Le Zodiac

CRIMES (suite)

Deux jours plus tard, le Chronicle reçu une lettre du Zodiac alléguant la responsabilité du meurtre. L’adresse de retour était le symbole de la cible. Dans l’enveloppe, l’assassin avait glissé un petit morceau de la chemise de Paul Stine, qu’il avait découpée.
La police scientifique de San Francisco releva trois empreintes digitales sur le papier, qui ne permirent malheureusement pas, elles non plus, d’identifier un suspect.

C’est le Zodiac qui vous parle.
lettre-Schoolbus Je suis l’assassin du chauffeur de taxi sur Washington St + Maple St la nuit dernière, pour le prouver voilà un morceau de la chemise tachée de sang. Je suis le même homme qui s’est fait les gens dans le nord de la baie. La police de San Francisco aurait pu m’attraper la nuit dernière s’ils avaient cherché correctement dans le parc au lieu de faire des courses avec leur moto pour voir qui faisait le plus de bruit. Les conducteurs auraient pu simplement garer leurs voitures et rester assis tranquillement à attendre que je sorte de ma cachette. Les enfants des écoles font de belles cibles, je pense que je vais éliminer un bus d’écoliers un de ces matins. Tirer dans un pneu avant + choisir les gamins qui sortiraient.

Le Zodiac allait par la suite envoyer deux autres morceaux de la chemise ensanglantée de Paul Stine, mais une grande partie est encore en sa possession.

Jusque là, les autorités avaient pensé que le Zodiac suivait une mode opératoire, même vague. Il avait toujours frappé après le couché du soleil, durant le week-end, s’en prenant à de jeunes couples dans ou près de leur voiture. Il avait toujours agi dans des endroits éloignés de la ville.
S’il pouvait à présent sortir de ses habitudes et tuer un homme seul en plein San Francisco, alors il pouvait tout à fait mettre sa menace à exécution et tirer sur un bus d’écoliers. En peu de temps, les conducteurs de bus de la région reçurent des instructions spécifiques sur la conduite à tenir si on faisait feu sur leur véhicule.

zodiac_wantedPar la suite, le Zodiac allait réitérer ses menaces contre les bus d’écoliers. A la demande de la police de San Francisco, le Chronicle ne mentionna pas la menace dans ses pages, durant une semaine.
Le 18 octobre, un portrait robot dressé par la police à partir des témoignages des adolescents fut modifié selon la description donnée par les policiers de Cherry Street, et fut publié avec le contenu entier de la lettre.

L’affaire du Zodiac commença à intéresser les médias nationaux et la police reçu des appels sur l’éventuelle identité du tueur, provenant de Houston, Atlanta et Saint Louis.
Les enquêteurs de la côte ouest des États-Unis commencèrent à considérer que le tueur du Zodiac (également appelé “tueur de la Bay Area”) pouvait être l’auteur de certains de leurs meurtres irrésolus.

Les officiers Kinkead et Homsher, de Riverside (Californie), envoyèrent un résumé de leur enquête sur le meurtre d’une jeune étudiante, Cheri Joe Bates, assassinée en 1966, aux policiers des comtés de Napa, Solano et San Francisco. Mais ce dossier se perdit dans le tourbillon de l’enquête pendant plus d’un an…

