Le Zodiac

CRIMES (suite)

Une lettre assez « hallucinée » fut envoyée au Chronicle le 24 juillet 1970. Après avoir cité l’enlèvement avorté de Kathleen Johns, le Zodiac reprenait les paroles d’un aria chanté dans l’un des opéra des britanniques Gilbert et Sullivan (le Mikado), celui de de « Ko-Ko, le Lord Bourreau »… Il faisait plusieurs fautes de grammaire et de prononciation, indiquant qu’il écrivait ses paroles de mémoire.

« C’est le Zodiaque qui vous parle.
lettre-some-nice-buttons
Je suis assez mécontent que vous ne portiez pas de jolis badges cibles. Alors maintenant j’ai une petite liste, commençant par cette femme + son bébé à qui j’ai offert une intéressante balade durant une paire d’heures un soir il y a quelques mois et qui s’est terminée quand j’ai brûlé sa voiture où je les avais trouvées.
(Symbole cible)
Un jour il se peut qu’une victime soit découverte. J’ai une petite liste. J’ai une petite liste, de délinquants qui pourraient bien être sous terre qui ne manqueraient à personne qui ne manqueraient jamais à personne. Il y a les nuées pestilentielles qui écrivent pour des autographes, tout ces gens qui ont des mains molles et des rires irritants. Tous ces enfants qui sont vêtus comme des rois et vous implore pour une cigarette. Tous ces gens qui serrent des mains serrent des mains comme ça. Et toutes ces troisième personnes qui perdent le temps et insistent. Aucun d’entre eux ne manquerait à personne. Aucun d’entre eux ne manquerait à personne. Il y a le joueur de sérénade au banjo et les autres de sa race et l’organiste au piano je l’ai mis sur la liste. Tous les gens qui mangent des bonbons à la menthe et les soufflent à votre visage, ils ne manqueraient jamais à personne. Ils ne manqueraient jamais à personne Et l’idiot qui fait l’éloge de toutes les époques sauf la nôtre, tous les pays sauf le sien. Et la femme de province qui s’habille comme un mec et ne pleure jamais et cette singulière anomalie la fille qui n’a jamais embrassé. Je ne pense pas qu’elle manquerait à quiconque je suis sûre qu’elle ne manquera à personne. Et ce bon « impriest » qui est assez répandu je l’ai sur ma liste. Tous les rigolos, les comiques et les clowns de la vie privée. Aucun d’eux ne manquera. Aucun d’eux ne manquera. Et les intransigeants tels que commentvouslesappelez, trucmuche et machinchose et ce genre-là, on s’en fiche, et tut tut tut tut, et cestquoisonnom, et vous savez qui, mais la tâche de remplir les blancs je vous la laisse. Mais ça n’a vraiment pas d’importance qui vous mettez sur la liste, parce qu’aucun de manquera à personne, aucun ne manquera à personne.

(Très grand symbole cible qui rempli la moitié de la page).

PS : Le code du Mont Diablo concerne les Radians + #cm le long des rayons ».

Plusieurs journaux de la Bay Area avaient publié quelques lignes sur l’enlèvement de Kathleen Johns mais seul le petit {Modesto Bee} avait précisé que sa voiture avait été brûlée.

Deux jours plus tard, le Zodiac envoya sa 13ème lettre, décrivant les tortures que ses esclaves subiraient après leur mort. La dernière phrase (les joueurs de billards) était elle-aussi inspirée de l’opéra « Mikado ».

« (…) lettre-torture-esclavesSi vous ne portez pas ce genre de badge avec ma cible, je vais (avant toute chose) torturer tous les 13 esclaves qui m’attendent au Paradis. Certains je les attacherai au dessus de fourmilières et je les regarderai hurler + s’agiter et se tortiller. D’autres auront des éclats de pin enfoncés sous leurs ongles + puis brûlés. D’autres seront places dans des cages + nourris de bœuf salé jusqu’à ce qu’ils en soient gorgés puis j’écouterai leur supplications pour de l’eau et je me moquerai d’eux. D’autres seront pendus par leurs pouces + brûlés au soleil puis je les frictionnerai pour les réchauffer encore plus. Les autres je les dépècerai vivant + je les laisserai courir en hurlant. Et tous les joueurs de billards je les ferai jouer dans la cellule sombre d’un donjon avec des queues tordues + des chaussures bancales. Oui je m’amuserai beaucoup à infliger la plus délicieuse douleur à mes esclaves.
Symbole cible = 13
SFPD = 0″

