roberto succo

Roberto Succo

Crimes et châtiment (suite)

Les policiers marseillais contactèrent la police italienne au sujet d’un “Juce” qui avait quitté un hôpital psychiatrique au printemps 1986, originaire de Vénétie et peut-être parricide.
Le lundi, ils partirent pour Venise car leurs collègues italiens possédaient effectivement le dossier d’un jeune parricide célèbre, déclaré irresponsable et condamné à 10 ans de prison, mais évadé en mai 1986 : Roberto Succo.
Ses empreintes correspondaient à celles relevées dans l’appartement rue Nicolas Laugier.

roberto succo barbuLe même jour, la radio annonça qu'”André” avait été identifié grâce au témoignage d’une mineure. Le juge Bernard était fou de rage : Sabrina était en danger de mort si jamais son ex-petit ami la retrouvait. Il décida de porter plainte contre X, en visant sans le nommer les gendarmes, qui auraient pu violer le secret de l’instruction par jalousie et par écœurement que les policiers s’approprient les résultats de plusieurs mois d’enquête.
On demanda à Sabrina si le nom de Succo lui disait quelque chose. Elle répondit par l’affirmative et admit s’être trompé sur le mot “Jus” entre l’anglais (Juice) et l’italien (Succo). Les policiers l’interrogèrent à nouveau sur les granges dans lesquelles Succo l’avait conduite. Ils l’emmenèrent faire un tour dans la région de Grésy-sur-Aix, puis d’Epersy. Elle reconnut un chemin qui menait à la grande du Châtenet, là où l’on avait découvert le corps du Dr Michel Astoul, puis identifia la grange elle-même.
Le lendemain, elle parla de tout et de rien, et d’un Rubik-cube avec lequel elle avait vu “Kurt” jouer. Le même jouet volé dans la maison cambriolée près de chez Claudine Duchosal, peu avant son assassinat.
À mesure de ses explications, les enquêteurs comprenaient mieux le comportement du tueur, sa présence en Savoie les week-ends, la nécessité de voler des voitures : pour venir voir Sabrina.
Il avait vécu de vol divers, mais personne ne pouvait expliquer les liasses de billets décrites par Sabrina.

Un mandat d’arrêt international fut lancé contre Roberto Succo le 10 février 1988 et diffusé principalement en France, en Suisse, en Italie et en Allemagne.
La police Suisse obtint les empreintes d’ “André” : elle correspondait à celle de l’homme qui avait braqué le pompiste, pris en otage Françoise Wannaz et violenté les quatre adolescents.

Les expertises balistiques permirent de savoir que le policier André Castillo avait bien été tué par le pistolet 22 long rifle retrouvé rue Nicolas Laugier. La même arme avait blessé Jacky Volpé devant “L’Or Bleu”. Les inspecteurs Claude Aiazzi et Michel Morandin avaient été blessés et tués par le Manurhin resté en Suisse. Les balles qui avaient tué Claudine Duchosal et le Michel Astoul étaient toutes deux des 357 Magnum SFM, peut-être tirées avec le revolver Manurhin d’André Castillo.

photo de roberto succoLe journal de la RAI (la télévision italienne) annonça qu’un dangereux criminel avait été identifié et consacra plusieurs minutes à Roberto Succo, en proposant évidemment ses photos. Le propriétaire du petit chalet où vivait “André” se précipita chez les carabiniers, qui coururent au chalet. Il était vide.
Succo était reparti à Venise. Il traînait dans les ruelles lorsqu’il rencontra une lycéenne, Francesca. Ils firent connaissance et il la raccompagna, en train, jusqu’à Conegliano. Dans les jours qui suivirent, il lui rendit visite et fit plusieurs allers-retours entre chez elle et le chalet.
Dans la nuit du 9 février, il vola une Honda dans un garage privé et changea les plaques 100m plus loin. Le lendemain, un pompiste de Belluno lui vendit de l’essence. Il tournait entre le chalet, Conegliano et Venise.