cheri-jo-batesLa nuit du 30 octobre 1966, une étudiante de 18 ans, Cheri Jo Bates, avait en vain tenté de faire démarrer sa Volkswagen, garée sur le parking de l’université de Riverside, Californie (à 100km à l’est de Los Angeles).
Elle n’avait pas compris que quelqu’un avait non seulement ôté le démarreur et le condensateur de sa voiture, mais avait aussi déconnecté le câble du distributeur.
Un homme lui avait proposé son aide et avait essayé de démarrer le véhicule. Sans succès. Il avait jeté un œil au moteur et avait prétendu qu’il ne pouvait rien y faire.
Il lui avait alors proposé de la raccompagner chez elle dans son propre véhicule et Cheri Jo avait accepté avec soulagement l’aide de cet homme.
Il l’avait accompagnée dans une ruelle sombre encadrée par deux maisons vides qui appartenaient à l’université. Ils étaient restés là durant près d’une heure et demi, sans doute pour discuter. Personne ne sait pourquoi.
Brusquement, l’homme s’était jeté sur elle, l’avait frappée, avait tenté de l’étrangler et, finalement, l’avait poignardée, trois fois à la poitrine, une fois dans le dos, alors qu’elle essayait désespérément de fuir, et sept fois dans la gorge.
On avait retrouvé la jeune femme étendue sur le trottoir, à peine à quelques pâtés de maison de la bibliothèque.
L’autopsie avait permis de déterminer que l’arme utilisée avait été un couteau de petite taille. Mais le tueur avait dû l’utiliser avec une violence inouïe : Cheri Jo Bates avait presque été décapitée.
Elle n’avait pas été violée et son assassin ne lui avait rien volé.

Les enquêteurs avaient découvert une montre d’homme Timex au bracelet cassé, couverte de taches de peintures, à quelques mètres de la voiture de Cheri Jo. La montre s’était arrêtée à 00h23. La peinture était de la peinture pour mur extérieur, tout à fait classique.
Les policiers avaient également trouvé l’empreinte de talon d’une chaussure de taille 44, ainsi que des cheveux, du sang et des morceaux de peau sur les mains et sous les ongles de Cheri Jo, qui avait tenté de se défendre.
Des empreintes graisseuses de paumes et de doigts avaient été relevées dans la voiture et sur la carrosserie.

La bibliothèque de l’université fermait à 21h00 mais deux témoins avaient affirmé avoir entendu “un hurlement affreux” vers 22h30, suivi d’un « cri étouffé et d’un bruit fort comme une vieille voiture qu’on démarre » deux minutes plus tard. L’autopsie avait révélé que Cheri Jo Bates avait effectivement été assassinée vers 22h30.
Que s’était-il donc passé entre 21h et 22h30 ?
Le fait que Cheri Jo ait pu passer près d’une heure et demie avec son assassin suggérait qu’elle le connaissait et lui faisait confiance. Les enquêteurs avaient donc considéré que la jeune étudiante avait été assassinée par un ex petit ami ou un prétendant rejeté, rendu fou de rage.

Ce n’est qu’un mois plus tard que ce meurtre brutal allait être examiné d’une tout autre manière.
Le 29 novembre 1966, des copies carbones d’une lettre anonyme avaient été envoyées à la police de Riverside ainsi qu’au journal Riverside Entreprise. Le courrier avait été tapé sur une machine à écrire de marque Royal et était intitulé « La Confession ».
Les deux copies avaient été tapées sur du papier de mauvaise qualité, pliés en haut et en bas, formant un carré. Les courriers avaient été envoyés dans des enveloppes sans timbres ni adresse d’expéditeur, et postés dans une boîte aux lettres isolées dans la campagne voisine.
A l’époque, les enquêteurs pensèrent que l’assassin de Cheri Joe Bates avait envoyé ces courriers, mais depuis, leur opinion a changé.

