Histoire du profiling criminel

Les origines du profiling criminel peuvent être retracées jusqu’au début des années 1800, avec les travaux de Cesare Lombroso, Alphonse Bertillon, Hans Gross, Ernest Kretschmer… Tous ont apporté leur petite contribution à un champ de connaissances, bien qu’ils soient rarement considérés comme des spécialistes du « profiling criminel », notamment parce que leurs travaux reflétaient souvent les « idées reçues » de leur époque.

Le Docteur Brussel, qui a créé les profils psychologiques du tueur fou à la bombe de New York et de l’Etrangleur de Boston (entre autres) est, lui, considéré comme le père du profiling moderne. Un agent du FBI a même fait appel à lui, en 1969, pour l’aider à mettre en place un département dédié au profiling.

Le Docteur Bond et Jack l’Eventreur

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Le Dr. Bond

Le Docteur Thomas Bond, un médecin, a laissé à la postérité ce qui est sans doute le premier profil criminel, celui de Jack l’Éventreur.
Bond, un chirurgien qui travaillait pour la police, réalisa l’autopsie de Mary Kelly, la dernière victime de l’Éventreur. Dans ses notes, datées du 10 novembre 1888, il mentionnait la nature sexuelle des meurtres et la rage que les terribles mutilations mettaient en évidence. Le Dr. Bond essaya de reconstruire le meurtre et d’interpréter le comportement de l’assassin : il finit par établir un « profil », des traits de personnalité du tueur, afin d’aider les enquêteurs.
Selon Bond, les 5 meurtres avaient été commis par une personne seule, dotée d’une solide force physique, et qui était sûre d’elle. L’Éventreur semblait être un homme inoffensif et tranquille, peut-être d’age moyen. Il était sûrement bien habillé et portait sans doute un long manteau pour cacher les taches de sang qui couvraient ses vêtements. C’était sans doute un homme seul, sans réelle occupation. Un excentrique mentalement instable.
L’Éventreur souffrait peut-être de « Satyriasis », une déviance sexuelle que l’on appelle aujourd’hui « hyper sexualité ».
Selon Bond, le tueur n’avait aucune connaissance médicale (Bond était chirurgien) et n’était pas médecin, ni même boucher.
Le Docteur Bond pensait que la proposition d’une récompense pourrait pousser ceux qui connaissaient cet homme discret mais étrange à se rapprocher de la police.

Le profil psychologique de Hitler

En 1943, alors que l’Allemagne Nazi commençait à subir des défaites, l’Office of Strategic Services (OSS, les services secrets américains, futur CIA) demanda au Docteur Walter Langer, un psychanalyste new-yorkais, de dresser un « profil psychologique » d’Adolf Hitler. L’OSS désirait en fait obtenir une analyse comportementale et psychologique en vue d’affiner ses stratégies, et de prédire le comportement futur de Hitler.
Le Dr. Langer, aidé par le Dr. Henry Murray (psychologue à Harvard), utilisa notamment des discours de Hitler et son livre « Mein Kampf » ainsi que les entrevues avec plusieurs centaines de personnes qui avaient côtoyé Hitler. Ils produisirent un profil de plusieurs centaines de pages décrivant les traits de comportement probables d’Hitler ainsi que ses possibles réactions à l’idée que l’Allemagne pourrait perdre la guerre. (Le rapport fut par la suite publié en livre et traduit en français sous le titre Psychanalyse d’Adolf Hitler).

Le Dr. Langer décrivait Hitler comme un homme méticuleux, conventionnel, prude concernant son apparence et son corps. Il se considérait comme un porte-drapeau pour l’Allemagne, mais était bien moins courageux que ce qu’il voulait faire croire. Il avait des phases maniaques : il craignait la syphilis, les germes et la pleine lune… Il avait tendance à parler en long monologue plutôt qu’à converser avec les autres. Il avait des difficultés à établir des relations intimes avec qui que ce soit.
Le profil pointait également un complexe d’Oedipe, à cause duquel Hitler ressentait le besoin de prouver sa virilité à sa mère… et qui aurait provoqué des déviances sexuelles (coprophilie et urophilie).
Bien que ne faisant pas de sport, il était en bonne santé, et il était donc peu probable qu’il meurt de cause naturelle. Toutefois, année après année, son état mental se détériorait. Si l’Allemagne perdait la guerre, il ne tenterait pas de fuir dans un pays neutre.
La conclusion de ce volumineux rapport ? Hitler sombrait peu à peu dans une sorte de délire, et il était possible que ses structures psychologiques s’effondrent face à une défaite imminente. Il risquait donc de se suicider, à moins qu’il demande à l’un de ses hommes de confiance de l’aider à mettre fin à ses jours…

Le Docteur Brussel

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Le Dr. Brussel

Entre la fin des années 1940 et le milieu des années 1950, plusieurs endroits célèbres de New York étaient devenus la cible d’un « tueur fou » qui avait placé plus de 30 bombes dans des lieux publics, et envoyait des lettres anonymes aux journaux.
Le tueur à la bombe ne demandait aucune rançon pour arrêter ses crimes. C’était l’un des facteurs qui intriguaient le Docteur James Brussel, vers qui la police se tourna en 1956 pour tenter d’identifier l’assassin.

