Richard Biegenwald

Nom : Richard F. Biegenwald
Surnom : « The Thrill Killer » (celui qui tue « pour le frisson »).
Né en : 1940, à Charleston, Staten Island (New York) – Etats-Unis
Mort le : 10 mars 2008 au Centre Médical St. Francis de la prison de Trenton

Biegenwald a eu une enfance effroyable et a passé la plus grande partie de sa vie en prison. Il ne savait rien faire d’autre que voler et tuer. Travaillant dans un parc de loisirs, lieu de rassemblement pour les jeunes en quête de sexe et de drogue, il assassina au moins quatre adolescentes brunes (peut être plus) et les enterra dans le jardin de sa mère. Mais il était aussi orgueilleux et vantard, et deux de ses « amis » le dénoncèrent à la police lorsqu’un corps fut découvert dans le parc.

Informations personnelles

Régulièrement battu par son père alcoolique, Richard Biegenwald mit le feu à la maison familiale à l’âge de cinq ans. Il fut placé en observation au Centre Psychiatrique du Comté de Rockland, dans l’état de New York.

Durant le reste de son enfance, il fut ballotté d’hôpitaux psychiatriques en maisons de correction. À huit ans, il avait déjà un problème d’alcool, et était un parieur compulsif. À neuf ans, il subit une thérapie expérimentale à base d’électrochocs à l’hôpital Bellevue de New York.
On l’envoya dans la State Training School for Boys (une maison de correction) de Warwick, dans l’état de New York, où il fut accusé de vol et d’avoir incité ses camarades à s’évader. Lors d’une visite chez ses parents, il vola de l’argent à sa mère.
Enfin, à 11 ans, il tenta de se suicider en s’immolant par le feu.

Biegenwlad réussit à terminer le collège avec plusieurs années de retard, mais ne passa que quelques semaines au lycée. Il partit pour Nashville, dans le Tennessee, où il vola une voiture et fut arrêté par le FBI pour avoir conduit un véhicule volé d’un état à un autre (c’est un crime fédéral). On l’envoya en maison de correction.

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Biegenwald

En peu avant Noël 1958, à 17 ans, quelques mois après avoir été libéré, il vola une autre voiture à Staten Island avec un ami, et ils conduisirent vers le nord jusqu’à la ville de Bayonne, dans le New Jersey. Ils tentèrent de dévaliser une supérette et Biegenwald tua le propriétaire, Stephen Sladowski, père de 4 enfants, parce qu’il ne voulait pas lui donner d’argent. Son ami et lui repartirent vers le sud.
À Salisbury, dans le Maryland, Richard Biegenwald blessa un policier. Un peu plus tard, il tira sur un state trooper (policier des autoroutes) qui tentait de le forcer à arrêter son véhicule pour excès de vitesse. Le trooper parvint à les arrêter.

Reconnu coupable du meurtre de Stephen Sladowski, Biegenwald fut condamné à la prison à vie.
Il demanda à être libéré sur parole en 1973, ce qui lui fut refusé en mars 1974. Il fit une seconde demande en octobre, qui fut approuvée le 12 juin 1975. Un membre du bureau des libérations sur parole estima que «l’état avait dépensé plus de 250 000$ pour garder Biegenwald en prison, alors qu’il n’était ni un roi de l’évasion ni Jack l’Eventreur».

Richard Biegenwald fut libéré sur parole en 1975, après 17 années de prison. Il avait 35 ans.

 

Crimes et châtiment

Une fois sorti, le casier judiciaire de Biegenwald ne lui permit pas de trouver mieux que des « petits boulots » et il vécut chez sa mère (qui était venue lui rendre visite tous les mois en prison).
Au début, il se comporta de manière à ne pas se faire remarquer.

Malgré ses cicatrices au visage, Richard Biegenwlad parvint à séduire la fille des voisins, Diane, une adolescente de 16 ans. Elle venait d’une bonne famille, elle était intelligente, belle… et aurait pu être sa fille.

