Patricia Dagorn

Procès de « l’empoisonneuse de la Riviera » à Nice

Patricia Dagorn, 57 ans, comparaît lundi matin devant les assises des Alpes-Maritimes. Elle va devoir s’expliquer sur l’empoisonnement de quatre de ses anciens compagnons. Deux sont morts.

Par petites annonces ou dans la rue, Patrica Dagorn ciblait les hommes âgés, esseulés, de préférence prénommés Robert, comme son père. Puis la séduisante quinquagénaire s’invitait dans leurs vies, simulait le grand amour sous le ciel bleu de la Côte d’Azur. Elle leur cuisinait de bons petits plats… assaisonnés au Valium.

Abus de faiblesse.
Tous ses anciens compagnons racontent la même histoire : la santé qui décline subitement, la confusion qui s’installe, des pertes de connaissance… Profitant de leur faiblesse, Patricia Dagorn leur faisait alors signer des chèques, de faramineuses reconnaissances de dettes, et même des testaments en sa faveur. Certains ont mis fin à la relation juste à temps, mais deux hommes sont morts.

« Elle nous incitait à tricher à l’école ».
Patricia Dagorn comparait lundi matin devant les assises des Alpes-Maritimes. Le récit de son fils, Guilhem, 26 ans, ne devrait pas plaider en sa faveur. Il se souvient d’un week-end en sa compagnie à Cannes en 2011. « Elle ne voulait pas payer l’hôtel, elle me montrait tous les bateaux de luxe pour me faire croire qu’elle vivait avec plein d’argent. Elle me disait ‘ne t’inquiète pas, ce n’est pas quelqu’un avec qui je partage ma vie. C’est quelqu’un de qui je suis proche seulement pour son argent' », rapporte-t-il au micro d’Europe 1. Enfant, le fils ne se rendait pas compte de ce goût prononcé pour l’escroquerie. « Elle nous incitait souvent à tricher à l’école, à voler chez nos amis. Pour moi, ce sont des preuves qui montrent son obsession », atteste-t-il aujourd’hui.

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Deux des victimes de Patricia Dagorn ont témoigné à la barre, affirmant notamment avoir été drogués.

« Trente secondes après le café, j’étais dans les vapes » : au deuxième jour du procès de Patricia Dagorn à Nice, deux victimes ont décrit mardi les stratagèmes de la « Veuve noire » accusée d’avoir empoisonné sur la Côte d’Azur plusieurs hommes âgés, dont deux sont morts, pour les escroquer.

Divorcé de longue date, Ange Pisciotta, un Niçois de 82 ans, avait rencontré Patricia Dagorn en 2011 après avoir passé une petite annonce via une agence matrimoniale. Deux jours plus tard, « après le repas, elle m’a dit : et si on prenait un café ? », se souvient à la barre l’électricien à la retraite : « Elle me l’a apporté, et même pas 30 secondes après, j’étais dans les vapes ».

Le lendemain, il se réveille à 11 heures, marche « en titubant » et constate que l’ordinateur acheté pour son fils a disparu, et Patricia avec. L’accusée, qui nie tous les faits pour lesquels elle comparaît devant les assises des Alpes-Maritimes, conteste « totalement » ce témoignage. « D’abord, je ne bois pas de café, (…) je ne l’ai jamais empoisonné, il y a un film que s’est fait M. Pisciotta », lance-t-elle, affirmant que l’ordinateur était « un cadeau de Noël ».

Dans la foulée, elle accuse Ange Pisciotta de l’avoir violée sous la menace d’une arme. « Mais elle-même m’avait dit qu’elle était indisposée, comment voulez-vous que je la viole ! », se défend maladroitement l’octogénaire, admettant avoir un simple « pistolet d’alarme ».

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Elle s’explique à chacune des questions et trouve des réponses à tout pour nier les accusations. Parfois jusqu’à la contradiction. Interrogée longuement mercredi, au troisième jour de son procès médiatique devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, Patricia Dagorn ne s’est pas démontée.

La femme de 57 ans, surnommée par la presse « la veuve noire de la Côte d’Azur », est accusée d’avoir empoisonné plusieurs retraités.

Elle a dû notamment s’expliquer sur le décès de Michel Knefel. Ce marginal qu’elle fréquentait et dont elle détenait un testament en sa faveur, était retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Nice en juillet 2011, avec des traces de benzodiazépines (anxiolytiques) dans le sang.

« Je n’en avais pas sur moi », assure l’accusée depuis le box. « Pourtant, à l’époque, vous disiez que vous pensiez qu’il vous avait pris « un flacon de Valium » dans vos affaires », rebondit l’avocate générale Annie Brunet-Fuster.

« C’était en fait du Subutex que j’avais acheté à la sauvette », répond Patricia Dagorn. « Encore une affirmation sortie comme un lapin du chapeau », tance la représentante du parquet.

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