"C'est le poids de cette légende qui pousse les théoriciens à choisir un héritier potentiel du trône d'Angleterre, toute une cohorte de médecins, un aristocrate décadent, un homosexuel, des émigrés, des fous ou un peintre impressionniste à la vie de bohème...

A tout prix, il faut que le meurtrier de Whitechapel appartienne à une catégorie d'individus dont nous avons appris à nous méfier. Ce mystérieux assassin est une absence, une case vide dans les archives de la police, tel un roman d'énigme dont on aurait arrache les dernières pages, une absence que nous peuplons avec toutes les personnes que nous détestons, qui différents de nous et que nous appelons Jack l'Eventreur.

La véritable histoire de Jack l'Eventreur ne concerne en rien le duc de Clarence, les francs-maçons, le champion de cricket suicidé, un chirurgien de la cour ni aucun juif errant, mais bien un monde de miséreux s'entassant dans les ruelles sordides de l'East End londonien, où cinq femmes terminèrent leur existence abjecte dans des tombes à jamais silencieuses.

Quelle que soit l'identité de l'assassin de Whitechapel, il est certain qu'il ne peut pas être le personnage créé par la presse, la police et la société victorienne, auquel ils donnèrent le surnom de Jack l'Eventreur".