Robert Berdella

Nom : Robert Andrew Berdella Jr.
Surnom : « The Buthcher of Kansas City », (Le Boucher de Kansas City)
Né en : 1949, à Cuyahoga Falls (Ohio), près de Cleveland – Etats Unis
Mort le : 8 octobre 1992 (d’une crise cardiaque) au Pénitencier d’Etat de Jefferson City, Missouri.

Berdella possédait une petite boutique dans le marché aux puces de Westport, à Kansas City, où il vendait des boucles d’oreilles incrustées de dents ou de crânes humains. Tous ses voisins pensaient qu’il était étrange, mais inoffensif. Jusqu’à ce que, le 2 avril 1988, un homme saute par la fenêtre du second étage de la maison de Robert Berdella, nu comme un ver, et ne portant qu’un collier de chien autour du cou. Berdella aimait sélectionner des paumés et des prostitués mâles, les ramener chez lui et les attacher sur son lit de torture « fait-maison ».

Informations personnelles

berdella jeune

Berdella à l’université

Robert Andrew Berdella Jr. naquit et grandit à Cuyahoga Falls, dans l’Ohio, une ville tranquille du « Midwestern » près de Cleveland.
Berdella était un garçon taciturne et distant. Il était adolescent lorsque son père, Robert senior, mourut soudainement d’une crise cardiaque, à seulement 39 ans.
Ayant été élevé dans la foi Catholique, le jeune Robert se tourna vers l’église pour trouver une épaule sur laquelle pleurer, de la sympathie et de la compréhension. Mais l’Eglise ne les lui apporta pas. Il expliqua par la suite que cet « échec » le poussa à s’intéresser à diverses religions et à des groupes occultes.

situation de kansas cityAprès le lycée, Berdella s’inscrivit dans une école d’Art. C’est son intérêt pour l’art qui l’amena à Kansas City en 1967.
Ses goûts en matière d’art pouvaient varier, mais ils étaient toujours considérés comme « étranges ». Il collectionnait les bizarreries et les artefacts, ce qui l’amena à ouvrir un magasin à Westport. Il y vendait des boucles d’oreilles incrustées de dents ou de crânes humains. Tous ses voisins pensaient qu’il était étrange, du genre « hippie », mais qu’il était inoffensif.

Westport est un quartier de Kansas City célèbre pour sa vie nocturne et ses différentes sortes de boutiques. Des détaillants se spécialisent dans les curiosités introuvables ailleurs.

Le magasin de Berdella était situé dans le « marché aux puces » de Westport. Ce dernier est situé sur la Wesport Road, à l’intersection de Broadway, à la périphérie d’une route longue de 3 km appelée « Old Wesport ».
Des boîtes de nuits, des bars et des théâtres sont éparpillés dans cette zone, où trainent tous les jeunes banlieusards… et les « paumés » à la recherche d’argent.

 

Crimes et châtiment

Kansas City, dans le Missouri, est une ville typique du « midwest » des Etats-Unis : sa population est amicale et simple. Les quartiers sont généralement calmes et les voisins aiment passer du temps ensemble.

le quartier d'Old WestportPourtant, un samedi de Pâques de 1988, Christopher Bryson sauta par la fenêtre d’une maison située au 4315 Charlotte Street. Cette maison appartenait à Robert Berdella, le propriétaire du magasin « Bob Bizarre Bazar » à Old Westport.
Bryson était nu et ne portait qu’un collier de chien lorsqu’il tambourina à la porte d’un des voisins de Berdella en hurlant qu’on le sauve.

Chris Bryson avait une vingtaine d’années. Il se prostituait pour nourrir sa famille.