Le 1er juillet 1977, il quitta la ville sans la permission de son officier de probation, mais il semble personne ne réagit. Le système sembla tout simplement l’oublier…

Il fut néanmoins arrêté à Brooklyn en juin 1980 pour viol, et épousa Diane en prison. La jeune femme violée ne parvint malheureusement pas à le reconnaître lors de la confrontation et les accusations de viol furent abandonnées. Richard Biegenwald fut toutefois emprisonné durant six mois lorsque les autorités réalisèrent qu’il avait violé sa liberté conditionnelle en 1977.

Libéré de prison en février 1981, il trouva un emploi comme homme d’entretien à Asbury Park, dans le New Jersey, et s’installa avec sa jeune épouse.

Beaucoup de jeunes femmes disparurent dans la région entre 1974 et 1983. La police considérait presque toujours qu’elles étaient des fugueuses et ne faisait pas grand-chose pour les retrouver. Elles étaient sans doute parties pour la Californie ou elles avaient été « embarquées » dans un culte démoniaque « à la Charles Manson« …

Asbury Park

Asbury Park

Dans les années 80, Asbury Park n’était plus la station balnéaire qu’elle avait été 100 ans plus tôt, ni le parc d’attractions populaire qu’il avait été dans les années 50-60. C’était toujours un centre d’attraction, mais cette fois pour les jeunes à la recherche de drogue, de sexe et de musique. Beaucoup de jeunes femmes y arrivaient durant l’été… et ne revenaient jamais chez elles.

Richard Biengenwald parla plus d’une fois de ses envies de meurtre à une amie de son épouse, Theresa Smith, qui travaillait avec Diane et vécut avec eux de juin à octobre 1982.
Theresa était impressionnée et fascinée par Biengenwald. Il l’encouragea à «trouver une victime et à la tuer», pour lui prouver qu’elle était «forte» ! Il lui indiqua qu’elle devrait tuer l’une de ses collègues, une certaine Betsy.

Dans la nuit du 27 août 1982, Anna Olesiewicz et son amie, Denise Hunter, 18 ans toutes les deux, firent un tour à Asbury Park. Elles habitaient Camden et étaient venues à Neptune City pour voir l’oncle de Denise. Les deux jeunes femmes s’assirent sur un banc pour écouter la musique provenant d’une boîte de nuit toute proche. Denise laissa Anna seule quelques minutes pour aller aux toilettes.
Lorsqu’elle revint, Anna avait disparu. Denise l’appela et la chercha dans le parc, en vain. Elle se rendit au poste de police le lendemain pour déclarer sa disparition.

La même nuit, Theresa Smith conduisit Betsy sur la côte avec l’intention de la tuer. Mais elle appela Biegenwald quelques heures plus tard : elle ne pouvait se résoudre à tuer sa collègue.
Smith revint à l’appartement qu’elle partageait avec Biegenwald et son épouse.
Au beau milieu de la nuit, Richard Biegenwald l’a réveilla en faisant du bruit. Elle se leva et alla à la cuisine. Par la fenêtre, elle aperçut une jeune femme immobile dans la voiture de Biegenwald. Elle retourna se coucher sans se poser de question.
Le lendemain soir, Richard Biengenwald la conduisit dans le garage pour lui montrer le corps d’une jeune femme brune, la tête enroulée dans un sac plastique, qu’il avait couvert d’un matelas. Biegenwald demanda à Theresa de toucher le corps pour lui dire ce qu’elle ressentait. Il lui expliqua qu’il avait attiré la jeune femme en lui proposant de la marijuana et lui avait tiré dans la tête.
Richard Biengenwald retira une bague en or d’un de doigts de sa victime et l’offrit à Theresa Smith. Quelques semaines plus tard, Theresa Smith, prise de remord, donna la bague à Diane.

Le 14 janvier 1983, deux garçon découvrirent un corps dans un terrain vague situé derrière un fast food à Ocean Township, près d’Asbury Park. Les dents du squelette permirent d’identifier Anna Olesiewicz, disparue 4 mois auparavant. Elle avait été tuée de quatre balles dans la tête. Le corps portrait encore ses vêtements, mais une bague en or lui avait été volée.