Le Docteur Brussel « inventa » le profiling moderne en examinant les photographies des scènes de crime et les lettres que le fou à la bombe envoyait à la presse. Il en conclut que le suspect était un paranoïaque qui détestait son père, qui était obsédé par sa mère et qui était ou avait été employé par la Consolidated Edison, une compagnie d’électricité à qui la majorité des lettres étaient destinées.
D’autres détails révélaient qu’il souffrait sûrement d’un problème cardiaque et vivait dans le Connecticut. Le Docteur Brussel concluait ainsi son rapport : « Cherchez un homme trapu. D’âge moyen. Né à l’étranger. Catholique. Célibataire. Qui vit avec un frère ou une sœur. Il existe des chances pour que lorsque vous le trouverez, il portera un costume boutonné jusqu’en haut. »

Brussel expliqua que son profil, incroyablement exact, n’était que le résultat d’un raisonnement logique et de sa grande expérience de psychiatre.
Selon lui, le suspect était d’âge moyen parce la paranoïa met une dizaine d’années à se développer et que la première bombe avait explosé en 1940. Si la maladie avait commencé à se développer vers 1930, l’homme avait entre 45 et 55 ans en 1956. Pour ce qui était de son apparence, c’était une hypothèse tirée des études menées sur la paranoïa : ceux qui souffrent de cette maladie mentale accumule souvent la rancune durant des années avant d’y céder et sont soignés jusqu’à l’obsession. Ils se considèrent comme intellectuellement supérieurs aux autres et le manifestent dans leur apparence.
L’écriture des lettres révélait un individu éduqué, mais l’absence de langage familier laissait penser que l’homme n’était pas natif de New York. L’expression « actes ignobles » faisait même penser à un étranger. Les bombes étaient les armes favorites des criminels d’Europe centrale. Quant à sa stature imposante, Brussel avait lu une étude allemande qui démontrait que 85% des paranoïaques sont de forte constitution. Et enfin, Brussel avait déduit que le « fou à la bombe » était célibataire parce que le « W » qu’il traçait était exagérément courbe, suggérant une poitrine féminine, ce qui révélait un individu sexuellement réprimé.

La description physique donnée par le docteur Brussel correspondait à un nombre trop élevé d’hommes pour que le FBI puisse enquêter sur chacun d’eux. Brussel suggéra alors un moyen d’attirer le tueur au grand jour. Afin d’exploiter son ressentiment envers tous ceux qui, selon lui, lui avaient fait du mal, les journaux devaient publier une lettre ouverte offrant un forum d’expression aux doléances du tueur. Ce dernier ne pourrait y résister.
En quelques jours, trois lettres parvinrent aux journaux, critiquant la Consolidated Edison qui avait « exploité ses employés« . L’une des lettres citait même la date de l’incident qui avait tant outragé l’auteur : le 5 septembre 1931.

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George Metesky

Armés de ces informations, les enquêteurs fouillèrent les dossiers personnels de la « Con Ed », cherchant un ex-employé qui aurait fait part de sa rancoeur depuis l’automne 1931. Ils tombèrent assez rapidement sur le nom de George Metesky, qui avait porté plainte et demandé une compensation financière après un accident de travail, ce qui lui avait été refusé car sa blessure était moins grave que ce qu’il affirmait.
Metesky correspondait au profil. Il était rondouillard, avait 54 ans, né en Pologne, catholique romain, et avait des problèmes cardiaques. Il vivait dans le Connecticut avec ses deux sœurs célibataires. Lorsque les enquêteurs arrivèrent chez lui, le 21 janvier 1957, et l’invitèrent à le suivre au commissariat, il alla se changer et revêtit un stricte costume boutonné jusqu’en haut… pour sa première apparition en publique, celle qu’il avait attendue si longtemps.

Lorsqu’on demanda au Docteur Brussel comment il avait pu « deviner si juste« , il répondit qu’il avait simplement inversé la technique qu’il utilisait pour diagnostiquer ses patients. Au lieu d’examiner le comportement du sujet afin de prédire comment il pourrait répondre dans certaines conditions, il avait cerné le type de personnalité que la police cherchait en étudiant ses actes. Ce processus est connu sous le nom de « raisonnement inductif » (faire des hypothèses basées sur l’expérience) : c’est la base des sciences du comportement.