LA CONFESSION

PAR _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

lettre-bates-confessionELLE ETAIT JEUNE ET BELLE MAIS MAINTENANT ELLE EST BATTUE ET MORTE. ELLE N’EST PAS LA PREMIERE ET NE SERA PAS LA DERNIERE JE RESTE EVEILLE LA NUIT EN PENSANT A MA PROCHAINE VICTIME. PEUT-ETRE SERA-T-ELLE LA BELLE BLONDE QUI FAIT DU BABY-SITTING PRES DU PETIT MAGASIN ET MARCHE LE LONG DE L’ALLEE SOMBRE TOUS LES SOIRS VERS SEPT HEURES. OU PEUT-ETRE QU’ELLE SERA LA PETITE BRUNE BIEN FAITE QUI A DIT NON LORSQUE JE LUI AI PROPOSE UN RENDEZ-VOUS AU LYCEE. MAIS PEUT-ETRE QUE CE NE SERA AUCUNE DES DEUX. MAIS JE COUPERAI SES ATTRIBUTS FEMININS ET LES DEPOSERAI POUR QUE TOUTE LA VILLE LES VOIT. ALORS NE ME RENDEZ PAS LES CHOSES TROP SIMPLES. GARDEZ VOS SŒURS, FILLES, ET EPOUSES LOIN DES RUES ET DES ALLEES. MELLE BATES A ETE STUPIDE. ELLE EST ALLEE A L’ABATTOIR COMME UN AGNEAU. ELLE NE S’EST PAS BATTUE. MAIS JE L’AI FAIT. CA A ETE FACILE. J’AI D’ABORD COUPE LE CABLE CENTRAL DU DISTRIBUTEUR. PUIS JE L’AI ATTENDUE DANS LA BIBLIOTHEQUE ET JE L’AI SUIVIE DEHORS APRES DEUX MINUTES. LA BATTERIE DEVAIT ETRE MORTE A CE MOMENT LA. JE LUI AI ALORS OFFERT MON AIDE. ELLE ETAIT ALORS TRES DISPOSEE A ME PARLER. JE LUI AI DIS QUE MA VOITURE ETAIT PLUS BAS DANS LA RUE ET QUE J’ALLAIS LA RACCOMPAGNER CHEZ ELLE. LORSQUE NOUS AVONS ETE LOIN DE LA BILIOTHEQUE, A PIEDS, JE LUI AI DIT QU’IL ETAIT TEMPS. « LE TEMPS DE QUOI ?» M’A-T-ELLE DEMANDE. J’AI DIS QU’IL ETAIT TEMPS POUR ELLE DE MOURIR. J’AI ATTRAPE SON COU AVEC MA MAIN SUR SA BOUCHE ET MON AUTRE MAIN AVEC UN PETIT COUTEAU A SA GORGE. ELLE EST ALLEE TRES VOLONTAIREMENT. SA POITRINE ETAIT CHAUDE ET FERME SOUS MES MAINS, MAIS JE N’AVAIS QU’UNE CHOSE A L’ESPRIT. LA FAIRE PAYER POUR TOUS LES RATEAUX QU’ELLE M’AVAIT ENVOYES DURANT LES ANNEES PRECEDENTES. ELLE EST MORTE DOULOUREUSEMENT. ELLE S’EST TORTILLEE ET S’EST SECOUEE PENDANT QUE JE L’ETOUFFAIS ET SES LEVRES REMUAIENT. ELLE A CRIE UNE FOIS ET JE L’AI FRAPPE A LA TETE POUR QU’ELLE LA FERME. J’AI PLONGE LE COUTEAU EN ELLE ET IL S’EST BRISE. J’AI ENSUITE TERMINE LE TRAVAIL EN LUI COUPANT LA GORGE. JE NE SUIS PAS MALADE. JE SUIS ALIENE. MAIS ÇA N’ARRETERA PAS LE JEU. CETTE LETTRE DEVRA ETRE PUBLIEE POUR QUE TOUS LA LISE. CELA POURRAIT BIEN SAUVER LA FILLE DANS L’ALLEE. MAIS C’EST A VOUS DE DECIDER. CA SERA SUR VOTRE CONSCIENCE. PAS LA MIENNE. OUI, C’EST AUSSI MOI QUI VOUS AI APPELE. C’EST SEULEMENT UN AVERTISSEMENT. FAITES ATTENTION… JE POURSUIS VOS FILLES MAINTENANT.

