Bibliographie : Sociologie

Les tueurs en série fascinent et terrifient. Selon les pays et les mentalités, ils sont transformés en héros ou en monstre, voir les deux. Les ouvrages qui suivent tentent de comprendre comment et pourquoi la société réagit face aux crimes en série.

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Résumé : “Pourquoi y a-t-il autant de “serial killers” aux États-Unis ? Pourquoi la “production culturelle” américaine (films, télévision, livres) est-elle aussi imprégnée de violence et de cruauté ? Est-il vrai que le spectacle de la violence imaginaire encourage le déchaînement des instincts violents ? Mais aussi : pourquoi la double figure du Dr Jekyll et M. Hyde, de l’homme et de la bête dans un même corps à l’image du loup-garou, sont-ils aussi présents dans la culture nord-américaine ? Enfin, alors qu’elle se répand mondialement, cette culture aurait-elle le pouvoir de multiplier parmi nous les appétits meurtriers ?”
Critique : Un très bon livre présentant des théories intéressantes et originales, que l’on peut approuver ou non. Il est un fait que les Etats-Unis “produisent” plus de tueurs en série qu’aucun autre pays au monde et il existe plusieurs raisons à ce phénomène. L’une d’elles repose, selon Duclos, au coeur même de la société américaine et de sa vision du monde : “la société n’est qu’un rempart précaire contre l’animal tapi en nous”. “Aux États-Unis, le tueur est souvent présenté comme un monstre inhumain qui menace la société. Mais en même temps la tendance anglo-saxonne est d’utiliser le fait pour exploiter commercialement le criminel comme n’importe quelle production économique normale de la société. Pour nous (les Français, la culture “latine”), les criminels ne mettent pas en péril une société établie, s’ils invitent éventuellement à réfléchir sur ses insuffisances ou ses excès”.

Résumé : “Une perspective anthropologique sur les causes de la psychopathologie dans la culture et comment les meurtres en série agissent contre la société de manière spécifique et prévisible (…) Cet ouvrage ose convier le lecteur à un voyage dans l’esprit, les motivations et les méthodes de six tueurs en série et tueurs de masse américains, et aborde plus brièvement les crimes de vingt autres tueurs.
Critique : Ce livre présente des théories semblables à celles de Denis Duclos et Philip Simpson. Ce “grand classique” écrit par un sociologue constitue un total déni face à l’idée établie selon laquelle les tueurs en série sont tous des aliénés mentaux. Leyton explore les mobiles étranges mais compréhensibles de six tueurs en série célèbres : Ed Kemper, Ted Bundy, Albert DeSalvo, David Berkowitz, Mark James Essex et Charles Starkweather. En décrivant leurs crimes, utilisant une théorie anthropologique et des profils psychologiques, Leyton montre la froide rationalité à la base de leur folie apparente.

Résumé : Une étude semi-scientifique sur les serial killers modernes. Fisher parle des plusieurs tueurs américains célèbre mais aussi de Jack l’Eventreur. Son but est de prendre la mesure des protestations du public contre le crime et pour comprendre comment la réponse de la communauté peut affecter le tueur.
Critique : L’idée d’une analyse scientifique de la réponse d’une communauté à la peur est intéressante. Mais ce livre ne fournit pas grand chose en terme de réelle analyse. Au départ, Fisher nous parle des tueurs les plus connus, comme Jeffrey Dahmer, et fournit des détails intéressants tels : “comment presque toutes les personnes impliquées dans l’affaire ont terminé en s’intentant des procès” (La mère d’une des victimes a même poursuivit les parents de Dahmer pour l’avoir mal élevé !). Le chapitre sur le tueur d’enfant d’Atlanta, Wayne Williams, donne des points de vues étonnants sur ses meurtres, notamment au sujet de la communauté noire qui n’acceptait pas qu’il soit le tueur d’enfants car il était “l’un des leurs”… Mais malheureusement, Fisher, après le premier chapitre, semble perdre le contact avec son sujet. La plus grande partie du livre consiste en résumés sanguinolents de crimes, et le livre est rempli de tableaux graphiques qui ne servent pas à grand chose. Dommage…