 

Les pionniers du profiling

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Howard Teten

L’homme qui a réalisé le potentiel de l’utilisation du profiling pour cerner les criminels est Howard Teten, un ancien policier Californien qui avait rejoint le FBI en 1962. En 1969, cet ancien marine, grand, parlant doucement et portant de petites lunettes, qui ressemblait plus à un professeur d’université qu’à un agent fédéral, prit l’initiative d’enseigner aux recrues de l’Académie du FBI, à Quantico, un cours qu’il appela « Criminologie Appliquée », et ensuite « Criminologie Criminelle Appliquée », la fondation du profiling moderne.
Il contacta le Docteur Brussel, à New York, et lui demanda de lui apprendre tout ce qu’il savait. Brussel a dû être un excellent professeur car, lorsque Teten revint à Quantico, il fut capable de résoudre plusieurs affaires non résolues en proposant des profils incroyablement exacts de criminels à ses étudiants, dont la plupart étaient des policiers.

Un officier Californien lui demanda de l’aide dans son enquête sur le meurtre d’une jeune femme qui avait été poignardée par un assassin qui n’avait laissé aucune empreinte ou indices de quelque sorte. Teten conseilla à l’officier de frapper aux portes des maisons et appartements dans le voisinage de la victime, à la recherche d’un tout jeune homme au physique ingrat, solitaire et de petite taille, qui serait submergé par la culpabilité et prêt à se confesser. « Si un ado nerveux ouvre la porte, regarde-le bien en face et dit-lui : ‘Tu sais pourquoi je suis là, non ?’« .
Deux jours plus tard, l’enquêteur appela Teten pour lui annoncer qu’il avait visité les appartements du voisinage et, lorsqu’un jeune homme correspondant à la description de Teten avait vu le policier sur le palier de sa porte, il avait immédiatement lâché « Ok, vous m’avez eu« .

Les « G-Men »

FBIDurant les années 1970, les cours de « Psychologie Criminelle Appliqué » du FBI étaient très souvent enseignés par de jeunes diplômés de l’Académie qui n’avaient pas d’expérience directe des crimes qu’ils décrivaient. Lorsqu’ils se rendaient dans les départements de police régionaux afin d’enseigner leurs nouvelles techniques, ils devaient souvent faire face à des enquêteurs qui avaient justement travaillé sur ces affaires et contredisaient leur version des faits. Ceci, et le fait que les policiers expérimentés n’appréciaient guère de suivre les cours de jeunes diplômés d’à peine 30 ans, minaient les efforts du FBI pour transformer les sciences du comportement en une nouvelle arme de valeur dans la lutte contre le crime.
De plus, le Bureau lui-même n’avait pas toujours traité le « profiling » et les autres « sciences » telles que les techniques de négociations de prise d’otage et même les crimes sexuels, avec le sérieux qu’elles méritaient. Les cours de l’académie de Quantico reposaient presque entièrement sur la théorie et restaient très basiques. Même les cours concernant les crimes sexuels étaient plus surprenants qu’informatifs, car les comportement aberrants étaient présentés comme excentriques et non pas potentiellement dangereux…

Plusieurs agents, d’abord séparément, permirent le développement d’une approche plus cérébrale du travail de la police : Pat Mullany, Robert Ressler, Dick Ault, John Douglas, Roy Hazelwood et, évidemment, Howard Teten. Ils poursuivirent leur propre programme, de manière informelle et discrète, durant les dernières années de l’administration Hoover. J. Edgar Hoover, directeur du FBI, était un despote féru de discipline qui demandait à ces hommes de se modeler sur les « G-Men » (« Government Men« ) que l’on voyait dans les films hollywoodiens : ils devaient traquer les ennemis publics plutôt que rester derrière un bureau « à ne rien faire ». Les agents ambitieux qui voulaient faire bonne impression écrivaient une lettre mielleuse à Hoover dans l’espoir de recevoir une photo dédicacée du Directeur, à afficher dans leur bureau. Mais même ces agents étaient encouragés à sortir de leur bureau pour attraper leur quota de criminels dans tout le pays, comme s’ils étaient des commerciaux obligés de « faire du chiffre ».

Inévitablement, les agents les plus motivés étaient frustrés par cette mentalité et initièrent leurs propres études officieuses des comportements criminels. L’agent spécial John Douglas, ancien joueur de football à l’université et vétéran dans l’US Air Force, négociateur de prise d’otage, avait pris pour habitude d’engager la conversation avec les criminels qu’il venait d’arrêter, alors qu’ils étaient assis dans le véhicule de police. Lors de ces discussions informelles, Douglas avait appris que les criminels « habituels » choisissent invariablement leur manière de vivre simplement parce qu’elle satisfait un besoin.
Un joueur professionnel lui avoua qu’il trouverait toujours quelque chose sur quoi parier, même si ce n’était que : « Laquelle de ces 2 gouttes d’eau sur le pare-brise parviendra en bas la première ? Vous ne pouvez pas nous arrêter. Peut importe ce que vous faites. C’est ce que nous sommes« .
C’est cette déclaration qui conduisit John Douglas à devenir le premier « profiler à plein temps » du FBI.