Après quelques mois de silence, octobre amena deux autres communications du Zodiac. La première, une carte postale sur laquelle le tueur avait collé des lettres et percé 13 trous, fut postée le 5 octobre 1970. En mots et lettres découpés dans des journaux, elle était adressée au San Francisco Chronicle.

« Cher Rédacteur en chef,
Vous allez me détester, mais je dois vous le dire.
Le rythme ne se ralentit pas ! En fait c’est juste un gros treize
13
« Certains d’entre eux se sont débattus ce fut horrible »
P.S. Il y a des articles selon lesquels ces cochons de flics de la ville se rapprochent de moi.
Conneries, je suis intouchable, quel est le prix (de la récompense) maintenant ?

Zodiac »

Au départ, ce courrier fut considéré comme un faux. Mais certaines phrases furent répétées dans des lettres suivantes du Zodiac, tel le mot « intouchable », qui apparu dans une autre missive 5 mois plus tard. De plus, l’auteur s’attribuait à nouveau 13 meurtres, un nombre qui n’avait pas été rendu public.

lettre-peeckabooLa seconde carte, envoyée le 27 octobre, était une carte d’Halloween adressée personnellement à Paul Avery, journaliste au Chronicle qui couvrait l’affaire du Zodiac.
A l’intérieur de l’enveloppe, écrit deux fois en forme de X, on pouvait lire « Désolé, pas de message codé ». Le Zodiac signa sa carte d’un Z et de son symbole/cible, mais ajouta également une adresse de retour et un symbole inconnu, 13 yeux, et le message « Coucou, t’es foutu ».
Au dos de la carte, il avait ajouté des mots qui se croisaient : « Par le feu. Par le fusil. Par le couteau. Par la corde. Paradis. Esclaves ».

Kathleen Johns, la jeune femme enlevée avec son bébé sur l’autoroute 132, affirma qu’elle reçut une carte similaire, à la même époque. D’après sa description, il est bien possible que cette carte lui a effectivement été envoyée par le Zodiac.

La carte adressée à Paul Avery fut considérée comme une menace de mort, et le Chronicle publia un article en première page le 31 octobre.
Suite à cette publication, le journal reçu de nombreuses lettres, dont une, anonyme, provenant de Riverside et qui incitait Paul Avery à enquêter sur le meurtre, toujours irrésolu, de Cherry Jo Bates.

Après avoir retrouvé une lettre du chef de la police de Riverside, vieille d’un an, adressée à un enquêteur du comté de Napa, qui avait relié le meurtre de Cherry Joe Bates au Zodiac, Paul Avery rendit visite à la police de Riverside afin d’examiner les preuves dont elle disposait.
Intrigué par les lettres envoyées à la police et à la presse par l’assassin, sans parler de ce qui semblait être un « Z » utilisé comme signature dans certains courriers, Paul Avery fut l’instigateur d’une rencontre entre les enquêteurs de San Francisco et ceux des comtés de Solano, Napa et San Francisco, qui comparèrent leurs notes sur le meurtre de Cherry Jo Bates et chacun des meurtres connus du Zodiac.

Les inspecteurs Toschi et Armstrong

Les inspecteurs Toschi et Armstrong

Les autorités de la Californie du nord, notamment l’inspecteur de San Francisco William Armstrong, sentirent qu’il existait peut-être un lien entre le meurtre de Bates et les crimes du Zodiac. Le même homme avait peut-être commis tous les meurtres.
Le graphologue Sherwood Morrill (qui avait travaillé sur les courriers du Zodiac) étudia l’écriture du poème sur le bureau (de la bibliothèque) et les enveloppes envoyées au Chronicle. Il affirma qu’elles étaient « sans aucun doute le travail du Zodiac ». D’autres graphologues le rejoignirent pour les lettres mais pas pour le poème.
La police de Riverside, particulièrement le Capitaine Irvin Cross, était moins convaincu et « réaffirma (son) scepticisme », probablement parce qu’ils n’avaient pas donné tous les détails du crime à leurs collègues : le fait que Cheri Jo Bates ait été frappée, presque étranglée, puis poignardée 11 fois et presque décapitée, suggérait qu’il s’agissait plutôt d’un crime commis sous l’emprise d’une terrible colère.