Le samedi 13 février, alors qu’il se promenait à Conegliano, il découvrit son visage à la une d’un journal, à la devanture d’un kiosque. Il l’acheta et apprit que les carabiniers surveillaient sa famille, au cas où il aurait voulu leur rendre visite. Succo laissa sa moto et sauta dans le train pour Venise.
Les parents de Francesca reconnurent en Roberto Succo le jeune homme qui fréquentait leur fille. Ils prévinrent les carabiniers, qui décidèrent de tendre un piège au jeune tueur. S’il revenait la voir, ils l’arrêteraient immédiatement.
Mais Succo prit un autre train pour Palerme, en Sicile, et encore un autre pour Trapani, plus à l’ouest.

Le 17 février, le propriétaire du chalet rappela les carabiniers. Il s’était rendu compte que Succo était revenu dormir plusieurs fois : une de ses tantes avait trouvé des vêtements qui n’étaient pas là auparavant. La police vint cette fois accompagnée des militaires. Il découvrirent la Honda volée, sous un drap blanc mais pas de trace de Succo. Ils décidèrent cette fois de “planquer” à côté du chalet, dans l’espoir de l’appréhender s’il revenait.

Le 26 février, perdu, désorienté, Roberto Succo remonta vers la Vénétie. Dans le train, il vola le portefeuille d’un contrôleur et falsifia sa carte d’identité avec sa propre photo.
Il arriva à Milan le 28, puis partit à Sirmione, où il vola une voiture. Il conduisit jusqu’à Conegliano, dans l’espoir de voir Fransesca, tout en sachant que les policiers l’attendaient sûrement chez elle. Vers 21h30, il s’approcha de sa maison à pieds et deux agents en civil le remarquèrent. Il tenta de fuir en courant mais ils parvinrent à le rattraper et le plaquèrent aux jambes. Il se mit à hurler lorsqu’on le fouilla. Il n’avait pas d’arme sur lui, mais on trouva le revolver Smith & Wesson de l’inspecteur Morandin dans la voiture qu’il avait volée.
Il affirma ne pas être Roberto Succo mais s’appeler “André Colin”.

On découvrit sur lui un couteau, un briquet, un peigne, des lunettes de soleil, des photos d’identité ainsi qu’un gros rouleau de billets : des francs français et suisses, des dollars américains, australiens et canadiens, des livres sterling, des lires et des deutsche marks, pour un total d’environ 9 000 €.
Un inspecteur interrogea Succo pendant des heures. Le jeune homme reconnut avoir volé le portefeuille du contrôleur et la voiture. Peu à peu, il admit avoir commis des agressions, plusieurs délits, avoir séquestré plusieurs personnes… Il raconta avec orgueil avoir violé plusieurs femmes.
Finalement, il annonça avoir tué 6 personnes (il croyait avoir tué Jacky Volpé).
Il expliqua avoir enlevé et violé une belle jeune femme qu’il avait trouvée seule chez elle. Il l’avait attachée avec des menottes. Selon lui, il avait vécu plus d’un mois avec elle mais, une nuit qu’il l’avait détachée, elle avait tenté de s’enfuir et il l’avait poignardée. Il avait jeté son corps à la mer. Les policiers pensèrent à France Vu-Dinh. Ils ne purent malheureusement rien prouver et ne retrouvèrent jamais le corps de la jeune femme.

roberto succo clin d'oeilLe lendemain, lorsqu’il fut interrogé par le substitut du procureur, Roberto Succo prit un accent français, affirma s’appeler André Colin et donna une adresse à Dole. Il avait soi-disant acheté le Smith & Wesson à quelqu’un qu’il ne connaissait pas, en France. Il nia de nouveau être Succo. Il se déclara “prisonnier politique du système politique répressif italien”.
Il fut toutefois inculpé des meurtres et on ordonna sa détention en prison dans l’attente de son jugement.
Lorsqu’il sortit du poste de police, une foule de journalistes impatients le mitrailla de photo. Roberto Succo  siffla devant les flashs qui crépitaient et se permit même un clin d’œil.

