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Bonin, William

Nom : William George Bonin
Surnom : "The Freeway Killer" ("le tueur de l’autoroute")
Né le : 8 janvier 1947 en Californie (USA)
Mort le : 23 février 1996, exécuté à la prison de San Quentin, Californie (USA)

William Bonin était un pervers sadique qui a violé et étranglé des dizaines d’adolescents en Californie du Sud. Sans remords et sans pitié, il a profité des opportunités que lui procuraient les vastes et labyrinthiques autoroutes de cet état, ce qui lui valut son surnom de "Freeway Killer". Chose rare pour un tueur en série, il a souvent tué avec des complices différents, qui avaient l’âge de ses victimes. Il a été reconnu coupable de 14 meurtres, mais aurait fait au moins de dix à vingt victimes de plus.

Informations personnelles

Le père de William Bonin, un vétéran de l’Armée, était un alcoolique violent et irresponsable qui, un jour, avait joué leur maison aux cartes. Alors que Bonin était un tout jeune enfant, son père quitta la maison pour aller vivre à l’hôpital pour vétéran de la région. Il mourut peu après d’une cirrhose du foie.
La mère de Bonin, Alice, l’abandonnait souvent, avec son petit frère, aux soins de son propre père, bien que ce dernier l’ait violée durant son enfance et sois un pédophile notoire.
Elle avait un point commun avec son défunt mari : elle adorait jouer. Elle passait tout son temps libre au bingo, en oubliait ses enfants, et les voisins affirmaient que les frères Bonin étaient toujours affamés, sales et mal vêtus.

À 8 ans, William Bonin fugua (ou fut chassé par sa mère, selon les versions) et vagabonda jusqu’à ce qu’il soit arrêté dans le Connecticut. Il avait volé des plaques d’immatriculation et fut envoyé dans un centre d’éducation surveillée pour mineurs. Cet établissement n’avait en fait rien de pédagogique et le jeune garçon y fut violé par des adolescents plus forts que lui. Le centre était une véritable maison des horreurs où le sadisme sexuel, les punitions dignes de l’Inquisition et les bagarres au couteau étaient courantes.
Selon les rapports médicaux du « centre d’éducation surveillée du Connecticut », Bonin fut un jour approché par un adolescent plus âgé que lui, qui voulut avoir des relations sexuelles. « Bien qu’il fut apeuré, Bonin accepta de coopérer si l’adolescent lui attachait les mains derrière le dos, ce qui -selon lui- lui permettrait de se sentir plus en sécurité et moins effrayé ».
Pour le Dr Jonathan Pincus, neurologue à l’hôpital de l’Université de Georgetown, qui examina Bonin durant son incarcération après les meurtres, cet incident en dit beaucoup sur l’enfance de Bonin. Le fait que ce garçon de 8 ans avait des connaissances sexuelles et demanda d’être attaché - et donc contraint - conduisit Picus à penser qu’il avait déjà été violé auparavant. « Il est presque certain qu’il avait été abusé sexuellement, ligoté et forcé par un ou des adultes antérieurement ».

Lorsqu’il revint chez lui, en Californie, le sadisme et le viol étaient les seules formes de sexualité qu’il connaissait. Il commença à caresser son petit frère et les autres enfants du voisinage. À mesure qu’il grandit, il devint brusque et cruel.

À peine parvenu à l’âge adulte, il se maria et divorça en l’espace de quelque mois, puis s’engagea dans l’Armée et participa à la guerre du Vietnam. Il passa 700 heures au combat ou dans des patrouilles de reconnaissance comme mitrailleur d’hélicoptère. Ses états de service indiquent qu’il était un bon soldat et a même reçu une médaille de bonne conduite (la « Good Conduct Medal » est accordée pour « conduite exemplaire, efficacité et fidélité durant le service actif »).
Ce n’est qu’après qu’il ait quitté l’Armée avec les honneurs que ses officiers apprirent qu’il avait sexuellement agressé deux soldats de son bataillon en les menaçant de son arme. Malheureusement, les autorités militaires n’engagèrent aucune poursuite judiciaire...