Il avait rencontré Robert Berdella une nuit, cinq jours avant le week-end de Pâques, près de la gare des bus Greyhound, dans le centre de Kansas City. Il avait proposé à Berdella de passer la nuit avec lui, et ce dernier avait accepté. Berdella avait suggéré qu’ils aillent chez lui et Bryson avait accepté avec joie : il était plutôt habitué aux chambres d’hôtels minables et aux sièges arrières des voitures…
Ils passèrent un moment à discuter dans la maison de Berdella. Puis, Berdella proposa qu’ils montent au premier étage, où il y avait une télévision et un canapé confortable.
Laissant passer Bryson devant lui dans l’escalier, Berdella le frappa sur la tête, et le jeune homme tomba sur le palier, inconscient. Robert Berdella en profita pour le photographier avec son Polaroïd. C’était une de ses obsession. Ces photos allaient également être des preuves irréfutables de sa culpabilité : Berdella gardait une documentation fournie des « événements » pour chacune de ses victimes.
Durant les quatre jours qui avaient suivi, Bryson fut torturé à maintes reprises. Berdella le frappa avec un une matraque en acier et injecta dans plusieurs parties de son corps un tranquillisant pour animaux et des antibiotiques. Il attacha des fils électriques sur son corps, notamment ses testicules, et l’électrifia plusieurs fois. Il le viola, parfois jusqu’à trois fois dans la même journée.
Au début de sa captivité, Bryson cria lorsque Berdella le viola et le tueur lui injecta du « Drano » dans la gorge, près de sa trachée. Il lui dit que s’il continuait à crier, il allait lui en injecter tant qu’il perdrait sa voix. Il enfonça également des tampons saturés d’alcool ou d’un produit chimique dans les yeux de Bryson.

Berdella avait attaché Bryson à la tête du lit et l’avait drogué pour qu’il ne puisse s’enfuir. Il lui montra des photographies d’hommes qui avaient été dans la même situation que lui auparavant et n’avaient pas voulu « coopérer ». Il expliqua à Bryson qu’ils étaient morts et que ces chiens les avaient mangés. Ce n’était pas si loin de la vérité, et Bryson, de toutes façons, cru tout ce que lui dit Berdella. Il était terrifié.
Il pensait qu’il ne verrait plus jamais sa famille, mais il continuait à réfléchir à un moyen de s’en sortir vivant. Berdella venait et partait silencieusement, et laissait Bryson, drogué et ahuri, incapable de savoir si son geôlier était présent ou dehors.

Le jour où Bryson s’enfuit, il n’était pas sûr que Berdella soit parti. Bryson avait été « coopératif » et avait ainsi été autorisé à tenir la télécommande entre ses genoux avec ses mains, même s’il était toujours attaché. Il monta le volume de la télévision à fond pour savoir si Berdella était là. Il ne vint pas se plaindre du bruit. Bryson pouvait donc tenter de s’enfuir. De plus, ses mains étaient moins bien attachées que d’habitude. Bryson, en remerciement de sa « coopération » avait également reçu une cigarette. Robert Berdella avait jeté les allumettes sur le lit.
Bryson parvint à libérer une de ses mains et se servit d’une allumette pour brûler ses liens. Il ne pouvait s’empêcher de penser à la réaction de Berdella si jamais il le surprenait, et ne craignit même pas de mettre le feu au lit.
Nu, ses liens brûlés encore attachés à ses membres, il se précipita vers la fenêtre, espérant qu’elle ne serait pas fermée ou clouée. Ce n’était pas le cas et il pu l’ouvrir. Il réalisa qu’il était en fait au deuxième étage et qu’il risquait de se blesser en sautant, mais il n’hésita pas longtemps. Il se jeta dans le vide et se blessa effectivement au pied en retombant à terre. Il ignora sa douleur et couru dans la rue jusqu’au plus proche voisin.
Celui-ci ne laissa pas entrer le jeune homme nu et hurlant, mais il appela la police. Peu après que les enquêteurs aient interrogé Bryson, assis sur le perron du voisin, les yeux rouges et gonflés, des marques rouges sur ses poignets et ses chevilles, Robert Berdella revint chez lui.

berdella arrêtéIl fut arrêté sur le champ, car il était évident, en regardant Bryson, qu’il disait la vérité.
Les enquêteurs avaient à présent 20 heures, selon les lois du Missouri, pour déterminer de quoi Berdella allait être accusé.
Les enquêteurs de la police de Kansas City passèrent tout leur week-end à inventorier les objets trouvés dans la maison de Berdella. Il devint rapidement évident qu’il était une sorte de collectionneur. Son habitation était remplies de choses étranges comme des vertèbres et des crânes, et il était difficile de déterminer à première vue si ces objets étaient authentiques. Les enquêteurs savaient que des jeunes hommes avaient disparus dans les mois et les années précédentes, et leur but étaient de savoir si l’un d’eux avait pu être la victime d’un meurtre, entre les mains de Bob Berdella.

La police passa aussi beaucoup de temps à obtenir des mandats de perquisition et des mandats de détention pour Berdella. Les policiers trièrent le chaos dans la maison de Berdella : des énormes piles de magazines, de papiers et de photos, ainsi que de nombreuses crottes de chiens… Ils découvrirent 357 photographies de 23 hommes différents, nus, attachés et souffrant clairement de tortures.
Les enquêteurs trouvèrent également un « journal intime » dans lequel Berdella décrivait les actes de tortures qu’il avait fait subir à ses victimes et la manière dont ils réagissaient.

