Le Zodiac

CRIMES ET CHATIMENT

Le 10 août 1992, Patricia Fonti, 39 ans, rencontra un jeune homme qui semblait charmant près du Highland Park, à la jonction entre le Queens et Brooklyn. Ils échangèrent quelques plaisanteries et elle accepta de le suivre dans la réserve naturelle du parc. A 1h30 du matin, l’homme lui tira deux balles dans le corps mais elle parvint à le repousser et se débattit. Sans doute affolé, le Zodiac la poignarda, plus de 100 fois.

Le 4 juin 1992, Jim Weber, un employé du bâtiment de 40 ans, croisa un jeune homme vers minuit, devant Highland Park. Il reçu une balle dans les fesses. Il survécu.

Le 20 juin 1992, Joseph Diacone, un malade mental de 40 ans, fut abattu d’une balle dans le cou devant Highland Park, à bout portant.

Le 2 octobre 1992, Diane Ballard, 40 ans, était tranquillement assise dans Highland Park lorsqu’elle reçu une balle dans le cou, qui resta logée dans sa moelle épinière. Elle survécu.

La police, qui pensait que le Zodiac de New York avait « disparu », ne relia pas ces crimes entre eux. Dans une ville qui subissait une moyenne de 5 meurtres par nuit, les enquêteurs ne trouvèrent rien de particuliers à ces meurtres et cette tentative.

Le 10 mars 1994, la police arrêta un jeune hispanique nommé Heriberto “Eddie” Seda devant son appartement d’East New York pour possession illégale d’une arme à feu « faite maison ». Il était poli et coopéra avec les policiers. Son arme fut mal étiquetée au laboratoire et ne fut jamais analysée. Une semaine plus tard, Seda fut libéré.

eddiesedamessage3Le 1er août 1994, le « NY Post » reçu une nouvelle lettre du Zodiac. Elle contenait une liste de nouvelles victimes, un étrange code en forme de totem et une phrase «dors mon petit mort comment nous les haïssons».
Le journal publia la lettre et la ville retomba dans la panique.
Cette lettre déconcertait la police. Etait-ce un copycat du copycat ? Ou l’imitateur original était-il de retour ?
Le tueur ne fit toutefois plus aucune victime.

Le 18 juin 1996, Heriberto Seda fut à nouveau arrêté, cette fois pour avoir tiré sur sa demi-sœur de 17 ans, Gladys Reyes, et menacé les policiers venus l’appréhender.

Heriberto Seda

Heriberto Seda

Seda et sa demi-sœur se disputait constamment, surtout depuis qu’elle avait commencé à fréquenter des dealers locaux. Gladys était la seule à travailler, et nourrissait tant son frère que sa mère, et n’avait cure des remarques de Seda. Elle avait donc invité un jeune dealer chez eux pour flirter et Seda avait pris l’une de ses armes « faites maison » pour tirer à travers le mur. Il avait touché sa demi-sœur dans le dos, mais elle était parvenue à fuir et se cacher. Les voisins avaient appelé la police. Deux ambulanciers s’étaient retrouvés coincés avec elle alors que Seda tirait à travers les fenêtres, vers la police.
Après des heures de palabres, un officier du 17ème Precinct était parvenu à convaincre Heriberto Seda de se rendre. Il fut amené au commissariat du 17ème.
Lorsqu’on demanda à Seda, 29 ans, d’écrire sa version des faits, l’un des enquêteurs trouva que son écriture ressemblait étrangement à celle des lettres du « nouveau Zodiac », et particulièrement la signature étrange qu’il traçait à la fin de chacune de ses lettres, une croix et trois 7.
Le policier montra la déposition à ses collègues, qui décidèrent de faire vérifier ses empreintes. C’étaient bien celles du Zodiac de New York.
Poussé par les policiers, Seda finit par avouer les meurtres et les agressions, dans tous leurs horribles détails.