Le 1er mars 1988, après le déjeuner, il fut emmené dans la cour de la prison pour se dégourdir les jambes. Il courut un moment puis, d’un bond, il sauta sur une remise puis escalada un abri contre la pluie et, s’agrippant au barreau d’une fenêtre, il grimpa sur le toit du quartier pénal.
A 12h45, la police, la presse, la télévision, des politiques et des curieux entouraient le bâtiment.

Succo, pieds nus, avança sur le toit, les bras écartés. Il retira son pull et son t-shirt, et se mit à insulter les spectateurs : “Sales vendus (…) Pourquoi vous ne me tirez pas dessus ? Salauds !”.
Il demanda à un caméraman de s’approcher pour lancer que “l’Italie c’est pourri” et expliquer qu’il ne supportait plus d’être enfermé.
Le directeur de la squadra mobile lui demanda de descendre, alors que ces hommes étaient résolus à l’abattre s’il tentait de s’échapper. Des carabiniers étaient prêts à intervenir.

roberto succo sur le toit de sa prisonSucco changea de place et s’assit tranquillement sur le toit, pensif. Une centaine de personnes s’amassaient quelques mètres plus bas, dont une quinzaine de journalistes aux aguets. Succo recommença à crier : “En Italie, j’ai cassé les couilles à personne. Les flics sont venus me les casser. (…) Ils m’ont tendu un piège parce qu’il savait que je revenais”.
Il commença à s’animer en s’adressant à la jeune Sabrina. Il la traita de “grande putain” et de “salope” qui l’avait trahi : “C’est ta faute, c’est ta faute si les Italiens, ils m’ont poursuivi”.

Il se redressa et remit son t-shirt, passa sur un autre toit, revint sur le premier, perdu et ne sachant que faire à présent. Soudain, il se déshabilla en souriant et fit un tas de ses habits. En slip, il prit des poses de culturiste pour épater la galerie. Il aperçut un gardien qui s’approchait et lui lança une des grosses tuiles du toit, qui atterrit sur le toit d’une voiture.

Succo recommença à se plaindre “Ce n’est pas juste que je sois en prison”, puis jeta d’autres tuiles sur les voitures du parking. “Je veux voir le juge d’instruction, c’est clair ?”. Il se mit à menacer les journalistes.
L’inspecteur chef Silvestri s’approcha de lui. Succo le reconnu : “Chapeau, les mecs ! Vous avez été plus malins que moi. Vous êtes des exceptions (…) Je ne m’appelle pas Roberto Succo. Je suis André. Tuez-moi ! Pourquoi vous ne me tuez pas ?”.
Un hélicoptère de la police de Venise apparut dans le ciel. Roberto Succo se releva pour le saluer puis alla s’asseoir à côté d’une bouche d’aération. Il était sur le toit depuis une heure. “Si j’avais su que c’était comme ça, je ne serais pas revenu”.

Roberto Succo tombe du cableIl se rhabilla puis, toujours pieds nus, se laissa glisser jusqu’à un câble électrique qui pendait dans le vide. Il s’y suspendit à bout de bras et fit quelques assouplissements, toujours pour assurer le spectacle.
Il repartit et finit par atteindre le rebord du bâtiment, le toucha des pieds mais, à bout de force, il lâcha tout et tomba lourdement sur le sol, 7 mètres plus bas.
Il se cassa 4 côtes et se luxa l’épaule, mais survécut à sa chute.

On le soigna, on lui administra des tranquillisants, puis il fut conduit à la prison Sughere de Livourne, 500km plus au sud.

roberto succo une d'un journalLa “sortie” de Roberto Succo fit la une des journaux et des télévisions en Italie, en France et en Suisse. Beaucoup le trouvèrent beau, jeune et sympathique… sans connaître – ou reconnaître – l’horreur de ses crimes.