Bryson identifia Berdella sur les photos que les enquêteurs lui présentèrent à l’hôpital. Ce dernier fut donc, en premier lieu, inculpé pour viol et actes de torture.
Après avoir trouvé les « objets suspects » chez Berdella, les policiers remarquèrent un endroit meuble, dans le sol de la cave, qui, par ses dimensions, faisait penser à une tombe.
La police interrogea les voisins et cela amena les enquêteurs à fouiller la propriété de Berdella, notamment son jardin. Et, dans celui-ci, ils trouvèrent d’autres emplacements fraichement creusés. Cette histoire semblait empirer à mesure que les heures passaient.

La maison de Berdella

La maison de Berdella

Comme c’est souvent le cas, les médias furent alertés et commencèrent à affluer autour de la maison de Charlotte Street, compliquant encore l’enquête.
Les excavation dans le jardin commencèrent devant une horde de journalistes. Presque immédiatement, les enquêteurs découvrirent un crâne humain, qui présentait encore des cheveux et un peu de peau. Le travail continua le lundi de Pâques. D’autres objets étranges furent découverts mais pas de corps : des os d’animaux, des bocaux contenant des plumes d’oiseaux, etc. Les médias commencèrent à parler de Satanisme et de religion liée à l’occulte.
Il semblait que chaque découverte apporta plus de questions aux enquêteurs que de réponses.

La police continua de fouiller à l’intérieur de la maison, fortement gênée par le capharnaüm et les crottes de chiens. Du « Luminol », un produit chimique que l’on utilise pour mettre en évidence le sang, fut aspergé dans le sous-col : le résultat fut positif dans bien des endroits.

Des gens contactaient la police pour se renseigner sur un membre de leur famille ou un ami qui avait disparu, et qui connaissait Berdella.
Des témoins se décidèrent à témoigner de leurs rencontres avec Berdella. Certains expliquèrent avoir vu Berdella injecter de la drogue à des personnes, notamment un tranquillisant qu’il utilisait pour ces chiens. D’autres expliquèrent qu’ils avaient eux-mêmes été victimes de ces agressions mais avaient survécu.

Les preuves indirectes étaient accablantes. Les enquêteurs réalisèrent qu’un meurtre, et peut-être beaucoup plus, avait eu lieu dans la propriété de Robert Berdella.
Mais il n’y avait pas de corps. Juste un crâne. Et il est difficile de convaincre un juge de considérer sérieusement une inculpation pour meurtre s’il n’y a pas de cadavre pour prouver qu’un meurtre a bien eu lieu.
Le crâne et les vertèbres trouvés dans le jardin furent envoyés au laboratoire d’état pour une identification. Berdella possédait tellement d’artefacts étranges dans son magasin et chez lui qu’il était difficile de déterminer ce qui était vrai de ce qui ne l’était pas. En attendant les résultats du laboratoire, les enquêteurs continuèrent leur quête fastidieuse et méthodique tant dans la maison que dans le jardin.

La copieuse « documentation » découverte chez Berdella mena les enquêteurs à contacter les gens dont les noms étaient listés dans le journal intime de Berdella, dans lequel il indiquait les tortures qu’il avait infligé à chacune de ses victimes. Toutefois, identifier les visages sur les nombreuses photos se révéla difficile dans certains cas. Certains clichés montraient Berdella en train de violer sa victime, mais aucun visage n’était visible, même pas celui de Berdella.
La police commença à décrypter le code que Berdella utilisait pour décrire les événements qui avaient eu lieu. Il avait écrit dans un style assez rudimentaire et cru, voir grossier. Ainsi, les enquêteurs purent rapidement déterminer que « BF » signifiait une pénétration avec son sexe, alors que « Fing F » décrivait l’utilisation de ses doigts. Il y avait une douzaine de références à d’autres « F », pour lesquels Berdella avait utilisé des objets. Le journal intime contenait d’autres informations inquiétantes concernant la fréquence et les dosages de médicaments administrés à ses victimes, et l’endroit de leur corps dans lequel il les avait injectés.
Certains noms revenaient souvent, aussi les enquêteurs commencèrent-ils à chercher ces personnes. Ils découvrirent que les informations contenues dans le journal intime correspondaient à des dates et des moments durant lesquels de jeunes hommes avaient disparus.