Seda n’était jamais sorti avec une fille. Il était profondément religieux et se rendait régulièrement à l’église. Il vivait avec sa mère et sa demi-sœur dans l’est de New York. Il ne travaillait pas et traînait souvent seul. A 16 ans, il avait été renvoyé du lycée pour y avoir amené une arme à feu. Il avait frappé sa demi-sœur jusqu’en 1989.
Seda aimait lire, particulièrement des magasines sur les armes et la violence. Il possédait des livres sur les tueurs en série et idolâtrait Ted Bundy.
Mais le tueur que Seda admirait le plus était le Zodiac de la Bay Area, car il n’avait jamais été arrêté. Il était « plus malin que les flics ». Il était « un serviteur de Dieu et ses victimes pécheresses le servirait dans sa vie après la mort ». Eddie Seda avait lu des dizaines de fois le livre de Robert Graysmith sur le Zodiac, s’inspirant de ses crimes.
Il possédait un petit arsenal d’armes artisanales et d’explosifs. Il commandait ses munitions par catalogues et avait réalisé lui même plusieurs pistolets. Il savait qu’avec ce genre d’arme, il pouvait changer de canon et donc éviter les correspondances balistiques.

En juin 1998, Seda fut condamné à 235 années d’emprisonnement.

Né en 1967, Seda n’était évidemment pas le Zodiac de la Bay Area.

En 2004, la police de San Francisco a officiellement déclaré l’enquête « inactive » pour le dernier meurtre « officiel » commis par le Zodiac, celui de Paul Stine. Les autres meurtres sont considérés « non classés ».

 

LES AUTRES VICTIMES :

Le Zodiac est soupçonné de plusieurs autres meurtres dans la Bay Area :

Robert Domingos et Linda Edwards
Le mardi 4 juin 1963, en fin d’après-midi, le couple s’amusait sur une plage isolée de Gaviota, dans le comté de Santa Barbara. Robert Domingos, 18 ans, a été abattu de 11 balles. Sa petite-amie, Linda Edwards, 17 ans, a été abattue de 9 balles.
L’arme était un semi-automatique calibre .22.

Linda Edwards

Linda Edwards

Les corps n’ont été découverts que le lendemain soir.
Les deux victimes étaient lycéens et participaient à une fête traditionnelle de futurs bacheliers. Mais au lieu de faire la fête avec leurs camarades de classe, Domingos et Edwards avaient décidé de prendre un bain de mer, dans un coin isolé de la plage.
Apparemment, le tueur s’est approché d’eux alors qu’ils se baignaient. Il a forcé Linda Edwards à attacher Domingos avec des cordes pré-coupées, en la menaçant avec son arme. Mais les deux lycéens sont parvenu à se détacher et ont tenté de s’enfuir. Le tueur les a abattus.

Robert Domingo

Robert Domingo

Selon la police, les circonstances dans lesquelles les coups de feu ont été tirés suggèrent que le tueur connaissait bien les armes à feu et était un bon tireur. Les corps ont été traînés sur une dizaine de mètres jusqu’à un coin broussailleux plus près des terres, qui était parfois occupés par des SDF. Le tueur a mis le corps de Linda Edwards (sur le dos) sur le corps de Robert Domingos et a découpé le haut de son maillot de bain avec un objet effilé (sûrement un couteau), exposant ses seins. Il a ensuite tenté de mettre le feu aux broussailles, sans réussir.
Les similarités entre ces deux meurtres et l’agression de Bryan Hartnell et le meurtre de Cecelia Shepard au Lac Berryessa en 1969 sont frappantes (couteau, pistolet, corde pour attacher, agression d’un jeune couple dans un endroit isolé). Selon certains, le fait que Robert et Linda soient parvenus à se détacher expliqueraient pourquoi le Zodiac a vérifié puis resserré les liens de Bryan Hartnell au Lac Berryessa.
En 1972, le shérif du comté de Santa Barbara a demandé à ce que les meurtres de Domingos et Edwards soient officiellement considérés comme ayant été commis par le Zodiac.

