planete serial killers

Planète Serial Killers

« Du Salvador à la Chine, de d’Inde au Maroc, un voyage terrifiant sur les traces des tueurs en série les plus méconnus.
Les récentes avancées de la police scientifique ont permis d’identifier dans le monde entier un nombre impressionnant de serial killers.
L’idée est communément admise : les tueurs en série seraient les rejetons dégénérés de nos sociétés industrielles occidentales, et le phénomène ne serait pas universel.
Loetitia Nathan nous prouve le contraire en nous emmenant à la rencontre des plus sanguinaires prédateurs en série des cinq continents.
Alioune Sarr, le mendiant mauritanien tueur de femmes, Thomas Quick, le premier tueur en série suédois, Mohammad Bijeh, le Vampire du Désert de Téhéran, Tsutomu Miyazaki, l’otaku japonais pédophile et cannibale, Raul Reyes, le sadique mexicain… autant d’assassins que les plus modernes techniques d’investigation ont permis de neutraliser.
Ces dizaines d’affaires réunies pour la première fois apportent un éclairage singulier sur les serial killers loin des préjugés fréquents sur ces criminels ».

Planète serial killers nous présente à travers de courts portraits une ribambelle de tueurs inconnus du « grand public » (et peu connus des amateurs).

Ce livre permet au « plus grand nombre » de réaliser que les tueurs en série ne sont un phénomène ni exclusivement américain ni strictement moderne, et qu’il en existe dans tous les pays, à toutes les époques, même dans des contrées réputées « sûres » ou « reculées ». Ils nous fait découvrir des tueurs inconnus dont les autorités de certains pays auraient aimé qu’ils le restent…
Les tueurs et tueuses en série se moquent de la politique, de la religion, de la société, des mœurs, qui les entourent : seul leur importe le plaisir de tuer.

Certains vont sans doute reprocher à ce livre une description trop crue des crimes, mais je trouve cela -au contraire- plutôt « efficace » : les tueurs en série sont de sales types/femmes et leurs crimes n’ont rien à voir avec ce que l’on voit dans les séries télévisées. C’est sale, c’est brutal, c’est abominable et ça fait faire des cauchemars. C’est simplement la réalité. Il est toujours salutaire de le rappeler.

Analyste à la direction centrale de la police judiciaire (D.C.P.J.), Lœtitia Nathan est une spécialiste des crimes en série.
Elle a accepté de répondre à quelques questions concernant son livre. Je l’en remercie.

 

En quoi consiste votre métier, autant que vous puissiez nous en dire ?

Je suis dans la Police depuis 13 ans et depuis bientôt 4 ans, je suis affectée dans un service spécialisé de la DCPJ où je suis analyste criminelle. Nous travaillons sur la sérialité criminelle.

Rien à voir avec votre livre, mais (comme je sais que cela intéresse certain(e)s de mes lecteurs/lectrices) pourquoi êtes-vous entré dans la police ? Et quel a été votre parcours pour parvenir à la DCPJ ?

Concernant mon parcours professionnel, j’ai d’abord fait du terrain (de la police secours) de jour et de nuit, puis j’ai été affectée dans un service judiciaire de nuit avant d’être intégrée dans mon service actuel. Il n’existait pas lors de mon entrée dans la Police mais j’avais bon espoir qu’il s’en créerait un, un jour, vu que ça existait déjà dans plusieurs pays et c’est ce que je voulais faire.

Pourquoi vous être intéressé au phénomène des tueurs en série ? Uniquement par le biais de votre métier ou aviez-vous un questionnement plus personnel ?

En fait, je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis intéressée spécifiquement aux tueurs en série mais cela date de mon adolescence. J’ai toujours beaucoup lu de livres contant des histoires vraies, puis j’ai fait des études de droit et suivi la formation du certificat en sciences criminelles et mon attention a été attirée sur ce phénomène. Je me suis demandée « pourquoi ou comment devient-on tueur en série » car je me disais que si nous avions une réponse à cette question, peut être pourrions nous éviter que ces gens ne passent à l’acte et donc protéger des futures victimes.
C’est pour cela que j’ai voulu entrer dans la Police car pour moi, c’était le meilleur moyen d’aider des victimes (en général, car les victimes de tueurs en série sont, heureusement, rares) et peut être trouver une réponse.
Mon parcours ne m’a malheureusement pas permis de trouver de réponse valable. Ce que j’ai pu tirer de mes études, recherches et expériences, c’est qu’apparemment, il n’est pas de frontières, de niveau social, ni de prédestination à devenir un tueur en série. Mais le « pourquoi » reste et restera, je pense, une grande énigme à laquelle, j’en suis persuadée, la plupart des tueurs en série n’ont eux-mêmes pas de réponse. On nous parle souvent de passé malheureux, de maltraitance et d’abus, mais une grande majorité de personnes vit cela sans jamais passer à l’acte et, inversement, il existe des tueurs en série qui n’ont jamais connu de telles épreuves.

Vous ne donnez pas beaucoup d’indices sur le « pourquoi » des crimes des tueurs que vous décrivez (alors que, je l’avoue, c’est ce qui m’intéresse le plus dans ce genre de portrait) Est-ce parce que les informations étaient difficiles à obtenir (surtout dans certains pays) ?

Et bien cela rejoint ma réponse précédente, puisque ce n’est pas le manque d’informations qui ne m’a pas permis de répondre à cette question. C’est que bien souvent, les tueurs n’ont pas exprimé de raisons à leur geste et que la médecine ou le passé douloureux n’apportent pas toujours de « justifications » à ces crimes.

Par quel biais avez-vous justement obtenu ses informations ? Avez-vous pu échanger des infos avec des « collègues » de ces pays ou les portes étaient-elles closes ? Avez-vous pu discuter avec les familles des victimes ou celles des tueurs ?
(je vous pose la question en me doutant un peu de vos réponses : vous déplacer dans certains pays, obtenir rapidement des infos de certaines personnes et « discuter » sans parler la langue est quasi impossible)

Concernant l’obtention des informations, je n’ai pas eu recours à ma fonction et donc pas de contacts avec des collègues étrangers ayant travaillé sur ces dossiers. C’est toujours très délicat et comme vous le dites, la barrière de la langue dans certains cas ne me l’aurait pas permise de toute façon.
Disons que depuis plusieurs années, je récupère toutes sortes de documents sur le sujet et j’ai des connaissances dans certains de ces pays qui m’ont permises d’en obtenir des supplémentaires, particulièrement de la Presse.
J’aurais bien voulu entrer en contact avec les familles de victimes ou même de tueurs pour fournir des informations le plus exactes possible mais ce n’est pas facile.
Alors oui, il y a quelques incertitudes et sûrement quelques erreurs dans ce livre puisque les informations ne sont pas toujours vérifiables à la base, mais ces histoires ne sont que la partie immergée de l’iceberg, il en existe des milliers d’autres.
Mon objectif était avant tout de montrer que ce phénomène de tueur en série n’est pas qu’une création des pays industrialisés, que le tueur en série n’est pas toujours un homme blanc américain de 30 ans au QI sur-développé.
Finalement n’est ce pas tout simplement dans la nature de l’Homme donc partout où il y a des hommes … ? D’ailleurs peut être que la réponse tient tout simplement sa place dans la citation de Thomas Hobbes « l’homme est un loup pour l’homme ». C’est vrai, c’est inquiétant mais il n’y a qu’à allumer les informations chaque jour pour voir que ça se vérifie.

Un grand merci à Pierre Fourniaud, des Editions « La manufacture de livres », et à Lœtitia Nathan, pour leur disponibilité et leur réactivité.

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