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Douze ans de réclusion à l’encontre de Jacques Plumain

La cour d’assises du Bas-Rhin a condamné vendredi Jacques Plumain à 12 ans de réclusion criminelle, conformément à la peine requise par le ministère public. L’homme avait été jugé pendant trois jours pour une tentative de meurtre au sabre le 19 janvier 2001 sur un parking de Strasbourg. Il s’était querellé à l’époque avec un automobiliste pour un refus de priorité.

Mais l’accusé âgé de 30 ans originaire de Guadeloupe n’en a pas fini avec la justice, puisqu’il est soupçonné d’être un tueur en série : il aurait tué quatre femmes, dont deux à Kehl (Allemagne) et deux à Strasbourg, et tenté d’en assassiner une cinquième à Kehl.

La police criminelle allemande enquête actuellement sur la mort violente d’une autre jeune femme de 23 ans découverte à Tüttlingen en janvier 1999, et qui pourrait également être liée à Plumain.

Des conflits ont opposé psychiatres et psychologues dès qu’ils ont eu connaissance de la violence de Jacques Plumain, avant que ne lui soit imputée la série de crimes. Certains ne l’avaient pas estimé « dangereux ». Un psychologue l’avait pourtant décrit comme « fabulateur et manipulateur, affecté d’un grave traumatisme et d’une angoisse massive, ayant besoin de projeter des pulsions agressives à l’extérieur de lui-même ».

Le 19 janvier 2001, sur un parking de Strasbourg, Plumain avait frappé au ventre avec un sabre de samouraï un automobiliste strasbourgeois, qui se considère aujourd’hui comme « miraculé ».
Plumain avait déjà été condamné à de faibles peines pour diverses violences, jusqu’à ce que le SRPJ de Strasbourg et la police de Kehl établissent le lien avec une série d’assassinats de femmes retrouvées dénudées, allongées sur le ventre et frappées à la nuque. Leur assassin avait été surnommé alors « le fantôme de Kehl ».

Le 11 octobre 1999, Hatice Celik, une employée de maison, était frappée à mort dans le centre-ville de Kehl. Le 23 novembre suivant, dans la même ville, c’est une habitante de 39 ans qui était grièvement blessée avec un démonte-pneu. Le 4 décembre, Gisèle Dallmann, une porteuse de journaux de 66 ans, était tuée à coups de couteau alors qu’elle circulait à bicyclette à Kehl.
Le 25 juillet 1999, Sylvia Hironimus, 30 ans, était découverte morte dans l’arrière-cour d’un immeuble strasbourgeois. Enfin, Ursula Brelowski était tuée à coups de couteau le 15 mai 2000 à quelques kilomètres au nord de Strasbourg.

Jacques Plumain, qui n’a jamais été reconnu par son père, a été élevé par sa mère en compagnie de ses cinq frères et sœurs, tous nés de pères différents. Il est venu en métropole à l’âge de 16 ans, a travaillé comme cuisinier, puis s’est engagé au premier régiment d’artillerie de Montbéliard puis à celui d’Illkirch-Grassenstaden jusqu’en février 1999. C’est à partir de cette époque qu’aurait commencé son parcours meurtrier. (AP)