 

Donna Lass
Cette infirmière de 25 ans a disparu le 26 septembre 1970, près de South Lake Tahoe (Californie). Elle travaillait dans un hôtel-casino de Stateline, juste à la frontière du Nevada, qu’elle quitta à 1h50 du matin pour rentrer chez elle. Personne ne la vit quitter l’hôtel mais sa voiture fut retrouvée devant son appartement. Le lendemain, son employeur et son propriétaire reçurent un appel téléphonique d’un homme leur expliquant que Donna Lass était malade et qu’elle avait quitté la ville pour raison familiale. Il s’avéra que cet homme mentait.

Donna Lass

Donna Lass

Un mois plus tard, une carte postale provenant de Forest Pines (près du Lake Tahoe) fut reçue par le San Francisco Chronicle, affirmant que la disparition de la jeune infirmière était connectée au Zodiac.
Six mois plus tard, en mars 1971, le Chronicle, le SF Examiner et le SF Times reçurent une autre carte postale à ce sujet.
Toutefois, aucune preuve n’a pu relier la disparition de Donna Lass au Zodiac.

 

LA LEGENDE :

zprints3L’une des légendes qui perdurent concernant l’affaire du Zodiac est que le tueur était méticuleux dans ses efforts pour priver la police d’indices physiques. La déclaration du Zodiac en novembre 1969 selon laquelle le bout de ses doigts était recouvert de colle adhésive pour avion est citée comme preuve de son habilité à échapper à la police. Cette fanfaronnade va toutefois à l’encontre des faits rapportés par de nombreux enquêteurs, lisibles dans des dizaines de documents locaux, d’état et même fédéraux.
En fait, un examen des rapports remplis par la police de San Francisco, la police de Vallejo, le département du shérif du comté de Napa, le département de la Justice de Californie et le FBI révèle que le Zodiac a été pour le moins négligeant tant dans l’écriture de ses lettres à la presse que sur les scènes de ses crimes.

Trois empreintes au moins ont été relevées sur les premiers courriers du tueur : la lettre de juillet 1969 envoyée au Times-Herald de Vallejo, ainsi que sur le message codé envoyé au San Francisco Examiner. Deux « empreintes digitales de valeur » ont également été trouvées sur les pages de la lettre suivante, celle envoyée en août 1969 à l’Examiner. Elles ont été prélevées par le laboratoire du FBI, qui allait par la suite procéder à tous les relevés d’empreintes pour cette affaire.
Le département du shérif du comté de Napa a quant à lui trouvé plusieurs empreintes de doigts et de paume sur la scène du crime du lac Berryessa. Alors que les très nombreuses empreintes relevées sur la voiture de Bryan Hartnell furent considérées comme celle de passants sans rapport avec l’affaire, quatre empreintes intéressantes furent découvertes parmi les 35 couvrants le combiné téléphonique de la cabine publique d’où le tueur avait appelé la police de Napa.
Une empreinte de paume particulièrement nette fut découverte sur le combiné. Elle était encore humide, indiquant qu’elle avait été laissée par la dernière personne ayant utilisé le téléphone, probablement le tueur. Malheureusement, le technicien chargé de relever cette empreinte, aussi nerveux qu’impatient, ne lui laissa pas le temps de sécher et la brouilla donc complètement en la relevant.