Les habitants de Kansas City commencèrent à réaliser que tout cela allait devenir énorme : il y avait un tueur en série parmi eux.

Robert Berdella était emprisonné dans la prison du Comté de Jackson. Pour sa propre sécurité, il était isolé dans une zone « privée ». Les violeurs, particulièrement homosexuels, sont souvent victimes de violence de la part des autres prisonniers.
Des observateurs expliquèrent que Berdella ne ressentait aucun remord et niait tout. Il refusa de parler à qui que ce soit qui aurait pu infirmer sa version de l’histoire, comme les médias ou la police.
Les amis qui allèrent le voir affirmèrent qu’il voulait parler à un ministre du culte avec qui il était devenu ami. Pas obligatoirement pour obtenir des conseils de nature religieuse, mais pour pouvoir se confier. Mais Berdella n’avait aucune volonté, à ce moment-là, de se confesser, d’avouer à qui que ce soit. Il voulait juste parler. Il ignorait tout simplement la situation dans laquelle il se trouvait réellement. En tant qu’individu habitué à contrôler ses actes (et ceux des autres), cette expérience était humiliante et vexante pour lui.

La boutique de Berdella

La boutique de Berdella

Berdella avait noué de nombreux contacts grâce à son magasin durant toutes ces années passées à Kansas City. Il connaissait beaucoup de gens, dont certains étaient des amis proches. Pour tous ceux (et celles) qui le connaissaient, il était impossible de croire qu’il puisse être un tel monstre. Certains de ses amis accusèrent même la police de « monter un coup » contre lui.
En fait, personne à Kansas City ne voulait croire qu’un être humain puisse être capable de se comporter comme Berdella l’avait fait : cela anéantissait l’image de cette ville « calme et salubre » du Midwest.

La réaction des habitants compliqua encore l’enquête. La police n’avait pas de cadavre et ne pouvait donc pas prouver qu’un meurtre avait été commis. Les amis et la famille de Berdella affirmaient que celui-ci était certes un excentrique, mais qu’il était aimable et responsable. Sa seule faute, aux yeux de ses amis, était qu’il acceptait de « traiter affaire » avec des gens moins recommandables que lui.

Les policiers savaient qu’ils devaient identifier les hommes sur les photos, y compris ceux dont on ne voyait pas le visage. Une « source extérieure » suggéra que les enquêteurs demandent à Berdella de mimer la prise de ces photos, car son ventre, ses membres et parfois ses mains, étaient photographiés.
Les policiers demandèrent à Berdella de prendre des photographies de lui, absolument semblables, dans ces poses. Ils prélevèrent également des échantillons de ses cheveux.
Berdella fut extrêmement embarrassé et humilié d’avoir à poser pour ces photos, mais il coopéra de mauvaise grâce. Il refusa de prendre certaines positions : lorsqu’on lui demanda de se positionner en train d’avoir un rapport sexuel anal, et aussi lorsqu’un policier voulu placer ses mains comme s’il introduisait quelque chose dans l’anus de quelqu’un.

procès de BerdellaToutefois, lors de l’assignation de Berdella au tribunal du Juge Alvin Randall, Robert Berdella surprit tout le monde en plaidant coupable de meurtre au premier degré.
Finalement, Berdella avoua les meurtres et les tortures de 6 jeunes hommes entre 1984 et 1987. Avec une capacité terrifiante à se souvenirs des détails, il raconta son histoire alors que les journalistes enregistraient ses aveux et prenaient des notes.
Il apprécia grandement ce moment de gloire au tribunal : il contrôlait enfin totalement la situation.

Cette confession fut pourtant la perte de Berdella, puisque les policiers n’avaient toujours pas pu localiser le moindre cadavre !