Voleurs de banque et preneurs d’otages

Les voleurs de banque furent une source de matériel particulièrement riche. Après avoir interrogé nombre d’entre eux durant des mois, Douglas commença à identifier un ensemble de comportements communs, puis fut capable de créer des stratégies actives et prédictives, pour les arrêter pendant l’acte.
Il apprit par exemple que les voleurs de banque étaient souvent très consciencieux dans l’élaboration de leur cambriolage, surveillant la banque visée durant des semaines, notant les habitudes des employés, évaluant les risques pris… Les banques, de leur côté, étaient rarement aussi consciencieuses : elles étaient même parfois incroyablement laxistes dans leur sécurité. Elles oubliaient de changer le film de leur caméra de surveillance ou négligeaient de ré-enclancher l’alarme silencieuse lorsqu’un employé l’éteignait accidentellement… Après un cambriolage, la majorité des banques retournaient à leurs affaires comme si rien ne s’était passé et sans changer leurs habitudes ! Elles n’avaient rien appris, alors que les cambrioleurs affinaient leur technique à chaque fois.
Douglas permit notamment d’améliorer la sécurité des dirigeants des banques : le directeur devait allumer la lumière ou mettre un objet devant sa fenêtre tous les matins et si un employé ne voyait pas ce signal, c’est que quelque chose n’allait pas et il devait appeler la police. On apprit également aux employés à noter les numéros d’immatriculations des clients qui venaient simplement pour demander de la monnaie ou qui restaient là, à observer les allées et venues…
Avec ces simples précautions, le nombre de cambriolages baissa de manière spectaculaire.

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Aux J.O. de Munich

Dans les années 1970, les négociations de prise d’otage offrirent également aux futurs profilers du FBI certains de leurs entraînements les plus instructifs.
Après le massacre des Jeux Olympiques de Munich en 1972, il y eut plusieurs détournements d’avions en Europe et au Moyen-Orient par des terroristes qui réussirent ensuite à s’enfuir. Ce genre d’exploits donnait à tout cambrioleur armé, terroriste ou extrémiste politique l’idée qu’il pouvait prendre des otages et, si le plan tournait mal, qu’il pourrait malgré tout s’en sortir.
À cette époque, les autorités n’avaient aucune marche à suivre pour gérer ce genre de situation et ne connaissaient aucune technique pour établir un rapport avec ces individus, qu’elles voyaient uniquement comme des hommes désespérés et imprévisibles. Sans entraînement adéquat, le moindre vol dans une épicerie ou cambriolage de banque pouvait se transformer en cirque médiatique et finir en bain de sang.
Les autorités devaient concevoir une stratégie officielle pour résoudre ce genre de situation. Dans leurs cours de criminologie, les jeunes stagiaires du FBI ne faisaient qu’écouter des enregistrements inspirés par de vraies prises d’otages et débattre de la manière dont ils réagiraient. Leurs enseignants leur demandaient d’imaginer ce qu’ils feraient face à un pédophile ou un assassin qui prendrait des otages… ce que ce type d’agresseur fait très rarement. Il fallut même attendre les années 1980 pour que les stagiaires puissent jouer le rôle du preneur d’otages afin d’apprécier son point de vue.
Les agents qui se penchèrent sur la question comprirent rapidement que, dans ce genre de situation, il fallait avant tout chercher à connaître les demandes du preneur d’otages, lui proposer un moyen de s’en sortir avec l’assurance qu’il serait bien traité s’il se calmait et libérait ses otages. Le preneur d’otages ne devait parler qu’à un seul et même négociateur, qui ne devait pas se moquer de lui ni l’infantiliser. L’essentiel était de faire baisser la tension.
L’agent Patrick Mullany, qui travailla avec Howard Teten, permit de résoudre dans le calme une prise d’otages où un jeune homme noir souffrant de schizophrénie, Correy Moore, menaçait de son arme un officier de police et sa secrétaire, dans un commissariat de l’Ohio. Sa demande ? Il voulait que tous les hommes blancs quittent la planète… Les médias et la télévision entourèrent le bâtiment et la prise d’otage fit l’ouverture du journal de 13h. Le Président Jimmy Carter proposa alors de parler directement avec Moore. Mullany refusa : il avait compris qu’il ne faut jamais laisser la possibilité à un preneur d’otages d’avoir un accès direct à une personne qui prend réellement des décisions. Dans une telle situation, cette personne pourrait avoir à répondre « Non », ce qui ne laisserait d’autre choix au preneur d’otages… que de se mettre à tirer. Mullany continua à parler au jeune Moore, l’amadouant heure après heure, lui assurant qu’il voulait lui aussi trouver une solution… mais n’était qu’un petit maillon dans une chaîne de commandement. Finalement, Mullany promit à Moore qu’il lui offrirait une conférence de presse pendant laquelle il pourrait exprimer ses vues. Moore accepta… et relâcha ses otages.