Bonin revint dans sa Californie natale, s’installa chez sa mère à Downey, et trouva rapidement un emploi de conducteur de poids lourds.
Il fut incarcéré en 1969 pour avoir violé cinq garçons dans le comté de Los Angeles entre novembre 1968 et janvier 1969. Alors qu’il conduisait dans la région, il avait enlevé chaque enfant dans son van verdâtre, où il les avait menottés et sodomisés.
Il fut déclaré coupable, mais "agresseur sexuel mentalement dérangé" et envoyé à l’hôpital d’Atascadero plutôt qu’en prison (tout comme Ed Kemper...).
Il y fut examiné par plusieurs neurologues, psychiatres et psychologues, mais on ne sait pas s’il reçut un quelconque traitement.
Bonin ne se souvenait pas avoir été violé durant son enfance. Les docteurs pensèrent qu’il refoulait ses souvenirs : « Il existe de nombreuses données indiquant que Bonin a été sévèrement abusé sexuellement, avec récurrence, lorsqu’il était enfant ».
Ils découvrirent chez Bonin des altérations physiques et psychiques : des dommages au cerveau, dans la zone qui est censée modérer les pulsions violentes ; des troubles bipolaires (maniaco-dépressif) ; et plusieurs cicatrices sur sa tête et ses fesses. Bonin ne parvenait pas à expliquer d’où venaient ses cicatrices.

Cinq ans plus tard, en mai 1974, Bonin fut libéré et placé en liberté surveillée pour cinq autres années. Les psychiatres savaient-ils qu’il était incapable de se contrôler ?
Non seulement il était toujours pédophile, mais il allait également commencer à tuer.

Le dernier jour de ses vacances d’été en 1975, David McVicker, 14 ans, faisait de l’auto-stop pour se rendre à Huntington Beach. Bonin l’invita à monter dans son van. Selon l’adolescent, « Il était totalement normal, il n’y avait rien du tout d’étrange en lui ». Bonin lui proposa d’avoir des relations sexuelles et David McVicker lui demanda d’arrêter son véhicule pour descendre. Bonin sortit alors un pistolet, conduisit jusqu’à un endroit isolé et viola l’adolescent.
Puis, il commença à l’étrangler avec son t-shirt. McVicker suffoquait et se mit à pleurer. À son grand étonnement, Bonin relâcha sa prise et lui demanda pardon pour avoir tenté de l’étrangler. Il le laissa ensuite partir.
McVicker hanté... A l’époque, se sentant sale et honteux, il n’en avait parlé qu’à son meilleur ami. Sa mère n’a jamais voulu connaître les détails de son agression. Il ne s’intéressa plus ses études et quitta le lycée. Il fréquenta d’autres écoles, mais n’obtint jamais aucun diplôme.
Alors que l’exécution de Bonin approchait, McVicker déclara aux journaux qu’il était tourmenté par des cauchemars lui faisant revivre le viol. « Parfois, je me réveille en hurlant. Imaginez-vous vous endormir et être violé 10 à 12 fois durant la nuit ! ».
Cette agression fut la dernière à l’issue de laquelle Bonin ne tua pas sa victime. Ce fut également la dernière fois qu’il exprima des regrets pour ses actes.
Comme nombre de victimes de viol, les souffrances de McVicker ne cessèrent pas lorsque Bonin le libéra...

McVicker porta plainte et grâce à son témoignage, Bonin fut reconnu coupable de "conduite lascive et obscène" (mais pas de viol...) et fut cette fois envoyé en prison.
Toutefois, bien qu’ayant été jugé coupable d’enlèvement et de sodomie sur des enfants en 1968, avoir été déclaré "prédateur sexuel" et s’être rendu coupable de plusieurs délits sexuels, Bonin fut libéré trois petites années plus tard, en octobre 1978 !

Moins d’un an plus tard, il se retrouva de nouveau derrière les barreaux. Il avait été arrêté par un policier du comté d’Orange en flagrant délit d’agression d’un auto-stoppeur de 17 ans.
Incroyablement, une erreur dans le procès-verbal permit à Bonin d’être libéré avant son procès. Évidemment, il ne se présenta pas au jugement quelques semaines plus tard.
Libéré grâce à une bévue administrative, Bonin décida de le rester et de ne plus jamais laisser de témoin derrière lui. Un ami de Bonin déclara par la suite avoir discuté avec lui avant qu’il ne disparaisse dans les bas-fonds de Los Angeles : « Je me souviens qu’il a dit ‘Personne ne témoignera plus contre moi. Ca ne m’arrivera plus jamais’ ».
Peu après, il commença à tuer.

Les voisins de Bonin suspectaient que quelque chose d’anormal se passait chez lui ou à cause de lui. James Hunter, un homme qui vivait dans une rue avoisinante, dut plusieurs fois lui demander de laisser son fils tranquille. Une femme qui habitait juste à côté de chez lui entendit une nuit des bruits étranges et des cris provenant de sa maison. Elle fut terrifiée et n’en dormit pas de la nuit.




Article publié le : 9 juin 2006