  • Jerry Howell était un jeune prostitué de 20 ans qui connaissait Berdella depuis 1979. Il fut drogué par Berdella le 5 juillet 1984.
  • Robert Sheldon, 18 ans, connaissait Berdella, qui l’avait invité à boire un verre le 12 avril 1985. Lorsque Robert avait été saoul, Berdella l’avait attaché et drogué. Cinq jours plus tard, un ouvrier était venu réparer le toit de la maison de Berdella, qui avait alors étouffé Robert Sheldon afin qu’il n’attire pas l’attention. Il avait enterré le crâne du jeune homme dans son jardin.
  • Mark Wallace, 20 ans, avait aidé Berdella à entretenir son jardin. Berdella l’a drogué le 22 juin 1985 et assassiné le lendemain.
  • Walter James Ferris, 20 ans, connaissait lui aussi Berdella. Ils s’étaient rencontrés dans un bar gay et Berdella l’avait invité chez lui. James était mort d’asphyxie le 27 septembre 1985.
  • Todd Stoops était un jeune prostitué de 21 ans qui avait rencontré Berdella deux ans plus tôt. Berdella l’avait drogué le 17 juin 1986, puis torturé durant des semaines, et James Stoops était mort d’une hémorragie le 7 juillet 1986.
  • Berdella avait payé la caution de son ami Larry Pearson, 20 ans, le 5 juin 1987 et l’avait invité à vivre chez lui. Il l’avait drogué et avait commencé à le torturer le 23 juin. Berdella avait gardé Larry dans sa cave durant 6 semaines jusqu’à ce que le jeune homme morde son pénis. Berdella l’avait étranglé avant de se rendre à l’hôpital.

Berdella raconta comment il avait placé les corps dans sa baignoire, et avait pratiqué des incisions précises aux coudes, aux jambes et à l’aine, afin que le sang s’écoule des corps. Il avait démembré chaque corps avec des instruments divers, tels que des couteaux et une tronçonneuse. Il les avait ensuite enveloppés dans des sacs poubelles en plastique et les avait traîné dehors, avec les poubelles, pour que le camion d’enlèvement d’ordures ménagère les emmène… et les jettent finalement dans la décharge publique.
Berdella expliqua dans un tribunal plein à craquer (notamment des familles des victimes présumées) comment il avait regardé les sacs plastiques être jetés dans la benne à ordure, pour s’assurer que «tout se passait bien».

En avouant ses crimes au procureur, Robert Berdella pu « négocier sa vie » (aux États-Unis, si l’on plaide coupable, l’accusation ne réclame généralement pas la peine de mort). On lui promit qu’il ne serait pas condamné à mort s’il donnait des détails sur ses actes. Le 19 décembre 1988, le juge Vincent Baker déclara Berdella coupable des six meurtres et le condamna à la prison à vie sans possibilité de libération sur parole.
Le juge recommanda que Berdella subisse une évaluation psychologique, ce qui le plaçait hors de la population commune de la prison et prévenait les actes de violence qu’auraient pu commettre ses co-détenus à son encontre.

Le véritable Robert Berdella commença à apparaître dans les rapports des psychiatres : un homme égoïste et égocentrique, un sadique et un lâche qui avait torturé des « paumés » qui n’avaient aucune valeur à ses yeux, lui, le « grand businessman ».

Dans l’intention de regagner les bonnes grâces de l’opinion publique, Berdella créa une fondation pour les familles des victimes, administrée par le Révérend Roger Coleman (qui était resté auprès de Berdella durant tout le procès).
En réponse, certaines des familles poursuivirent Berdella en Justice pour « wrongful death » (« mort injuste ») mais ne parvinrent pas à le faire condamner. Berdella fit des remarques acerbes concernant ces poursuites.

Berdella ne passa que quatre années dans le pénitencier d’état de Jefferson City (dans le Missouri), avant de mourir d’une crise cardiaque en octobre 1992, à 43 ans.

 

Victimes

Robert Berdella a avoué avoir torturé et assassiné 6 jeunes hommes. Il en a peut-être tué cinq de plus.

jerry_howell_berdellaJerry Howell (20 ans)
Enlevé le 5 juillet 1984.
Torturé, violé et assassiné.

 

Robert Sheldon (18 ans)
Enlevé le 12 avril 1985.
Torturé, violé et assassiné.

 

Mark Wallace (20 ans)
Enlevé le 22 juin 1985.
Torturé, violé et assassiné.

ferris_berdellaWalter James Ferris(20 ans)
Enlevé le 26 septembre 1985.
Torturé, violé et assassiné.

 

todd_berdellaTodd Stoops (21 ans)
Enlevé le 17 juin 1986.
Torturé, violé et assassiné.

 

pearson_berdellaLarry Pearson(20 ans)
Enlevé le 23 juin 1987.
Torturé, violé et assassiné.

 

chris-bryson_berdellaChris Bryson
Enlevé et torturé par Berdella en avril 1988.
Il est parvenu à s’enfuir et à survécu.

 

 

Berdella a également violé et torturé d’autres hommes qui, eux, ont survécus.

