Une enquête sur un tueur en série permet d’inculper d’autres assassins

Une enquête menée sur les crimes d’un tueur en série de Milwaukee a permis d’inculper d’autres assassins. La police affirme posséder des pistes sérieuses sur plusieurs affaires non résolues.

En mai 2009, la police a découvert que plusieurs meurtres de prostituées étaient reliés par un seul et même ADN.
Les autorités ont comparé ce profil ADN aux bases de données nationales mais n’ont trouvé aucune correspondance. Le suspect n’est donc pas en prison et n’a pas fourni son ADN aux autorités : depuis 2000, dans le Wisconsin, tout condamné doit subir un prélèvement de son ADN.

Une équipe a donc été spécifiquement créée afin de re-examiner d’anciennes affaires de meurtres pour lesquelles on possédait l’ADN de l’agresseur.

Les échantillons ADN prélevés sur une cinquantaine de meurtres non résolus, qui ont été analysés de nouveau dans le cadre de l’enquête sur les meurtres en série, ont permit de dresser de nouveaux profils ADN dans 10 affaires non apparentées. Certains meurtres avaient donc en fait été commis par d’autres hommes.

Lewis, Phillips, Hartwright et Jeter

Lewis, Phillips, Hartwright et Jeter

Si ces meurtres n’ont pas été reliés au tueur en série, ils ont été élucidés pour deux d’entre eux, et des pistes sérieuses ont été découvertes pour six autres.
En août, la police a arrêté un dealer de 37 ans, William Phillips, pour le meurtre par balle de Rhonda Hartwright, 26 ans.
En juin, David Lewis, 47 ans, (déjà emprisonné pour un autre homicide) a été inculpé du viol et du meurtre par strangulation de Vernell Jeter, 45 ans.
Les deux victimes avaient des problèmes de drogue et avaient été assassinées en 1990.

Le procureur John Chisolm a affirmé que son bureau allait inculper un autres homme pour un meurtre et que les analyses ADN avaient également permis d’identifier 5 profils différents de personnes responsables de meurtre entre 1983 et 1994. Quatre des suspects sont déjà incarcérés pour d’autres crimes.

Les analyses ont également permis de développer les profils ADN de suspects dans deux autres homicides non résolus, mais ils ne correspondent à aucun criminel fiché dans les bases de données.

Malheureusement, l’identité du tueur en série, responsable des meurtres de sept femmes entre 1986 et 2007, échappe encore à la police.

serialk-milwaukeeToutes les victimes sauf une étaient des Afro-Américaines. La septième victime était une jeune fugueuse blanche de 13 ans. Selon les enquêteurs, il se peut que le suspect ait eu une relation sexuelle avec elle mais qu’elle ait été assassinée par quelqu’un d’autre.

La police de Milwaukee a obtenu l’aide de la police du Wisconsin, du FBI et même de polices d’autres pays.

L’inspecteur en chef Duncan Thorpe l’agence britannique pour l’amélioration de la police, a offert son aide dans l’enquête, ainsi que la science utilisée pour la résoudre.
« La Grande Bretagne a récemment relié une série de meurtres commis contre des prostituées ou des droguées grâce à l’ADN ».

Le chef de la police de Milwaukee, Ed Flynn, affirme : « Nous nous attendons à résoudre d’autres homicides à l’avenir. De manière nationale, lorsque vous analysez de nouveau les preuves, avec les techniques d’aujourd’hui, vous obtenez de nouvelles pistes, voir des identifications »

L’équipe spéciale a reçu 193 appels, pistes et informations depuis que l’affaire du tueur en série a été révélée en mai dernier. Certaines personnes ont été innocentées.

«Nous suivons absolument tout les pistes, quelle qu’elles soient», explique Ed Flynn.

Il se peut que les autorités locales demandent à certains membres de la population de se soumettre volontairement à un prélèvement ADN, dans l’espoir de découvrir l’assassin. Avec les nouvelles technologies, le laboratoire pourrait même déterminer si l’un des volontaires est de la même famille que l’assassin, et donc le retrouver.