COPIE. CHEF DE LA POLICE

Aucune des deux enveloppes ne présentait une adresse complète. Elle avait été écrite à la main avec un stylo feutre.
Une empreinte avait été découverte sur l’enveloppe envoyée à la police mais elle ne correspondit jamais à aucun des suspects interrogés par la suite : on ne sait pas si elle fut laissée par l’auteur des courriers, un postier ou même un policier…

L’assertion de l’auteur de cette lettre, selon laquelle Cheri Jo Bates ne s’était pas défendue était contredite par les nombreuses blessures de défenses qu’elle présentait aux bras et aux mains, ainsi que par les morceaux de peau et les cheveux retrouvés sous ses ongles.
Bien qu’un journal ait affirmé à l’époque que le couteau s’était brisé dans le corps de l’étudiante, le rapport d’autopsie n’en fait pas mention et les policiers ont tous affirmé que le couteau ne s’était pas cassé.
L’auteur de la lettre ne parlait pas non plus de ce que Cheri Jo et son assassin avaient pu faire durant 1h30…
Toutefois, la voiture de Cheri Jo avait bien été sabotée de la manière décrite, ce qui n’avait été révélé qu’en partie aux médias.

Les policiers n’ont jamais su quel était l’appel téléphonique auquel l’auteur faisait mention à la fin de sa lettre mais Tom Voigt, auteur du site www.ZodiacKiller.com, affirme qu’il aurait été passé au journal de Riverside plutôt qu’à la police, et aurait ainsi été incompris et ignoré.

Le 30 novembre 1966, la police de Riverside et le journal local avaient tous deux pris contact avec « l’Inspecteur du service postal » du comté de Riverside qui, à son tour, avait appelé le FBI : le meurtre n’est pas un crime fédéral mais l’extorsion de fonds par courrier en est un. Le FBI avait pensé un moment à se joindre à l’enquête mais comme aucune somme d’argent n’était réclamée par le supposé tueur, le Bureau n’avait finalement pas proposé son aide.

Le 30 avril 1967, six mois exactement après le meurtre de Cheri Jo Bates, le Riverside Press, la police et le père de l’étudiante (dont le nom et l’adresse étaient apparus dans la presse locale le lendemain du meurtre) avaient chacun reçu une copie d’une autre lettre, cette fois écrite avec un stylo sur un papier à lettre rayés. La lettre était signée d’un symbole qui ressemblait à un « Z ».
Les enveloppes présentaient deux fois trop de timbres, ce qui allait devenir la marque de fabrique du « Zodiac », 2 ans plus tard.
Les lettres envoyées à la police et au journal se présentaient ainsi :

BATES DEVAIT
lettre-bates-had-to-die MOURIR
IL Y EN
AURA PLUS

 

 

La copie sans la signature symbolique, envoyée à Joseph Bates, substituait le « BATES » par « ELLE ».
Une empreinte avait été relevée sur l’enveloppe envoyée à la police de Riverside, mais elle non plus ne pu jamais être liée à aucun des suspects.

En avril 1967, le concierge de la bibliothèque de l’Université découvrit un poème écrit sur le dessus d’un bureau qui avait été stocké dans un débarras. Le contenu du poème mena nombre d’enquêteurs à croire qu’il décrivait le meurtre de Cheri Joe et avait été écrit par son assassin.

Des enquêteurs amateurs ont remarqué quant à eux que le style et le ton du poème indiquent le contraire. L’une des théories est qu’il aurait été tout simplement écrit par un étudiant suicidaire.

« Fatigué de la vie / ne désirant pas mourir
très
propre
220px-ZodiacsPoem si rouge /
propre.
sang jaillissant,
coulant goute à goute,
se déversant;
sur toute sa nouvelle
robe
bah
elle était rouge
de toutes façons
la vie s’égouttant dans une
mort incertaine.
elle ne
mourra pas.
cette fois
quelqu’un la trouvera.
attendez seulement jusqu’à
la prochaine fois
rh »