Lorsque Theresa Smith entendit parler de la bague dans les journaux, elle alla trouver la police.
A cette époque, Biegenwald avait invité dans son appartement un ancien détenu dénommé Dherran Fitzgerald, avec son épouse et leur bébé. Le 22 janvier, la police perquisitionna l’habitation et découvrit du hashish, des pistolets, une mitrailleuse, des munitions, une matraque, du LSD et une énorme vipère. Les officiers arrêtèrent immédiatement les deux amis.

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La police interrogea Fitzgerald en premier, et il avoua rapidement.
Durant l’interrogatoire, Fitzgerald expliqua avoir aidé Richard Biegenwlad à porter le corps d’Anna Olesiewicz jusqu’au terrain vague, mais aussi à enterrer le corps d’une autre jeune femme dans le jardin boisé de la mère de Biegenwald, à Staten Island.
Alors qu’il enterrait le corps, il avait découvert les restes de deux autres cadavres. Ces deux jeunes femmes, brunes aux cheveux longs, avaient disparu de Point Pleasant, à quelques kilomètres d’Asbury Park. Elles avaient toutes les deux été démembrées. Biegenwald lui avait expliqué qu’il les avait tuées « pour des questions de business ».

En fait, Maria Ciallella, 17 ans, disparue dans la soirée du 31 octobre 1981, était sortie cette nuit-là pour fêter Halloween. Cette jeune sportive avait dit à son père qu’elle rentrerait à minuit au plus tard. Des témoins affirmèrent l’avoir aperçu vers cette heure, marchant sur la route 88 en direction de son domicile.
La tombe peu profonde contenait le cadavre d’une autre adolescente, Deborah Osborne, 17 ans. Elle avait disparu d’un bar de Point Pleasant, en avril 1982.

les fouilles

Les fouilles chez Sally Biegenwald

Fitzgerald conduisit ensuite les enquêteurs jusqu’aux emplacements où deux corps supplémentaires avaient été enterrés à Neptune City et Tinton Falls, près d’Asbury Park : Betsy Bacon, 17 ans, et William J. Ward, 34 ans, un trafiquant de drogue.
Betsy Bacon, était la fille d’un mafieux (qui offrit 100 000 $ à quiconque tuerait Biegenwald). Elle avait été vue vivante pour la dernière fois le 20 novembre 1982, alors qu’elle allait chercher des cigarettes.
William Ward, ancien détenu et informateur de police, avait été tué de cinq balles dans la tête. Biegenwald l’avait abattu le 21 septembre 1982, à la suite d’une dispute concernant un « contrat » que Fitzgerald devait remplir. Les trois hommes s’étaient battus et Biegenwald avait sorti son Beretta.

Ensuite, Dherran Fitzgerald conduisit les enquêteurs jusqu’au jardin de Sally Biegenwald, et aux corps de Maria Ciallella et Deborah Osborne.

Reconnu coupable de cinq meurtres, Richard Biegenwald fut condamné à mort par injection.

Mais, après deux appels auprès de la Cour Suprême, sa peine fut convertie en prison à vie.

L’un des gardiens avec qui Biegenwlad a lié des liens d’amitié en prison affirme que le tueur lui a dit avoir tué près de 300 femmes à New York, en Pennsylvanie, dans le New Jersey et dans le Maryland.
Richard Biegenwald se vante sûrement, mais il est possible qu’il ait tué plusieurs autres jeunes femmes : elles n’ont jamais été retrouvées parce que la police ne les a jamais cherchées.

Richard Biegenwald est décédé le 10 mars 2008 au Centre Médical St. Francis de la prison de Trenton, d’insuffisance rénale et respiratoire, à l’âge de 67 ans.

 

Victimes

Stephen Sladowski (47 ans)
Tué de plusieurs balles dans la poitrine le 18 décembre 1958, à Bayonne (New Jersey).