 

L’Unité des Sciences du Comportement

En 1972, l’unité des Sciences du Comportement à Quantico fut créée lorsque Howard Teten joignit officiellement la petite équipe (Robert Ressler, Dick Ault, John Douglas, Roy Hazelwood) de Patrick Mullany, alors instructeur au FBI.

Teten et Mullany mirent en place une méthode en vue d’analyser les criminels impliqués dans des affaires non résolues. L’idée était d’observer les manifestations comportementales sur une scène de crime, à la recherche d’un désordre mental ou d’un trait de personnalité, dans le but d’aider les policiers dans leur raisonnement et leurs déductions.
Leurs idées sur le « profiling » furent rapidement testées lorsqu’une fille de 7 ans fut enlevée dans un campement des Rocky Mountains (Montana) en juin 1973. La petite fille, Susan Jaeger, dormait dans sa tente, au beau milieu de la nuit, lorsqu’un homme s’était saisi d’elle. Il l’avait fait taire pour qu’elle ne puisse pas prévenir ses parents, qui dormaient juste à côté. Malgré des recherches intensives, Susan n’avait pas été retrouvée.
Un an plus tard, Teten, Mullany et Ressler employèrent leur technique d’analyse criminelle pour trouver l’agresseur. Selon leur profil, l’homme était jeune et blanc. C’était un voyeur avec des pulsions très brutales, un agresseur sexuel qui mutilait ses victimes après les avoirs assassinés, et qui prenait parfois des morceaux de leurs corps comme souvenir.

David Meirhofer

David Meirhofer

Ce profil mena à l’arrestation de David Meirhofer, un jeune homme célibataire de 23 ans habitant dans la région, qui était déjà suspecté d’un autre meurtre. La fouille de sa maison permit de découvrir des morceaux de corps ayant appartenu à Susan et à une jeune femme disparue quelques mois plus tôt. Il avait également assassiné deux jeunes garçons en 1967 et 1968.
Meirhofer fut le premier tueur arrêté grâce à l’aide de la nouvelle technique du FBI. Dix ans plus tard, cette technique devint un outil plus sophistiqué et systématique que l’on renomma « Criminal Investigative Analysis Program » (CIAP : Programme d’Analyse des Enquêtes Criminelles).

 

Robert Keppel

Robert Keppel

Robert Keppel

En 1974, le détective Robert Keppel utilisa de nouvelles méthodes de profiling psychologique, dans le but d’appréhender un tueur en série qui sévissait dans l’état du Washington (Ted Bundy). Dix ans plus tard, il allait recommencer, cette fois pour identifier le tueur de la Green River (Gary Ridgway).
Il créa une sorte de base de données puis utilisa l’un des premiers ordinateurs afin de classer toutes les informations reçues durant les enquêtes et faire ressortir les points intéressants. L’ordinateur permit de savoir combien de fois le nom d’une personne précise apparaissait parmi toutes les renseignements, les notes, les informations, les indices et les enquêtes : il lista 25 personnes d’intérêt… dont Ted Bundy.
Keppel passa ensuite un doctorat en criminologie et avança la théorie novatrice selon laquelle les tueurs en série laissent derrière eux une « signature », une « carte de visite psychologique ».

Keppel combina son expérience du terrain avec les connaissances du psychologue criminologiste Richard Walter.
Ce dernier, en tant que psychologue en établissements pénitenciers, avait interrogé plus de 2000 assassins, agresseurs sexuels et tueurs en série. Il avait réalisé qu’il existe des points communs entre les criminels et était parvenu à catégoriser les meurtres et les crimes sexuels en quatre groupes distincts :
– Le pouvoir pour s’affirmer (« compensant »)
– Le pouvoir pour se réconforter (« exploitant »)
– La colère de revanche (« punisseur »)
– La colère d’excitation (« sadique »)

Walter fut le premier à développer une matrice utilisant le comportement d’un suspect avant le crime, pendant le crime et après le crime, utilisable comme outil d’enquête. Il co-fonda également la « société Vidocq », une association de professionnels de la psychologie criminelle, qui aide les polices du monde entier à résoudre de vieilles affaires.

Ensemble, Keppel et Walter créèrent la base de données « HITS », qui listait les caractéristiques d’un crime violent, afin que les points communs avec d’éventuels autres crimes puissent être plus facilement remarqués. Le FBI allait reprendre cette idée pour développer le VICAP.
Keppel et Walter publièrent également l’un des principaux articles sur le profiling : « Profiler les assassins : Un modèle de classification révisé pour comprendre le meurtre sexuel ».