 

Mode opératoire

Apparemment, Berdella aimait sélectionner des paumés et des prostitués mâles, les ramener chez lui et les attacher sur son lit de torture « fait-maison ».
Les victimes de Berdella étaient des hommes jeunes et peu (ou pas) éduqués. La plupart d’entre eux vivaient en vendant leur corps ou de la drogue. Ils ne possédaient pas le statut social d’un homme d’affaire apprécié et heureux comme Berdella. Berdella les considérait comme des êtres inférieurs dont il pouvait faire ce qu’il voulait.
Il se liait d’amitié avec eux, les emmenait chez lui pour « s’amuser », puis il les assommait ou les droguait, avant de les attacher.

Berdella battait ses victimes avec des instruments variés et leurs injectait de la drogue ou des produits chimiques. On dit même qu’il a inséré du mastic dans les oreilles de certaines de ses victimes. Il faisait également des expériences avec des électro-chocs. Il les a violé de différentes manières et à répétition.

Berdella a expliqué qu’un de ces jeunes hommes est mort d’une rupture anale, et que d’autres sont décédés d’asphyxie ou d’overdoses.

Berdella gardait un journal détaillé où il décrivait la façon dont ses victimes réagissaient, et possédait une collection de plus de 350 photos d’hommes à différentes étapes de souffrance. Il aimait prolonger la vie de ses victimes pendant plusieurs jours.

 

Motivations

Berdella a passé sa vie auprès de jeunes hommes, d’une manière ou d’une autre. Il était bénévole pour des organisations de jeunesse, des groupes de lutte contre le crime dans le voisinage (« neighborhood crime watch ») et bien d’autres comités. Il laissait des hommes vivre avec lui et les employait dans son magasin.

Berdella croyait être un homme « bon et brave » qui avait malheureusement fait des choses horribles… qui, toutefois, ne le rendaient pas horrible. Il a tenté de prouver sa théorie à tout le monde.

Il détestait que son nom soit bafoué en publique.

Berdella appréciait le contrôle, le pouvoir, et se considérait comme quelqu’un d’important. Il voulait que ses victimes soient ses esclaves sexuels. Il voulait gérer leur vie, leur souffrance, leurs émotions, leurs sensations, tout.
Il a affirmé ne jamais avoir voulu les tuer intentionnellement, mais que leurs morts étaient juste des « accidents ». Pourtant, Bryson a expliqué que Berdella lui avait dit que « s’il ne coopérait pas, il serait tué comme les autres ».
Les tueurs en série se persuadent eux-même que la victime n’est rien de plus qu’un objet, pas un être humain. Cette façon de voir donne au tueur l’opportunité de justifier ses actions ou, au moins, de se sentir moins coupable qu’il ne le devrait. Ainsi, Berdella parlait de ses victimes en utilisant le mot «jouets» (« playtoys »).

Berdella a affirmé qu’il ne comprenait pas pourquoi il était devenu un tueur en série. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi il avait agit ainsi.
Il se sentait offensé lorsqu’on lui répondait qu’il mentait. Il a affirmé que personne ne pouvait savoir si oui ou non il comprenait pourquoi il avait agit comme il l’avait fait.

Il a rejeté les prétentions des journalistes selon lesquelles il aurait été influencé par le Satanisme.

 

Citations

« Hé bien… Bob Berdella faisait parti du groupe de lutte contre le crime du voisinage (neighborhood crime watch) et il… il avait l’habitude de mettre la main sur de jeunes hommes » : un voisin de Berdella (qui utilise l’expression « snatch » : s’emparer de, empoigner, enlever)

« Il aurait continué à faire ça jusqu’à ce qu’il soit arrêté ou tué. Il n’éprouvait aucun remord, absolument aucun » : Jon Perry, enquêteurs de la Police de Kansas City.

 

Bibliographie

 

Livres en anglais :

Résumé : Jackman, un journaliste de Kansas City qui a « couvert » l’affaire, et Cole, le chef des enquêteurs de la police, racontent l’histoire de Berdella.
Critique : Cet ouvrage décrit en détails l’enquête, mais aussi les tortures que Berdella a infligé à ses victimes. Ils proposent même certaines photos prises par Berdella. Sachant que les familles des victimes peuvent voir ces clichés, je ne crois pas qu’il était indispensable de les inclure dans ce livre. Les auteurs nous présentent la vie de Berdella, celle de ses victimes, le travail de la police, le procès… Très intéressant.

 

Liens

– Kansas City : sur Wikipedia
– Kansas City : le journal de la ville (en anglais)

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