Le 16 novembre 1970, Paul Avery publia un article dans le SF Chronicle sur le meurtre de Cheri Jo Bates à Riverside.
La position officielle de la police de Riverside et de la plupart des enquêteurs, était que Cheri Jo n’avait pas été assassinée par le Zodiac. (La police de Riverside considère encore qu’un habitant de la ville est leur suspect et que le Zodiac n’a rien eu à voir avec ce meurtre, mais concède que le tueur de la Bay Area a pu envoyer l’une ou plusieurs des lettres reçues par la police ou le père de Cheri Jo Bates).

Après 5 mois de silence, le Zodiac envoya une nouvelle lettre.
Postée le 13 mars 1971, elle fut la seule lettre jamais envoyée par le tueur au Los Angeles Times, et la première à être postée ailleurs qu’à San Francisco (à Pleasanton, à 22km à l’est de la ville).

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«C’est le Zodiac qui vous parle

Comme je l’ai toujours dis, je suis intouchable -{crack proof}. Si les Blue Meannies veulent m’arrêter un jour, ils feraient bien de bouger leurs gros culs + faire quelque chose. Parce que plus longtemps ils trainent + perdent leur temps, plus je vais collecter d’esclaves pour ma vie après la mort. Je dois quand même les féliciter pour être tombé sur mes activités de Riverside, mais ils ne trouvent que les plus faciles, il y en a plein d’autres. La raison pour laquelle j’écris au Times c’est ça, Ils ne m’enterrent pas en dernière page comme les autres.

SFPD-0
Symbole-cible-17+»

Lors d’une interview avec l’enquêteur amateur Mike Butterfield (zodiackillerfacts.com), un policier de Riverside a expliqué que ses services avaient soupçonné l’auteur de la lettre anonyme (celle envoyée en 1970 à Paul Avery et reliant les crimes du Zodiac à celui de Cheri Jo Bates) d’avoir également envoyé ce courrier au Los Angeles Times, en se faisant passer pour le Zodiac. A l’époque, l’inspecteur David Toschi, de la police de San Francisco, avait été soupçonné de cette contrefaçon.
Mais il n’existe aucun moyen d’étayer ces hypothèses…

Ensuite, le Zodiac n’envoya plus aucun courrier durant près de 3 ans.

Il refit surface en 1974, lorsqu’il écrivit une série de lettres au Chronicle sur une période de 6 mois, qu’il envoya depuis la Bay Area. Ces quatre lettres furent identifiées par l’analyse des enveloppes et de l’écriture comme provenant effectivement du tueur, bien qu’elles soient différentes des précédentes : le tueur avait abandonné ses salutations habituelles (« C’est le Zodiac qui vous parle »), sa signature (la cible) et ses menaces grandiloquentes.

La première lettre fut envoyée le 29 janvier, depuis le sud de San Francisco, et parlait du film l’Exorciste : « la meilleur comédie satirique que j’ai jamais vue ». Le tueur citait à nouveau l’opéra Mikado : « Il plongea dans les flots houleux et un écho s’éleva des tombeaux des suicidés », puis faisait le compte : « Moi : 37 – SFPD : 0 ».

La seconde lettre parvint au Chronicle le 14 février. Le Zodiac, parlant de l’enlèvement de Patty Hearst par la Symbonese Liberation Army, demandait « Saviez-vous que les initiales SLA se prononcent ‘sla’, un vieux mot nordique signifiant ‘tuer’. ». Il signa simplement « Un Ami ».