 

Entrevues privées…

Douglas et Ressler

Douglas et Ressler

En 1978, les agents John Douglas et Robert Ressler, après des années de routine quotidienne et d’enseignement à partir de sources de seconde main, réalisèrent qu’ils étaient parvenus dans une impasse.
Pour connaître ce qui se trouvait dans la tête des tueurs, il fallait observer ce qu’ils avaient fait à leurs victimes. Mais un autre moyen existait, sans doute meilleur : leur parler, face à face, de préférence en prison, alors que tous leurs appels avaient été rejetés et qu’ils n’avaient plus de raison de retenir des informations ou de mentir. C’était l’une de ces idées qui paraissent si simples et évidentes que l’on se demande pourquoi personne n’y avait pensé avant…
Les deux agents commencèrent alors ce qui allait devenir la première de plusieurs études sérieuses menées à l’intérieur même de l’esprit des criminels en série. Douglas, Ressler et leurs collègues sortir le profiling criminel des classes de cours et le confrontèrent à la réalité.

Douglas comptait sur le fait que la majorité des criminels n’aime rien plus que de parler d’eux-mêmes, et cherche à obtenir la reconnaissance qu’ils imaginent que leurs crimes devraient leur apporter. Du matin au soir, chaque jour qu’ils passent en prison, ces hommes n’ont rien d’autre à faire que de penser à eux-mêmes, se vanter de la manière dont ils ont pu berner les autorités et maudirent les erreurs qu’ils ont pu faire et qui ont éventuellement mené à leur capture.
Douglas et Ressler s’attendaient à ce que quelques individus ressentent réellement du remords et profitent de leur visite pour se libérer du poids qui les assaillait… mais la majorité allait coopérer parce qu’ils ne voulaient pas laisser passer la chance de partager leurs fantasmes avec ceux qui, croyaient-ils, « appréciaient leur art ».
Bien entendu, il existait un risque de n’obtenir que des mensonges, en se reposant sur les paroles des criminels, qui ont pour habitude de présenter les choses en leur faveur… Mais tant que leurs histoires étaient vérifiées de manière objective et indépendante, et que les « sujets » étaient interrogés en prison, sans risque et sans frais pour l’état, il y avait tout à apprendre et rien à perdre.
Se méfiant des réactions des dirigeants du FBI, Douglas et Ressler décidèrent de conduire leurs entrevues de manière informelle, sans approbation officielle. Dès qu’ils avaient quelques heures devant eux, durant les week-end ou le soir, ils contactaient la prison locale et demandaient qui y était emprisonné. Ils pensaient avec raison que la meilleure approche était d’arriver au pénitencier sans être annoncés, même s’ils prenaient ainsi le risque que le prisonnier refuse de les rencontrer. Le criminel n’avait pas le temps de réfléchir ni d’appeler son avocat. Le but était de pousser ces hommes à s’ouvrir comme ils n’avaient jamais eu la possibilité de le faire auparavant, même aux policiers, au psy ou à l’avocat à qui ils avaient admis leurs crimes. Seul le directeur du pénitencier était prévenu.

 

Face à face

La première entrevue que réalisèrent Douglas et Ressler eut lieu dans l’hôpital psychiatrique-prison de Vacaville, en Californie.
Ils durent laisser leur arme de service à l’entrée, pour des raisons de sécurité, eux qui, d’habitude, mangeaient et dormaient avec leur Smith & Wesson… Ils durent également signer un document absolvant l’établissement de toute responsabilité au cas où ils seraient pris en otage (Aux Etats-Unis, aucun état ne négocie avec des prisonniers, même pour sauver la vie de policiers).
Les agents rencontrèrent donc le premier « interviewé » de leur liste, le tueur en série Edmund Kemper, un géant au physique imposant mais d’une amabilité désarmante. Même Douglas, un athlète lui-même de grande taille, admit qu’il avait été intimidé par le tueur.
Douglas et Ressler avaient étudié le dossier et l’histoire personnelle de Kemper. En fait, ils discutaient même de ses crimes lors de leurs cours à l’Académie de Quantico, mais ils ne l’avaient jamais vu d’aussi près.
Leur surprise initiale face au physique du géant passa rapidement : Ed Kemper se montra affable et leur parla sincèrement de ses crimes. Il avait un QI qui dépassait les 145 et désirait connaître les études que le FBI conduisait sur les criminels. Il fit preuve d’un esprit analytique très vif en catégorisant ses propres désordres mentaux, renforçant l’idée de Douglas et Ressler selon laquelle les meilleurs experts de l’esprit criminel… se trouvent derrière les barreaux.
Toutefois, Ed Kemper ne montra aucun remords. Le seul sujet qui parvint à le faire vaciller fut l’énonciation des abus que sa mère lui avait fait subir.

Il était difficile pour les agents de garder à l’esprit que cet homme sympathique et souriant, à l’air inoffensif, avait assassiné ses grands-parents dès l’âge de 14 ans, puis 6 étudiantes, en terminant par sa mère et une amie de celle-ci. Les autorités pénitentiaires le considéraient toujours comme un individu extrêmement dangereux.