Les familles des victimes et les victimes elles-mêmes, volées, blessées, agressées, kidnappées ou assassinées par Succo, les policiers et les magistrats appréciaient évidemment beaucoup moins le “show” du jeune tueur.
Ils savaient, mieux que personne, que derrière l’allure fragile et le beau visage, se cachait un dangereux assassin.

Les juges français demandèrent, sans conviction, que Roberto Succo soit extradé en France. L’Italie, comme la France, extrade rarement ses criminels, et l’avocat de Succo affirma qu’il devait d’abord être jugé pour son évasion de 1986 et le vol de la voiture à Sirmione. Les juges français furent autorisés à interroger Succo, qui ne voulut pas répondre à leurs questions, alors qu’il avait avoué ses crimes aux policiers italiens.
En France, on voulait inculper et juger Succo pour 5 meurtres, des agressions, des viols, des enlèvements, des hold-ups, des vols de voitures, des braquages, des cambriolages… : en tout 20 affaires bien plus graves que les délits qu’il avait commis en Italie.

Pourtant, le 20 avril 1988, l’Italie refusa d’extrader Roberto Succo et décida qu’il terminerait sa peine en Italie. Cette décision provoqua la colère et l’indignation des familles françaises et suisses, sans qu’elles puissent rien y faire.

Le 30 avril, Roberto Succo fut transféré à la prison San Pio X, un établissement moderne de Vicence. Il devait rester sous surveillance médicale constante. Il s’installa dans une minuscule cellule de l’infirmerie et on le surveilla 24h sur 24. Il ne pouvait ni téléphoner ni se rendre au parloir. Le département médical de la prison jugea que Succo aurait du être transféré dans un hôpital psychiatrique. Le médecin lui prescrivit des neuroleptiques et un tranquillisant.

Les psychiatres qui l’avaient examiné en prison déclarèrent qu’il était schizophrène paranoïde et dangereux. Il se sentait persécuté et souffrait d’hallucinations auditives. Il devait être placé dans un établissement psychiatrique.
Roberto Succo était donc une nouvelle foi jugé irresponsable. Tollé de la France, des magistrats aux familles des victimes. Le juge Bernard rongeait son frein, mais ne pouvait pas agir. Le ministre de la Justice affirma qu’il allait contacter le gouvernement italien pour “s’occuper du dossier”.

Mais, dans la nuit du 23 mai 1988, à 26 ans, Roberto Succo se suicida dans sa cellule.

Par la suite, la manière dont il avait agi et les déclarations embarrassées des gardiens allaient soulever des questions, restées parfois sans réponses. Un gardien le découvrit habillé sur son lit, une taie d’oreiller sur la tête. Au-dessous, le médecin de service vit un sac poubelle noir attaché au cou. Succo avait utilisé une cartouche de gaz butane, qu’il utilisait pour son petit réchaud, pour s’asphyxier.
Durant l’autopsie, on ne découvrit aucun psychotrope dans son sang. Or, Succo était censé être sous neuroleptiques…

Le 19 juillet 1988, le juge italien clos le dossier Roberto Succo : son décès empêchait de continuer toute action contre lui.
Les victimes survivantes et les familles des victimes décédées ne pourraient jamais refermer leurs plaies.

 

Victimes

Victimes tuées (ou supposées) par Succo :

les parents de succoNazario et Marisa Succo (53 et 41 ans)
Poignardés à mort le 9 avril 1981 à Venise (Italie)

 

 

 

 

André CastilloAndré Castillo (38 ans)
Abattu d’une balle dans la gorge le 3 avril 1987 à Tresserve (Savoie).

 

 

 

 

france vu-dinhFrance Vu-Dinh (30 ans)
Enlevée chez elle, près d’Annecy, le 27 avril 1987.
Son corps n’a jamais été retrouvé.

 

 

 

michel astoulMichel Astoul (26 ans)
Disparu le 27 avril 1987 près de Sisteron.
Abattu d’une balle dans la tête.
Son corps fut retrouvé le 18 octobre 1987.