Trois mois plus tard, le 8 mai 1974, une carte postale fut envoyée au Chronicle depuis Fremont, à 40km au sud de San Francisco. Le message exprimait la « consternation » face aux publicités publiées par le journal pour le film « Badlands », inspiré par les meurtres de Charles Starkweather et Caril Ann Fugate. « La glorification des meurtres est injustifiable. Montrez un minimum de considération pour vos lecteurs et supprimez cette publicité »… Il signa « Un citoyen indigné« .

La quatrième lettre fut envoyée depuis San Rafael le 8 juillet 1974. Elle attaquait le journaliste conservateur du Chronicle Marco Spinelli (« Renvoyez le comte Marco dans son trou à rats ») et était signée « le Fantôme Rouge (rouge de rage) ».

Les médias de San Francisco affirmèrent que les 2 dernières lettres provenaient bien du Zodiac, mais l’inspecteur David Toschi, de la police de San Francisco, informa le FBI qu’il avait des doutes sur leur authenticité. Après les avoir examinées, le laboratoire du FBI conclut que, bien que certaines caractéristiques de ces 2 lettres présentaient des différences avec l’écriture des autres courriers du Zodiac, « ces incohérences ne sont pas suffisantes pour éliminer l’auteur des lettres du Zodiac » comme l’auteur de ces 2 dernières lettres.

En 1976, David Toschi se retrouva seul pour s’occuper de l’enquête du Zodiac. Le journaliste Herb Caen publia un article sur l’enquête non aboutie.

Le 24 avril 1978, le Zodiac envoya sa dernière lettre au San Francisco Chronicle.

lettre_derniere

« Cher rédacteur en chef
C’est le Zodiac qui vous parle,
Je suis de retour parmi vous
Dites à Herb Caen que je suis là, j’ai toujours été là. Ce cochon de Toshi est bon mais je suis plus malin et meilleur il va se fatiguer et me laisser tranquille. J’attends toujours un bon film sur moi. qui va jouer mon rôle. Je suis maintenant en contrôle de toute chose. Votre dévoué
(Symbole cible) = devinez
SFPD : 0″.

Cette dernière lettre est considéré comme un faux par nombre d’enquêteurs et de graphologues. Elle aurait été écrite en recopiant l’écriture du Zodiac.
On a nouveau soupçonné l’inspecteur Toschi de vouloir renouveler l’intérêt pour l’affaire en écrivant cette lettre, ne serait-ce que parce que son nom était cité, mais il n’a jamais été accusé officiellement de cette fraude.
Robert Graysmith a parfois été soupçonné d’avoir écrit cette lettre mais, là non plus, personne n’a jamais pu le prouver.

Après cet ultime courrier, le tueur du Zodiac ne fit plus jamais parler de lui.

Jusqu’en 1989, de l’autre côté du pays.

 

Le Zodiac de New York :

17thprecinctLe 17 novembre 1989, le commissariat du 17ème Precinct – East New York reçu une lettres titrée : « C’est le Zodiac ». Elle prévenait que 12 meurtres allaient avoir lieu, un pour chaque signe du zodiaque. Un cercle était dessiné sur une page, divisé en 12 quartiers, représentant chacun un signe zodiacal. Ce courrier affirmait également qu’un meurtre avait déjà eu lieu, celui d’un Taureau.

« C’est le Zodiac
Le premier signe est mort
Le Zodiac tuera les 12 signes dans la
Ceinture quand la lumière Zodiac sera vue ?
Le Zodiac répandra la peur
J’ai vu beaucoup de policiers sur Jamaica Avenue et Elen Lane mais vous n’êtes pas bon et vous n’attraperez pas le Zodiac.
Orion est celui qui peut arrêter le Zodiac et les Sept Sœurs »

Les policiers vérifièrent si un meurtre commis récemment pouvait être connecté à cette lettre, sans résultat. Ils considérèrent donc que ce courrier n’était que les divagations d’un fou, comme ils en reçoivent souvent.

Le 9 mars 1990, Mario Orozco, un cuistot de 39 ans, reçu une balle dans le dos alors qu’il revenait chez lui à 3h du matin, dans un coin de Brooklyn plutôt « mal famé ». Il survécu mais la balle resta logée près de sa moelle épinière. Son agresseur laissa son arme, posée juste à côté de Mario.