Les agents ne réalisèrent la dangerosité de Kemper que lorsque le gardien mit plus de temps que prévu pour ramener Kemper dans sa cellule. Alors qu’ils attendaient, à la fin de leur entrevue, Kemper leur rappela qu’ils n’étaient pas armés et que, s’il le voulait, il pourrait leur arracher la tête et jeter leurs corps sur la table, avant même que le gardien n’arrive. De toute façon, il était emprisonné à perpétuité et il gagnerait sûrement un énorme prestige face aux autres détenus s’il tuait deux agents du FBI de ses simples mains. Douglas et Ressler tentèrent de lui faire croire qu’ils portaient sur eux une arme dissimulée mais Ed Kemper les regarda avec un petit sourire. Le gardien arriva enfin et ouvrit la porte. Kemper se leva alors et, avec un clin d’œil, il assura que tout cela n’était qu’une plaisanterie…
Après cet incident, les deux agents prirent pour habitude de ne jamais interroger seul un criminel et de toujours requérir la présence d’au moins un gardien avec eux, dans la pièce.

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Responsables et coupables

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Berkowitz

Durant les mois qui suivirent, l’équipe parvint à interroger une demi-douzaine de tueurs en série, et notamment David Berkowitz (le « Fils de Sam » qui avait abattu plusieurs couples dans leurs voitures, à New York) et Jerome Brudos (son fétichisme des pieds l’avait poussé à tuer 4 femmes et à couper leurs pieds, qu’il gardait dans un réfrigérateur).
De Berkowitz, les agents apprirent que le meurtre en série est très souvent la dernière étape d’un long crescendo qui commence avec l’exercice de la violence sur des êtres vivants familiers (la cruauté aux animaux) et passe parfois par l’incendie criminel, qui – étrangement – est alors l’expression extrême d’une frustration sexuelle. Pour beaucoup de pyromane, le feu est un fétiche, quelque chose qui leur procure une excitation sexuelle et une satisfaction. David Berkowitz admit qu’après avoir allumé un feu, il se glissait dans la foule qui regardait et se caressait pour parvenir à l’orgasme. Avant de commencer à tuer, il avait allumé plus de 2000 feux à Brooklyn et dans le Queens, qu’il avait tous décrit de manière extrêmement détaillée dans des journaux intimes.

Après cette entrevue, Douglas demanda aux polices de tout l’état d’informer leur photographe de scène de crime de prendre des clichés des curieux qui s’attroupaient lors d’un incendie. S’ils voyaient un homme avec un air envoûté et les mains dans les poches, ils devraient lui poser quelques questions…
Les agents interrogèrent également des tueurs en devenir, des violeurs en série, des assassins, des arnaqueurs professionnels…
Ils découvrirent que ces criminels avaient souvent une enfance malheureuse. Ils avaient quasiment tous été abusés ou négligés. Berkowitz, par exemple, était un enfant illégitime. Ses parents adoptifs lui avaient assuré que sa mère était morte en couche et il avait grandi en s’accusant de sa mort. À l’âge adulte, il avait découvert qu’elle était encore en vie et lui avait rendu visite. Mais elle ne voulu rien savoir de lui et le rejeta, ce qui le blessa profondément. Ce traumatisme fut pour David Berkowitz le début de la fin…
Mais comme Douglas et Ressler le remarquèrent, bien d’autres gens ont souffert de manière similaire et sont parvenus à faire face sans tuer qui que ce soit. Une enfance, même affreuse, n’est pas une excuse pour infliger des horreurs aux autres.
« Nous pouvons discuter du fait que nous soyons ou pas responsable de ce que nous sommes, mais dans l’immense majorité des cas, nous sommes tout à fait responsable de ce que nous faisons » (John Douglas)

Des résultats concluants

Cette première série d’entrevues informelles provoqua suffisamment d’intérêt pour qu’une seconde étude, plus large et plus scientifique, soit commandée et financée par l’Institut National de Justice, en se concentrant uniquement sur 36 agresseurs sexuels violents. Cette étude originale fut supervisée par le Docteur Ann Burgess, professeur en psychiatrie à l’université de Pennsylvanie, qui aida à compiler le questionnaire de 57 pages que les agents devaient remplir après chaque entrevue.
Les points théoriques relevés par cette étude seraient discutés durant des années, mais ces applications pratiques furent évidentes et purent être mises en place presque immédiatement. Des catégories purent être établies (Agresseur organisé / désorganisé). On put mieux comprendre comment une scène de crime pouvait être « mise en scène » et l’on découvrit ce que l’on peut apprendre de la localisation et la condition de la victime… Toutes ces découvertes permirent de façonner les processus et les procédures qui allaient déterminer le développement du profiling.

 

Le développement du profiling en dehors des Etats-Unis

A partir des années 1980, l’utilisation du profiling moderne se répandit en dehors des États-Unis, avec ou sans rapport avec le FBI. Des psychologues, criminologues et/ou policiers mirent au point diverses techniques, inspirées par le profiling criminel.