 

 

claudine duchosal succoClaudine Duchosal (40 ans)
Violée, battue et abattue d’une balle dans la tête, chez elle, près de Sévrier, le 24 octobre 1987.

 

 

 

michel morandinMichel Morandin (35 ans)
Abattu d’une balle dans la tête le 28 janvier 1988, à Toulon.

 

 

 

 

Victimes agressées et / ou blessées par Succo :

Lionel Monti
Braqué le 4 avril 1987 près d’Annecy.

Jean-Marie Ribère
Braqué le 27 avril 1987 près de Gap.

Cécile (22 ans)
Enlevée et agressée puis relâchée le 22 mai 1987 à Crolles.

Danielle et Georges
Agressés le 5 juin 1987 à Crolles. Georges a été gravement blessé.

Nicole Veillet et son fils Damien (15 ans)
Enlevés et agressés près d’Aix-les-Bains le 27 juin 1987.

Brigitte (23 ans)
Agressée, blessée et violée à Carqueiranne, le 1er décembre 1987.

Une femme et son époux
Agressés le 3 janvier 1988 à Giens. L’épouse a été violée.

“Jacky” Volpé
Gravement blessé le 27 janvier 1988 à Toulon. Il est resté paraplégique.

Claude Aiazzi
Gravement blessé le 28 janvier à Toulon.

Françoise Wannaz (30 ans)
Enlevée près de Lausanne le 30 janvier 1988. Elle est parvenue à s’enfuir.

Béatrice (16 ans) et ses 3 jeunes amies
Agressés le 30 janvier 1988 à Lys, près de Berne. Une amie a été violée. Béatrice a été violemment battue.

 

Mode opératoire

Succo n’avait pas de mode opératoire immuable, il agissait souvent sur “un coup de tête”.

Il s’est souvent introduis chez les gens, pour voler des objets, manger et prendre une douche. À mesure de son errance meurtrière, il est devenu plus violent et a cherché à violer les victimes féminines qu’il croisait.

Il lui est également arrivé d’enlever ses victimes et de les forcer à le conduire dans leur véhicule.

Succo a rarement utilisé un couteau ou un canif, mais, le plus souvent, il a usé d’une arme à feu, pistolet ou fusil.
Il semble qu’il aimait autant les armes que les voitures.

 

Motivations

Comme il l’a dit lui-même, Succo tuait “les gens qui se mettent en travers de (sa) route”. Il ne supportait pas la frustration, ne possédait aucune empathie, et tirait donc froidement sur les personnes qui le gênaient, qui ne voulaient pas lui obéir ou qui tentaient de lui résister.

Selon les psychiatres italiens, Roberto Succo était un malade mental irresponsable.
Après le décès de ses parents, ils déclarèrent que Succo était schizophrène. Froid, totalement indifférent aux autres, parfois incohérent et détaché de la réalité.

Après son arrestation en 1988, d’autres psychiatres affirmèrent qu’il était schizophrène paranoïde, la forme la plus grave de la schizophrénie (nombreuses idées délirantes, hallucinations, désunion profonde de la personnalité).
– “Un individu intellectuellement normal, mais avec une personnalité autistique depuis l’enfance-adolescence”.
– “Avec une pensée tendant à l’abstraction; des troubles produits par des processus de perception et d’idéation comprenant des phénomènes pseudo hallucinatoires et des idées de supériorités”.
– “Avec une dysharmonie et une dissociation entre la sphère cognitive (pensées) et affective, entre la sphère cognitive et volitive (la volonté), altérant gravement les pouvoirs supérieurs de jugement et de critique”.

roberto succo pio x

Il était intelligent mais très perturbé au niveau affectif et très agressif.
Les schizophrènes paranoïdes sont généralement très dérangés et éprouvent de grandes difficultés à vivre en autonomie.
Bien qu’étant malade, Succo pouvait vivre seul et s’occuper de lui-même sans aide extérieure. Selon l’un des psychiatres qui l’ont examiné, “Sa pathologie restait en marge de la psychiatrie et paraissait plutôt psychosociale que mentale”.