Les trois adolescents qui ont été témoins des derniers instants de Paul Stine ont observé le tueur nettoyer certaines parties du taxi du jeune homme. Il tentait d’effacer les éventuelles empreintes qu’il aurait pu laisser : cela aurait été inutile si les bouts de ses doigts avaient effectivement été couverts de colle. De plus, les témoins ont décrit un homme qui essuyait ses empreintes mais ne l’ont pas vu laisser de « fausses empreintes », comme le Zodiac l’avait affirmé.
Les techniciens du laboratoire de la police de San Francisco ont relevés des dizaines d’empreintes à l’intérieur du taxi et sur sa carrosserie. Parmi elles, selon le rapport de police, plusieurs « montrent des traces de sang et sont considérées comme des empreintes du suspect ». La plupart de ses empreintes intéressantes provenaient de l’habitacle, près des portières. L’un des enquêteurs de la police écrivit également dans son rapport : « des empreintes relevées sur la poignée de la portière avant droite sont également considérées comme appartenant au suspect ». Aucune empreintes ne présentaient une texture particulière, qui aurait du apparaître si les doigts du tueur avaient été couverts par un adhésif.
Selon un rapport du FBI, la lettre qui fut envoyée pour se vanter du meurtre de Paul Stines portait également des empreintes digitales.
Ce n’est que dans sa lettre suivante, envoyée le 9 novembre 1969, que le Zodiac affirma masquer ses empreintes digitales. Le Zodiac savait certainement que la police possédait non seulement ses empreintes mais aussi une description physique exacte et cette histoire de « caches transparents » n’était qu’une tentative pour instiller le doute dans l’esprit des enquêteurs.

Des empreintes furent également découvertes sur la carte de vœux du 28 avril 1970 et, selon la police, « les empreintes n’ont pas été laissées par une personne qui aurait tenu la carte après sa réception ».

En 1969, le FBI a classé les empreintes découvertes par la police de San Francisco : « 30 empreintes digitales latentes, trois empreintes de paume latentes ». Seules deux, appartenant à Paul Stines et à un officier de police, furent identifiées. Le nombre d’empreintes envoyées au laboratoire du FBI par les polices de San Francisco et Vallejo augmenta ensuite à 38, n’incluant pas les relevés opérés par le département du Shérif du comté de Napa. Bien que la majorité de ses empreintes fût sûrement celles de simples passants, il existe un degré de probabilité élevé que certaines d’entre elles appartiennent au tueur.
La police elle-même a indiqué qu’elle considérait certaines empreintes comme celles du Zodiac. Des centaines de suspects furent innocentés après que l’on ait vérifié leurs empreintes, et notamment Arthur Leigh Allen, le plus connu d’entre eux (voir plus bas). Pour ce qui est des empreintes d’Allen, la police de Vallejo police demanda au FBI « de les comparer » aux deux empreintes latentes relevées sur la lettre du mois d’août 1969 envoyée à l’Examiner, et a « en outre demandé au FBI de comparer les empreintes digitales d’Allen avec toutes les empreintes prélevées dans l’enquête sur le Zodiac. » Il n’y eut aucune correspondance et Allen fut « rejeté comme un suspect ».

 

L’IDENTITE DU ZODIAC :

D’après les descriptions offertes par les témoins et les victimes survivantes, le Zodiac était un homme assez jeune, entre 25 et 35 ans. Dans ses lettres, Zodiac parle de ses victimes en les désignant comme plus jeunes que lui.
Il était brun avec des cheveux courts, robuste, voir massif et un peu bedonnant. En dehors de cela, il n’avait aucune caractéristique physique particulière, mais plusieurs personnes ont affirmé qu’il portait des lunettes à montures épaisses.

Ses lettres laissent penser qu’il était peut-être dyslexique.
Les témoins n’ont remarqué aucun accent (différent du leur, en tout cas), ce qui signifie que le « Zodiac » devait être originaire de la côte ouest, et plus spécifiquement de la Californie. Les témoins ont seulement expliqué que le tueur parlait de manière lente et mesurée.
Le tueur a également démontré une grande familiarité avec la région.
On peut donc conclure qu’il avait vécu en Californie au moins plusieurs années avant de commettre ses crimes, probablement depuis son enfance.

Beaucoup de spéculations sont apparues concernant une possible connexion du « Zodiac » avec le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud ou l’Australie, à cause de certains mots ou certaines phrases utilisées dans ses lettres. Cela ne signifie pas obligatoirement que le tueur était lui-même d’origine britannique ou australienne, mais il est possible que l’un de membres de sa famille l’ait été. Cette personne a pu lui faire partager plusieurs traditions culturelles britanniques, telles que les célèbres opérettes de Gilbert et Sullivan (librettiste et compositeur Victoriens), qu’il a citées dans plusieurs de ses lettres.