 

Anna-OlesiewiczAnna Olesiewicz (18 ans)
Tuée de 4 balles dans la tête
Son corps fut découvert derrière le restaurant d’Asbury Park, le 4 janvier 1983

 

 

Maria CiallellaMaria Ciallella (17 ans)
Tuée de plusieurs balles dans la tête
Son corps était enterré dans le jardin de la mère de Biegenwald

 

 

Deborah-OsborneDeborah Osborne (18 ans)
Tuée de plusieurs balles dans la tête
Son corps était enterré dans le jardin de la mère de Biegenwald

 

 

Betsy Bacon (17 ans)
Tuée d’une balle dans la tête
Son corps était enterré à Tinton Falls (New Jersey)

 

William Ward (34 ans)
Tué de 5 balles dans la tête en septembre 1982
Son corps était enterré à Neptune City

 

 

Mode opératoire

Généralement, Richard Biegenwald proposait à des adolescentes, toujours des brunes aux cheveux longs, de le suivre dans sa voiture pour fumer un joint. Une fois qu’il les avait emmenées dans un coin isolé, il leur tirait dessus.
L’utilisation d’une arme à feu est plutôt rare chez les tueurs en série, qui préfèrent souvent avoir un contact avec leur victime (arme blanche ou leurs propres mains).

Je ne sais pas s’il les a agressées sexuellement.

Finalement, il démembrait les corps et les enterrait.
C’est justement parce qu’Anna Olesiewicz n’a pas été enterrée que Biegenwald a attiré l’attention de la police.

Richard Biegenwald pouvait également tuer les personnes qui le gênaient : William Ward, ancien détenu, savait certaines choses compromettantes au sujet de Biegenwald et celui-ci l’a tué pour le faire taire.

 

Motivations

Peu d’informations pour le moment. Mais Richard Biegenwald a eu une enfance « typique » d’un tueur en série.

biengenwaldIl semble que pour Biegenwald, tuer était une seconde nature. Lorsqu’il désirait quelque chose, il le prenait, et si on voulait l’en empêcher, il tuait. Il considérait les autres êtres humains comme des « éléments » sans valeur, dont il pouvait se débarrasser sans aucun remords. Comme en témoigne son surnom (« Thrill Killer »), il tuait « juste pour le frisson ».

Il était également vantard, orgueilleux et tellement sûr de lui qu’il a montré des cadavres à ses « amis »… qui se sont empressés de le dénoncer dès que l’occasion s’est présentée.

Durant son procès, son avocat a appelé un psychiatre qui a indiqué que Biegenwald souffrait d’un désordre de la personnalité sévère qu’il qualifiait de «personnalité anti-sociale avec des traits paranoïdes».
La psychiatre a expliqué que Richard Biegenwald avait été maltraité durant son enfance et qu’on lui avait diagnostiqué une schizophrénie dès 8 ans (la schizophrénie est très rare chez l’enfant et particulièrement difficile à diagnostiquer). Il avait d’ailleurs été institutionnalisé.

Cependant, un autre psychiatre, qui avait d’abord été chargé par la défense de prouver que Richard Biegenwald était un malade mental irresponsable, témoigna du fait que Biegenwald n’était pas aliéné. «Il lui manquait la capacité émotionnelle, et non mentale, pour conformer son comportement à la loi».

 

Citations

« Seul Dieu sait ce qu’il a fait ou les raisons pour lesquels il l’a fait. Mais il est toujours mon fils et je vais prendre soin de lui et lui rendre visite. Je suppose que ce ce qu’on entend par ‘amour maternel' »la mère de Biegenwald

 

 

Bibliographie

[amazonjs asin= »1626192871″ locale= »FR » title= »The Jersey Shore Thrill Killer: Richard Biegenwald »] Résumé : « L’ancien State trooper O’Rourke raconte les meurtres de Richard Biegenwald comme s’il étudiait une affaire à résoudre. Il fournit un compte rendu complet de l’affaire, des crimes de Biegenwald, tout en présentant ses victimes. »

 

Liens

– Staten Island : le site officiel de cette ville (en anglais)
– Le New Jersey : le site officiel de cet état (en anglais)
– Asbury Park : le site officiel du parc (en anglais)