Le 29 mars 1990, vers 3h du matin, alors qu’il rentrait chez lui après une soirée arrosée, Germaine Montenesdro, 34 ans, reçu une balle dans le ventre, qui traversa son foi. Il survécu. Son agresseur le fouilla alors qu’il gisait à terre. Il ne lui vola pas d’argent mais prit son passeport.

La police de Brooklyn ne relia pas les agressions d’Orozco et de Montenesdro. Ils ne trouvèrent pas non plus le pistolet que, selon Mario Orozco, l’agresseur avait laissé près de lui.
A cette époque, les actes de violence aveugles étaient quotidiens et presque banals à New York.

Joseph Proce, 78 ans, vétéran de la seconde guerre mondiale, aimait se promener dans East New York ou dans le Queens, tard le soir, malgré les mises en garde de ses amis. Le 31 mars 1990, vers 1h30 du matin, il croisa un jeune homme qui lui demanda de l’eau. Joseph Proce n’en avait pas et continua sa promenade. Le jeune homme le rejoignit, se disputa avec lui, et sortit une arme. Proce reçu une balle dans le dos, qui toucha son rein. Il mourut à l’hôpital des semaines plus tard, le 24 juin 1990. Son agresseur laissa une lettre manuscrite étrange près du vieil homme.
Avant qu’il ne meure, les policiers interrogèrent Joseph Proce, mais considérèrent qu’il avait été victime d’une tentative de vol et non de meurtre.
Néanmoins, deux enquêteurs, Mike Ciravolo et Bill Clark, furent surpris par la lettre sinistre laissée par le tueur. Clark avait fait partie de la force spéciale qui avait permis l’appréhension de David Berkowitz, le « Fils de Sam ». Ciravolo et lui pensèrent que Joseph Proce n’avait pas été la victime d’un « simple vol ». Ils ne relièrent toutefois pas le meurtre de Proce aux tentatives sur Orozco et Montenesdro car ces dernières avaient eu lieu à la limite entre le Queens et Brooklyn.
Le pauvre Joseph Proce tenta de décrire son agresseur mais changea son histoire plusieurs fois, et notamment la description de son assaillant. Il affirma d’abord qu’il était noir, puis expliqua qu’il était possible qu’il soit blanc, voir même Hispanique… Il faisait sombre lorsqu’il avait été attaqué. Joseph Proce devenait malheureusement sénile et, parfois, il ne reconnaissant même pas les enquêteurs qui revenaient l’interroger.

eddiesedamessage1Les peurs de Ciravolo et de Clark, qui craignaient que l’agresseur de Joseph Proce puisse être un tueur en série, commencèrent à se matérialiser. Des lettres similaires à celle découverte près du vieil homme furent envoyées au New York Post et à l’émission « 60 minutes ». L’auteur, qui disait être « Le Zodiac », écrivait dans le même style étrange, listant les dates et les endroits de chacun de ses meurtres ou tentatives, ainsi que le signe astrologique de ses victimes. La lettre précisait « Tous abattus à Brooklyn ».
Les policiers pensèrent d’abord que la lettre n’était pas celle d’un tueur en série, car ils ne considéraient pas les agressions d’Orozco et de Montenesdro comme de meurtres.

Se rendant au 17ème Precinct pour voir un collègue, Clark découvrit par hasard les recherches menées sur ces lettres. Il reconnu immédiatement l’écriture et le style de la lettre laissée près de Joseph Proce. Il pensa à vérifier l’existence de victimes qui avaient survécu à des agressions par armes à feu, ainsi que leur signe zodiacal, et découvrit Orozco et Montenesdro. Le nouveau « Zodiac » semblait ne pas avoir réalisé qu’il était dans le Queens et non plus à Brooklyn lorsqu’il avait abattu Proce, ni que ses 2 premières victimes avaient survécu.
Les lettres envoyées aux journaux étaient donc vraies.

Le 19 juin 1990, le New York Post publia un article « Le Mystère du tireur du Zodiac », qui mit la pression sur la police : les new yorkers se souvenaient comment le « Fils de Sam » avait utilisé la presse pour tourner la police en ridicule et terroriser la ville.