 

LES SUSPECTS :

Depuis des années, les meurtres commis par le Zodiac ont intrigué des dizaines d’enquêteurs amateurs, qui remplissent les sites et les forums internet de théories sur son identité. Certaines sont plutôt étayées, d’autre nettement plus étranges et fantaisistes.

– Arthur Leigh Allen
Arthur_AllenAprès que Robert Graysmith ait publié son livre “Zodiac” en 1986 désignant « Robert Hall Starr » comme le suspect des meurtres de la Bay Area, nombre de résidents de la région ont considéré Arthur Leigh Allen comme le tueur. Allen, un habitant de Vallejo reconnu coupable d’agression sur des enfants et que Graysmith décrivait sous le pseudonyme de « Starr », est mort en 1992. Il ne fut jamais inculpé des meurtres du Zodiac, et malgré tous les efforts de certains enquêteurs, pas un seul des indices découverts durant l’affaire ne peut totalement et sans le moindre doute relier Arthur Leigh Allen aux crimes du Zodiac.
En fait, il a été démontré que les liens allégués entre Allen et les meurtres étaient soit des mensonges ou des arrangements avec la vérité (parfois proférés par Robert Graysmith lui-même), soit de simples coïncidences, ou qu’ils étaient attribuables à la personnalité déviante d’Allen, qui était fasciné par le Zodiac.
En savoir plus sur Arthur Leigh Allen.

 

– Richard Marshall
Rick_MarshallRick Marshall est considéré comme un suspect de choix par plusieurs d’enquêteurs. Son apparence physique et son histoire personnelle correspondent assez à ce que l’on sait du Zodiac.
Costaud, porteur de lunettes, ancien marin de la Navy, Marshall était un fou de cinéma. Il avait mauvais caractère et se montrait hostile envers les femmes. Il avait été initié à la cryptographie (les codes) dans la marine.
– Il vivait dans la région lors du meurtre de Cheri Jo Bates à Riverside.
– Il aurait vécu dans la région de Napa au moment du meurtre du lac Berryessa.
– En 1969, il vivait dans une cave sur Scott Street, à San Francisco, non loin de l’endroit où a été assassiné Paul Stine. Dans l’une de ses lettres, le Zodiac avait parlé de « sa cave ».
– Grand cinéphile, Marshall a travaillé comme projectionniste dans un cinéma projetant des films muets, dans la Bay Area, au moment où le Zodiac a envoyé sa lettre du « Fantôme rouge » en juillet 1974. Selon les enquêteurs, le Zodiac aurait signé « le Fantôme rouge » parce qu’il avait été influencé par la vision d’un film muet portant ce titre (El Spectre Rojo).
– Marshall possédait une machine à écrire portable « Royal » similaire à celle utilisée pour taper la lettre avouant le meurtre de Cheri Jo Bates.

Toutefois, Marshall avait déjà 41 ans en 1969.
Une comparaison de ses empreintes avec celles du Zodiac a été non concluante. Il serait mort en septembre 2008.
Dans son livre « Zodiac », Robert Graysmith parle d’un personnage nommé Donald Andrews, clairement inspiré de Marshall. Ce chapitre contient autant de faits que de fiction et présente Marshall comme un suspect intéressant. Dans le film « Zodiac » de David Fincher, le personnage du cinéphile malsain est appelé Rick Martin.