Roberto Succo était-il un malade mental totalement irresponsable de ses actes ?
Contrairement à une idée très répandue, les personnes atteintes de schizophrénie ne sont pas plus violentes que les personnes “normales”, bien au contraire. Et la violence des schizophrènes s’exercent plus souvent contre eux-mêmes.
La maladie mentale de Succo semble l’avoir empêché de ressentir de l’empathie envers ses victimes (“je veux, je prends, tu résistes, je te tues”) et des remords pour ses crimes. Mais elle n’a pas provoqué sa violence, qui était déjà présente en lui dès l’enfance.
S’il n’avait pas été atteint par ce trouble mental, serait-il devenu un criminel ?

 

Citations

« Si j’étais tombé sur une patrouille, j’aurais tiré. Je tue les gens qui m’énervent. Si quelqu’un me barre la route, je le tue » : Roberto Succo.

« Je n’ai personne. Personne. Ni famille, ni amis. Je suis foutu. Je ne veux pas retourner en prison. Je vous jure que je me tirerai une balle dans la tête si je suis pris » : Roberto Succo.

 

Bibliographie

[amazonjs asin=”2070419436″ locale=”FR” title=”Roberto Succo”] Résumé : “L’histoire vraie de Roberto Succo, assassin sans raison”.
Critique : Ce très bon livre suit Roberto Succo pas à pas à travers l’Italie, la France et la Suisse, nous présentant en détail son parcours meurtrier. Une enquête minutieuse et touchante, qui place les victimes au centre de cette terrible histoire.

 

[amazonjs asin=”2848102101″ locale=”FR” title=”Roberto Succo : Coupable d’être schizophrène”] Résumé : Ilaria Trondoli, dessinatrice italienne, a mené une véritable enquête, suivant pas à pas le parcours du “tueur de la pleine lune”. Jusqu’à trouver une pièce à conviction inédite: une lettre de la main de Succo, reproduite en intégralité dans cet album. Les superbes aquarelles contrastent avec l’ultra-violence de ce fait-divers sordide et surtout, apportent un éclairage pertinent sur la personnalité de ce tueur originaire du Frioul, une région froide et refermée sur elle-même.
Critique : Une excellente bande dessinée, qui montre que Succo n’était pas un “monstre” (dans le sens mythique du terme) mais bien un homme, capable d’aimer mais surtout capable de tuer.

 

Filmographie

[amazonjs asin=”B00005UNYV” locale=”FR” title=”Roberto Succo, portrait d’un assassin”] Résumé : Cédric Kahn présente l’affaire Succo en adaptant (pas complètement) le livre de Pascal Froment.
Critique : Le réalisateur ne cherche pas à expliquer, il montre, c’est tout. Il montre l’impulsivité de Succo, son agressivité à fleur de peau et son refus qu’on lui résiste. Il évite l’écueil du film spectacle complaisant, mais ne creuse pas la psychologie du tueur et ne tente pas de comprendre. Il met en avant sa relation amicale / amoureuse, mais bancale, avec Léa (Sabrina), et les difficultés que les enquêteurs ont rencontrées pour rassembler les innombrables pièces du puzzle. Kahn ne fait pas de Succo un héros romantique mais il ne le condamne pas non plus et préfère s’attacher à sa “fragilité”.

 

L’émission “Faites entrer l’accusé“, diffusée sur France 2, a proposé le portrait de Roberto Succo (réalisé par Agnès Grossmann) en juillet 2004.

 

Liens

– La Vénétie : article sur Wikipédia
– Site officiel de la ville de Toulon
– Site officiel de la ville d’Annecy
La schizophrénie
– Article sur l’hôpital psychiatrique Reggio Nell’Emilia : traduit en français
– Photographies prises à Reggio Nell’Emilia
– “Succo: Un fait divers médiatiquement mythifié“, par Floriane Soulier
– “L’heure du crime” du 01 octobre 2012 : L’odyssée criminelle de Roberto Succo (possibilité de télécharger l’émission en .mp3)

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