un pistolet de calibre .38, des aiguilles hypodermiques, des ciseaux chirurgicaux et des gants, une cuillère à cocaïne, divers documents médicaux, deux livres occultes, et une biographie de tueur en série Charles Sobhraj.
Donald Harvey reçu une amende de 50 $ pour « port d’une arme à feu sur une propriété fédérale », puis on lui proposa de choisir entre deux options : démissionner tranquillement ou être licencié pour faute grave.
Harvey choisit la démission. Cet « incident » ne  fut cependant pas mentionné sur son dossier professionnel et les autorités de l’hôpital n’ouvrirent aucune enquête pour déterminer si Harvey avait commis d’autres crimes lorsqu’il travaillait à l’hôpital des anciens combattants.

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