 

– Lawrence Kane :
Lawrence_KaneLawrence Kane a été nommé comme suspect potentiel en 1998, dans l’émission « America’s Most Wanted ».
– Pam Huckaby, la sœur de Darlene Ferrin, a affirmé que Kane a suivit Darlene durant les mois qui ont précédé son meurtre.
– Après un grave accident de la route en 1962, lors duquel Kane avait subi un traumatisme crânien, un psychologue avait diagnostiqué chez lui une « perte de la capacité à contrôler son autosatisfaction ».
– Il avait été arrêté plusieurs fois pour voyeurisme.
– En juin 1970, Kane a quitté San Francisco pour aller vivre à South Lake Tahoe, Nevada, tout comme Donna Lass, et a travaillé dans le même bâtiment qu’elle. Selon les collègues de Donna Lass, elle connaissait Lawrence Kane. Il lui aurait demandé de sortir avec lui et elle aurait refusé.

Toutefois :
– Kane mesurait 1m80 et mais ne pesait pas plus de 75 kilos.
– En 1969, il avait déjà 45 ans.
– Kane n’a pu être lié à aucune victime, ni à aucune des lettres envoyées par le Zodiac.
– Même si Kane est responsable de la disparition de Dona Lass (et rien n’est moins sûr), cela ne fait pas de lui le Zodiac. Le lien entre Dona Lass est le Zodiac est d’ailleurs plutôt mince.

 

– Bruce Davis et la « Famille Manson » :
brucedavisBill Nelson et Howard Davis ont écris des ouvrages sur une éventuelle connexion entre les crimes du Zodiac et les meurtres brutaux attribués à la « Famille Manson ». Des documents officiels révèlent que l’idée a également traversé l’esprit de plusieurs enquêteurs travaillant sur l’affaire du Zodiac, après l’arrestation de Charles Manson et des membres de son groupe en 1969.
Les membres de la « Famille » avaient utilisé le sang de leurs victimes pour laisser des messages terrifiants sur les lieux des crimes, notamment le fameux « Helter Skelter ».
Le message que le Zodiac avait laissé sur la portière de la voiture au lac Berryessa et la nature inexplicable des crimes ont mené certains enquêteurs à se demander si Manson n’était pas également le « cerveau » des crimes du Zodiac.

Des membres de la « Famille » furent interrogés par l’agent spécial Mel Nicolai, du Departement de la Justice de l’état de Californie, et par l’inspecteur des Homicides William Armstrong, de la police de San Francisco.
Ils ne trouvèrent aucun lien entre la « Famille » et les meurtres du Zodiac.

Des membres de la « Famille », Bruce Davis et Steve Grogan, ont participé en 1969 aux meurtres d’un professeur de musique, Gary Hinman, et d’un employé du ranch de la « Famille », Donald « Shorty » Shea.
La médiatisation, la sensationnalisation des crimes affreux commis par les suiveurs de Manson ont transformé la « Famille » en des vilains archétypaux, les grands méchants de la décennie, faisant naître des rumeurs insensées soutenant qu’ils étaient derrière chaque meurtre un peu étrange, et qu’ils étaient responsables de la dépravation et de la décadence du pays… On les liait avec des rituels sataniques, des « snuff movies » et même la « Process Church » (une secte millénariste) ou la Scientologie.
Howard Davis, auteur d’un ouvrage reprenant la théorie du complot occulte, publié en 1997, accuse Bruce Davis, membre de la « Famille » à la fin des années 1960, d’avoir été le Zodiac.

Davis peut être situé dans la Bay Area à la fin des années 1960. En dehors de cela, de nombreux faits l’innocentent des crimes du Zodiac.
– Il portait les cheveux longs au moment des meurtres
– La police ne le considère pas du tout comme un suspect « valable »
– Son écriture et ses empreintes ne correspondent pas à celles du Zodiac

 

– Theodore Kaczynski :
kaczynskiL’Unabomber a quelques points communs avec le Zodiac :
– Il vivait dans la Bay Area à la fin des années 1960.
– Il ressemblait au portrait robot
– Kaczynski était (évidement) capable de créer une bombe
– Kaczynski communiquait avec les médias après avoir commis ses crimes
Ses similarités pourraient sembler incriminantes mais le fait est que Kaczynski a simplement été influencé par le Zodiac.
En dehors du fait que Ted Kaczynski ne ressemblait pas du tout à la description physique du Zodiac (il a toujours été mince et ne portait pas de lunettes), il a été totalement innocenté des crimes du Zodiac, tant par le FBI que par la police de San Francisco, grâce à ses empreintes, son écriture, et le fait qu’il n’était même pas en Californie lors de la plupart des meurtres.