Durant les semaines qui suivirent, la presse fit ses premières pages sur cette affaire et les habitants de New York se demandèrent si le Zodiac de la Bay Area avait traversé le pays. Des astrologues apparurent à la télévision avec des prédictions et des explications. Des groupes d’auto-défense commencèrent à patrouiller dans East New York.

Le 19 juin 1990, Larry Parham, un SDF, s’allongea sur un ban de Central Park, Manhattan, pour y passer la nuit. Il reçu une balle dans la poitrine, qui rata heureusement son aorte. Il survécu.
Parham aida la police à dresser un portrait robot. Il décrivit un homme noir d’une trentaine d’année, d’environ 1m80 et 80kg. Le portrait fut communiqué à la presse et des centaines de personnes affolées appelèrent la police.

Le lendemain de l’agression de Larry Parham, une nouvelle lettre du Zodiac parvint au New York Post. Comme la précédente, elle présentait le même symbolisme astrologique, des divagations absurdes et une liste des victimes. Mais cette fois, l’auteur du courrier tentait de convaincre le journal, et donc la police et le publique, que le Zodiac de New York était le même que celui de la Bay Area.
Mais, sauf rares exceptions, personne ne cru que les 2 tueurs n’en faisaient qu’un. Tout, depuis l’écriture du tueur jusqu’à la description de l’agresseur par les victimes survivantes, indiquait que le Zodiac de New York était un « copycat », un imitateur.

eddiesedamessage2

« C’est le Zodiac
La lettre envoyée au Post à aucune des lettres du Zodiac de San Francisco vous êtes
Dans l’erreur l’écriture semble différente c’est
Un des mêmes Zodiac un Zodiac
A San Francisco a tué un homme dans un parc avec un

Flingue et tué une femme avec un couteau et tué
Un homme dans un taxi avec un flingue »

 

Cette lettre sembla trop désespérée et trop coléreuse, même pour les journalistes. C’était l’œuvre d’un homme jeune, qui vivait sûrement à Brooklyn mais qui voulait que tout le monde pense qu’il était un tueur blanc d’âge moyen, originaire de San Francisco…

Des médiums offrirent leur aide à la police. Des centaines de personnes dénoncèrent des amis, des voisins, des collègues qui devaient être le Zodiac. On releva les empreintes d’un jeune homme uniquement parce qu’il avait emprunté un livre sur l’astrologie à la bibliothèque municipale. Un autre homme fut arrêté parce qu’en 1980, il avait signé le livre d’un ami avec une citation tirée d’une lettre du Zodiac de San Francisco. La police consulta même des professeurs d’astronomie pour obtenir des informations sur les constellations.
Les enquêteurs pensaient que la meilleure manière d’appréhender le tueur était de le prendre en flagrant délit. Il suffisait d’attendre une «conjonction astrale adéquate»

Mais le tueur décida de « faire profil bas ». La police possédait ses empreintes, relevées sur ses lettres. S’il était arrêté pour n’importe quel délit, la police saurait alors qu’il était le Zodiac. Le tueur cessa donc de tuer, comme l’avait fait le Zodiac de San Francisco.
Les policiers se mobilisèrent en août, dans l’attente d’une agression, mais il ne se passa rien. Ni les mois qui suivirent.
La force spéciale dédiée au Zodiac de New York fut finalement réduite de 50 à 18 enquêteurs. En quelques mois, les new yorkers se calmèrent et la ville cessa de s’inquiéter.

Le détective Ciravolo et quelques autres continuèrent leurs recherches lorsqu’ils avaient un peu de temps, mais l’affaire n’était plus considérée comme une priorité.

Durant plus de 2 ans, le tueur ne fit plus parler de lui.
Lorsqu’il décida de se remettre à tuer, il décida d’apporter quelques changements à ses habitudes. La police savait qu’il frappait souvent le jeudi, alors il ne tuerait plus ce jour-là. Il ne pouvait plus non plus prendre le temps de regarder la carte d’identité et la date de naissance de ses victimes pour connaître leur signe zodiacal. A présent il allait juste tuer et s’enfuir.

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