Résumé : “Dans un ouvrage historique et sociologique, un panorama complet de la violence en France au cours du XXème siècle. Ce n’est qu’au cours des années 1880 que la “violence ordinaire”, celle qui n’est pas politique, commence réellement à susciter l’attention. Des scientifiques l’analysent, notamment Cesare Lombroso qui inventa la théorie du “criminel-né” et Alphonse Bertillon, le père de l’identification judiciaire. Les médias, ensuite, se passionnent pour le destin de tueurs atypiques tels Landru, le docteur Petiot ou Mesrine. Vantant le génie de certains, réclamant la tête des autres, le journaliste a tour à tour endossé les habits de l’avocat, du juge ou du bourreau, entraînant ce que l’on appelle aujourd’hui le “sentiment d’insécurité”. Les pouvoirs publics, enfin, mettent en place de nouvelles politiques, où prévention et réinsertion ont leur mot à dire à côté de la répression”.
Critique : Historienne, l’auteur ne se contente pas d’aborder les affaires célèbres mais explique également que chaque époque a eu sa “nouvelle” violence. Au début du 20ème siècle, c’était les crimes passionnels, puis les enfants martyrs et les “Apaches”, ensuite les anarchistes, les blousons noirs… De nos jours, ce sont les tueurs en série. La criminalité n’a cessé de mobiliser les fantasmes sécuritaires. Intéressant pour remettre l’histoire de la (les) violence(s) en perspective.

Résumé : “Qu’est-ce qui fait qu’un psychopathe est spécifiquement Américain ? Pourquoi la culture américaine est-elle préoccupée par la figure du tueur en série depuis plus de trente ans, et que révèle cette préoccupation de la société qui produit ces images ? A quel point le tueur en série est-il une extension naturelle de l’idée de l’individualisme américain ? Les histoires de tueurs en série représentent-elles des critiques radicales de la société américaine ou sont-elles conservatrices par nature ? Ces questions constituent le tremplin de l’enquête de Simpson sur le “genre tueur en série” dans la culture américaine contemporaine. Simpson offre un tour d’horizon original du “genre serial killer” dans les deux médias responsables de sa popularité : la littérature et le cinéma des années 1980 et 1990″.
Critique : Les anglicistes apprécieront le jeu de mot (quasi intraduisible) avec “psycho paths” (“les chemins des psychopathes”)… Vous ne pourrez réellement appréhender ce livre que si vous connaissez bien la culture, l’actualité et la politique américaines. Les théories de Simpson sont proches de celles de Denis Duclos (le berserk, le doppelgänger…). Au cours de son étude, la frontière entre la fiction et la réalité disparaît : ainsi, si les médias présentent les “vrais” criminels comme des monstres de films d’horreur, le profiling à tout d’une création de fiction. Simpson explique dans son analyse de l’héritage gothique (vampires, loups-garous…) du “genre tueur en série” que cette confusion des frontières est tout à fait symptomatique des problèmes sociaux que le tueur incarne lui-même… Simpson a un point de vue fort américain sur la question et simplifie parfois un peu trop le rapport entre culture et tueur en série. Bien que Simpson créé plus de questions qu’il ne peut y répondre (est-ce la société qui créé les tueurs en série ? les médias ont-ils une responsabilité ?…), ces questions sont importantes et méritent d’être prolongées.

Résumé : Qui était Harry Powers, le tueur de femmes et d’enfants, incarné à l’écran par Robert Mitchum dans “La Nuit du chasseur” ? Jusqu’à quel point Ed Gein, “le boucher de Plainfield”, a-t-il inspiré “Massacre a la tronçonneuse” ? “L’Inspecteur Harry”, film pivot dans la carrière de Clint Eastwood, ne doit-il pas énormément au tueur du Zodiac, jamais retrouvé ? Les exemples sont légion. Hannibal Lecter nait du mélange de plusieurs tueurs en série, parmi lesquels le terrible Ed Kemper, “l’ogre de Santa Cruz”. M le Maudit ne diffère pas tellement du meurtrier allemand Peter Kurten, “le vampire de Dusseldorf”, ayant sévi au debut du XXème siècle. Il en va de même pour des films comme “Arsenic et vieilles dentelles”, “Scream”, “Tueurs-nés” ou pour la série télévisée “Dexter”.

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