 

L’identité du Zodiac n’est toujours pas connue et, de temps à autres, des fils ou des filles viennent accuser leur père d’avoir été le tueur. A tort, pour le moment.

– Charles Clifton Collins :
William Collins, étudiant en journalisme à New York, pensait que son père, Charles, pouvait être le tueur du Zodiac. Selon lui, son père aurait eut exactement la même écriture que celle du tueur. En lisant un ouvrage sur l’affaire, il avait découvert d’autres coïncidences :
– Son père, décédé en 1993, ressemblait beaucoup au portrait robot
– Il portrait souvent des chaussures de style militaire, taille 10 ½ (44)
– Il vivait à San Francisco au moment de crimes
– Ses initiales, CCC, apparaissent sur une carte envoyée par le Zodiac à la police
William Collins a confié à la police une enveloppe scellée et léchée par son père, ainsi que son propre ADN, afin que des analyses comparatives soient effectuées.
L’ADN de Charles Collins ne correspond pas à celui du Zodiac.

 

– Jack Tarrance :
terrance_jackEn août 2008, Dennis Kaufman, un habitant de Pollock Pines, confia à la police fédérale des objets ayant appartenus à son beau-père, Jack Tarrance. Il était persuadé que ce dernier était le Zodiac.
Durant 8 ans, Dennis Kaufman avait tenté de prouver que le seul père qu’il a connu depuis ses 5 ans était le tueur de la Bay Area.
Il avait comparé des écrits de son père avec les lettres du Zodiac et affirmait que l’écriture était la même (elles se ressemblent mais sans plus). Selon lui, le portrait-robot du Zodiac ressemblait beaucoup à son beau-père, qui aurait admis “indirectement” être le Zodiac.
Jack Tarrance est mort en 2006, à 78 ans. En rangeant ses affaires, Kaufman avait découvert un couteau qui semblait couvert de sang séché ainsi qu’une cagoule de forme carrée. Jack Tarrance a également laissé plusieurs rouleaux de pellicules photos non développées, qui ont également été confiés au FBI. Sur l’une de ces pellicules ont été découvertes des images qui semblaient présenter des meurtres…
Le FBI effectua des analyses dans son laboratoire, dans le but de dresser le profil ADN de Jack Tarrance, pour le comparer à celui du Zodiac.
Dans le même temps, Kaufman affirma que son beau-père avait assassiné sa mère, ce qui révéla être un mensonge. Elle était morte d’une maladie rare.
Il essaya également de vendre à Tom Voigt (un enquêteur amateur auteur du site de référence zodiackiller.com), un morceau de t-shirt qu’il affirmait avoir appartenu à Paul Stine (le chauffeur de taxi assassiné). Il en voulait 50.000$…
En octobre 2008, les résultats des analyses du FBI furent rendues publiques : elles se révélèrent « non concluantes ». L’ADN de Jack Tarrance ne correspondait pas à celui du Zodiac.

 

MODE OPERATOIRE

La manière dont s’est conduit le tueur au lac Berryessa offre un exemple du comportement étrange que pouvait avoir le Zodiac. La cagoule carrée qu’il a enfilée, par exemple, était d’une forme plutôt spéciale et le tueur n’a pas expliqué pourquoi il la portait, ni à ses victimes, ni à la presse. Il voulait sûrement cacher son visage, mais il aurait pu le faire avec une cagoule plus « classique ».

Il a raconté une histoire d’évasion au jeune couple, alors qu’il a abattu les autres par surprise, sans leur parler. Il a attaché et poignardé Shepard et Hartnell alors qu’il possédait un pistolet et aurait pu les abattre.