David Canter

En juin 1986, la police du sud de l’Angleterre cherchait en vain le « Violeur/Tueur des chemins de fer », qui avait agressé plus de 18 femmes entre 1982 et 1985, puis avait violé et assassiné 3 jeunes femmes entre décembre 1985 et mai 1986. Elle contacta alors un professeur en psychologie appliquée de l’Université du Surrey, le Dr. David Canter, pour qu’il dresse le profil psychologique de ce criminel. Canter était un expert en Sciences du comportement, mais n’avait jamais travaillé avec la police.
Il demanda à lire tous les rapports de la police et des médecins légistes, toutes les déclarations des victimes survivantes. Il étudia également une carte pointant les lieux où avaient eu lieu les attaques, dans le but de trouver où habitait le tueur/violeur. (À l’époque, David Canter s’intéressait plus particulièrement au profiling géographique, et cette affaire le conduisit à mettre en place une méthode baptisée « Investigative Psychology » (psychologie dédiée à l’enquête), dans laquelle il est devenu un expert reconnu).

duffy

John Duffy

En deux semaines, le professeur Canter produisit un rapport au sein duquel il offrait à la police 17 indications sur le caractère, le comportement et la possible localisation du violeur-tueur. L’image du profiling, qui était alors considéré comme de la science-fiction par nombre de policiers, se modifia brusquement lorsque les enquêteurs appréhendèrent le coupable, un certain John Duffy : il s’avéra que 13 des 17 « prédictions » du Dr. Canter étaient exactes.

Le profil psychologique du Docteur Canter :

1. Le tueur vit dans la banlieue de Londres, à Kilburn ou Cricklewood
(Duffy vivait à Kilburn)

2. Le tueur est marié mais n’a pas d’enfant
(Duffy était marié mais, étant stérile, il n’avait pas eu d’enfant)

3. Son mariage se passe mal, le couple a des problèmes
(Duffy était séparé de son épouse)

4. Le tueur est un solitaire qui a peu d’amis
(Duffy n’avait que 2 amis proches)

5. Le tueur est un homme de petite taille, qui se sent laid et peu attirant
(Duffy mesurait 1,65m et avait des cicatrices d’acné)

6. Le tueur s’intéresse aux Arts Martiaux ou au Bodybuilding
(Duffy passait le plus clair de son temps dans un club d’Arts Martiaux)

7. Le tueur ressent le besoin de dominer les femmes en toutes circonstances et d’humilier la sienne
(Duffy était un tyran violent qui avait agressé sa femme)

8. Le tueur fantasme beaucoup sur le viol et le « bondage »
(Duffy aimait attacher son ex-épouse durant l’acte sexuel et l’avait déjà violée)

9. Le tueur est fasciné par les armes, particulièrement les couteaux et les épées
(Duffy collectionnait des couteaux et des épées chez lui)

10. Le tueur alimente ses fantasmes de viols par le biais de vidéos et de magazines
(Duffy collectionnait également les vidéos pornographiques et les films d’Arts Martiaux)

11. Le tueur garde un souvenir de chacun de ses crimes
(Duffy possédait 33 clés de portes d’entrée, qu’il avait prises à chacune de ses victimes)

12. Le tueur a un emploi manuel, peu diplômé, tel que plombier, charpentier ou similaire
(Duffy travaillait comme charpentier pour les chemins de fer britannique)

13. Le tueur a entre 20 et 30 ans
(Duffy avait été un violeur durant 4 ans avant de commencer à tuer et d’être arrêté, à 28 ans)

Lorsque la police entra ses indications dans sa base de données de 2000 suspects, un seul nom fut mis en évidence : celui de John Duffy, qui fut arrêté le 23 novembre 1986.

 

Kim Rossmo

Kim Rossmo

Kim Rossmo

Rossmo, ancien policier à Vancouver et docteur en criminologie, est surtout connu pour son travail dans le développement du profiling géographique au milieu des années 1990.
Cette méthode d’enquête analyse les endroits où a été commis une série de crime afin de déterminer l’endroit le plus probable où réside le criminel. Cette technique, utilisée principalement dans les affaires de meurtres et de viols en série (mais aussi d’incendies criminels, d’attentats à la bombe ou de cambriolages), aide les enquêteurs à classer par ordre de priorité les informations qui s’accumulent dans des enquêtes qui, souvent, impliquent des centaines ou des milliers de suspects et d’indices.
Les méthodes d’analyse spatiale ont été formalisées par les recherches de l’école de criminologie de l’Université Fraser, au Canada, en 1989.

La police de Vancouver a été la première à créer une « capacité » (équivalent d’un diplôme) en profiling géographique, mais la technique est à présent utilisée par nombre de polices américaines, canadiennes, britanniques et européennes.
Des logiciels spécifiques ont même été créés pour se coupler à des bases de données d’indices et de personnes : Rigel (créé par Rossmo) et CrimeStat, entre autres

 

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