Pour des raisons inconnues, il immigra à Londres en 1887. Il trouva un emploi d’assistant coiffeur, puis ouvrit son propre commerce de barbier sur Cable Street, à Whitechapel. En 1890, son affaire ayant mal marché, il travailla chez un autre coiffeur de Whitechapel, non loin de l’endroit où Martha Tabram avait été assassinée en août 1888. Klosowski épousa une femme appelée Lucy Baderski, qui lui donna un fils en 1890. Celui-ci mourut d’une pneumonie en mars 1891 et le couple déménagea dans le New Jersey, aux Etats-Unis. Là, Klosowski s’en prit à son épouse, qu’il tint allongée sur leur lit, une main sur sa bouche. Un client arriva dans le magasin, juste à côté de la chambre, et Klosowski relâcha sa femme pour l’accueillir. Son épouse vit un manche dépasser de l’oreiller et découvrit que c’était celui d’un grand couteau, qu’elle cachât immédiatement. Plus tard, Klosowski lui affirma qu’il avait voulu lui couper la tête, puis l’enterrer. Lorsque son épouse expliqua que les voisins lui aurait demandé où elle était, Klosowski répondit calmement qu’il leur aurait dit qu’elle était partie à New York. Lucy Baderski le quitta et retourna à Londres, où elle accoucha d’une fille en mai 1892. En juin de la même année Klosowski revint lui-aussi à Londres mais Lucy ne voulut pas le voir. En 1893, il déménagea et mis enceinte une jeune femme appelée Annie Chapman mais leur relation ne dura pas plus d’un an car Klosowski était un coureur de jupons. Il changea de nom, se fit appeler George Chapman et épousa Mary Spink, qui lui donna tout l’argent qu’elle avait touché d’un héritage. Ils ouvrirent une échoppe de barbier, où Chapman coupait les barbes tandis que Mary jouait du piano… Leur magasin avait du succès mais pas leur vie de couple. Chapman battait fréquemment son épouse. Il acheta du « tartare émétique », un poison incolore, inodore et presque insipide, contenant de l’antimoine (et qui préserve le corps des années après la mort). Lorsque le magasin eut moins de succès, Chapman le revendit et s’occupa d’un pub. Mary commença à souffrir de problèmes d’estomac, et en mourut en 1897. Le médecin signa un acte de décès expliqua qu’elle était morte de tuberculose. Chapman s’installa alors avec une dénommée Bessie Taylor, mais la frappa elle-aussi et la menaça même avec un pistolet. Bessie eut des problèmes d’estomac et en mourut à son tour en 1901. Chapman trouva une autre compagne, Maud Marsh, qu’il traita aussi mal que les autres. Elle commença elle-aussi à souffrir de l’estomac. La mère de Maud appela alors un autre médecin et Chapman, apeuré, donna à Maud une grosse dose de poison, qui l’a tua sur le coup. Chapman fut arrêté lorsque l’on découvrit une quantité mortelle d’antimoine dans le corps de Maud. On exhuma ses deux autres épouses, dont les corps étaient remarquablement préservés, et l’on découvrit là-aussi une grande quantité d’antimoine. Chapman fut inculpé de trois meurtres mais ne fut reconnu coupable que de celui de Maud. Il fut pendu le 7 avril 1903. Selon Abberline, Jack l’Eventreur n’était pas mort après 1888 et n’était pas non plus un dément. La date de l’arrivée de Klosowski/Chapman à Londres correspondait avec le premier meurtre de l’Eventreur. Il était alors célibataire et avait un travail régulier qui ne le laissait libre que durant les week-ends. Les meurtres cessèrent lorsque Klosowski/Chapman partit aux Etats-Unis, et des meurtres similaires furent commis aux Etats-Unis après qu’il s’y soit installé. Il avait étudié la médecine et la chirurgie et ses empoisonnements montraient qu’il possédait des connaissances médicales. Il était violent et avait des problèmes avec les femmes. Mais il y a toutefois des incohérences. Ainsi, de nombreux témoins avaient vu un homme de 30 à 40 ans, alors que Klosowski/Chapman n’avait que 23 ans en 1888. Surtout, il existe d’énormes différences entre les meurtres brutaux et rapides de l’Eventreur et les empoisonnements discrets et lents de Chapman. Pour Abberline, Klosowski/Chapman aurait été capable des deux « genres » de meurtres. Chapman est un suspect intéressant, mais il est difficile de comprendre (lorsque l’on sait comment évolue les tueurs en série : vers toujours plus de violence), comment le terrible assassin et mutilateur Jack l’Eventreur aurait pu devenir un empoisonneur discret quelques années plus tard. |