Les meurtres de Vallejo montre au contraire un Mode Opératoire « d’attaque éclair » avec une arme à feu, suivie d’un départ rapide et contrôlé. Le MO du lac Berryessa est plus proche du meurtre de Riverside, exécutées avec un couteau et précédées par quelques échanges verbaux entre le tueur et ses victimes, mais des différences apparaissent néanmoins : l’assassin de Cheri Joe Bates était mal préparé, il n’a utilisé qu’un petit couteau de poche sur une jeune femme qui s’est défendu vigoureusement, la frappé et griffé, après qu’ils aient conversé plus d’une heure.

Le Zodiac a « amélioré » son mode opératoire et est devenu plus audacieux. Au Lac, il a attaqué le jour et non la nuit, dans un endroit ouvert aux yeux de tous, bien qu’il ait choisi un endroit assez isolé.

Toute action menée par le tueur est qui n’est pas nécessaire à l’accomplissement du crime, ou qui est effectuée uniquement pour satisfaire ses propres besoins psychologiques, est appelé « personation ». La cagoule carrée, le mensonge («je suis un évadé de prison»), la demande d’argent et des clés de la voiture sont des exemples de « personation ». Des exemples répétés de la même « personation » par un même agresseur sont considérés comme une « signature ». Le fait que le tueur ait écrit sur la porte de la voiture peut être considéré comme une « signature » : le symbole de la cible est apparu sur toutes les lettres du Zodiac, entre 1969 et 1971.
L’appel téléphonique est un autre aspect de sa signature, tout comme les appels passés à la police de Riverside et de Vallejo, qui eux aussi étaient totalement « inutiles » à l’accomplissement de ses crimes.

Le fait que le tueur ait choisi d’utiliser un couteau plutôt que son pistolet, en plus de la cagoule, est généralement cité comme la preuve que l’attaque du lac Berryessa avait une importance rituelle pour le tueur.
C’est peut-être vrai : la cagoule reste inexpliquée, le Zodiac n’en a pas parlé dans ses lettres, mais peut-être voulait-il simplement instiller la terreur à ses victimes. Et selon le témoignage d’Hartnell, le Zodiac tremblait et semblait ne plus se contrôler. Toutefois, le fait qu’il ait cette fois choisi un endroit ouvert, sur les bords d’un lac, peut mener à penser qu’il a décidé d’utiliser un couteau, une arme silencieuse, principalement dans le but de ne pas trop attirer l’attention.
Certaines personnes sont convaincues que l’attaque du lac Berryessa n’a pas été commise par le Zodiac, arguant des nombreuses différences existant avec les autres agressions de la Bay Area : l’heure de la journée, le couteau, la discussion avec les victimes et le fait de les avoir attachées, et l’absence de lettre se vantant de ce crime.
Pourtant, d’autres preuves démontrent que cette agression a plus que sûrement été commise par le Zodiac : l’écriture sur la porte de la voiture d’Hartnell est similaire à celle des lettres ; le poids, la taille de l’homme et sa description physique correspondent à celles données précédemment ; l’appel qu’il a passé après son crime est une « habitude » du tueur.

La variation dans le mode opératoire peut être attribuée à l’audace, au calcul et à l’autosatisfaction grandissante d’un tueur en série en développement. En outre, si le Zodiac n’avait pas été responsable de l’attaque du lac Berryessa, il aurait presque certainement envoyé une lettre aux journaux, soit pour nier les accusations, soit pour offrir une fausse confirmation, comme il l’a fait pour le meurtre de Cheri Jo Bates à Riverside.
Un « copycat » du Zodiac aurait du avoir le bon poids, la bonne taille et la même apparence. Il aurait du imiter parfaitement l’écriture du tueur. Et il aurait du montrer une compréhension du besoin de contrôle exprimé par du Zodiac, en veillant dans le même temps à ne pas laisser sa propre « personation » sur la scène du crime.

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