Le Zodiac a-t-il tué Cheri Jo Bates ?
En 1998, la police de Riverside a obtenu un mandat afin de prélever des cheveux, de la peau et de la salive de l’ancien petit ami, qui ont été envoyés au FBI pour être analysés. Aucun nouvelle n’a été donnée depuis, laissant à penser que l’ADN du suspect ne correspond pas à celui prélevé sur Cheri Jo en 1966…
De nos jours, les enquêteurs de Riverside et la plupart de ceux de San Francisco pensent que Cheri Jo Bates n’a pas été tuée par le Zodiac. Les opinions sont plus mitigées concernant l’identité de la ou des personne(s) qui a/ont envoyé les lettres en 1966 et 1967…

La police de Riverside était restée persuadée que Cheri Jo Bates connaissait son assassin, ou au moins que le tueur la connaissait. Ils avaient identifié un suspect parmi plusieurs candidats intéressants, un ancien petit ami qui n’avait pas supporté leur rupture et était jaloux de la relation naissante entre Cheri Jo et un joueur de l’équipe universitaire de football.

Lorsque l’affaire du Zodiac avait été révélée au niveau national, durant l’automne 1969, le chef de la police de Riverside, Les Kinkead, avait donc envoyé une lettre de 3 pages décrivant le meurtre de Cheri Jo Bates aux enquêteurs de Napa et de San Francisco.
Lettre qui avait été totalement ignorée…

Au début du mois de novembre 1969, le Zodiac envoya une nouvelle lettre au Chronicle, dans une enveloppe timbrée avec le double du nécessaire et une instruction “Svp, donnez-la vite au directeur”.
A l’intérieur, les journalistes découvrirent une carte de vœux et un nouveau message codé, ainsi qu’un second morceau de la chemise ensanglantée de Paul Stine.
Pour la première fois, le Zodiac faisait le compte de ses meurtres, un nombre qui allait augmenter avec chaque nouveau courrier. Rien ne prouve, toutefois, que le Zodiac ait effectivement commis d’autres meurtres que les 5 qui lui sont attribués.

« C’est le Zodiac qui vous parle
lettre-Dragon
J’ai pensé que vous auriez besoin de rire un bon coup avant d’avoir les mauvaises nouvelles vous n’allez pas recevoir ces nouvelles avant un moment
PS pourriez-vous publier ce nouveau message codé sur la 1ère page ? Je deviens terriblement esseulé lorsque l’on m’ignore, tellement esseulé que je pourrais faire ma Chose !!!!!
Morts : Juillet Août Septembre Octobre = 7″

Deux jours plus tard, le Zodiac envoya une lettre plus longue qui incluait le schéma d’une « machine de mort » qu’il affirmait avoir créée, prête à être utilisée contre des bus.
Le Chronicle reçu ces 2 lettres le même jour, et les confia à la police après en avoir fait des copies.
La police pensa pouvoir trouver une empreinte du tueur sur la lettre mais il semble que ce ne fut pas le cas.

« C’est le Zodiac qui vous parle.
lettre-9nov1969 Depuis la fin du mois d’octobre j’ai tué 7 personnes. Je suis de plus en plus en colère contre les mensonges de la police à mon encontre. Alors je vais changer ma manière de collecter des esclaves. Je ne vais plus rien annoncer à qui que ce soit. Lorsque je commettrai mes meurtres, ils ressembleront à des meurtres durant un cambriolage, des meurtres de colère + quelques faux accidents, etc.
La police ne m’attrapera jamais, parce que j’ai été trop intelligent pour elle.
1. Je ressemble à la description donnée seulement lorsque je fais mes choses, le reste du temps je parais complètement différent. Je ne vous dirai pas en quoi consiste mon déguisement lorsque je tue.
2. Jusqu’à maintenant je n’ai laissé aucune empreinte derrière moi contrairement à ce que dit la police durant mes meurtres je porte des caches à empreintes transparents. Ce ne sont que deux couches de colle adhésive pour avion sur le bout de mes doigts – non repérable + très efficace.
3. Mes outils de meurtres ont été achetés avant que l’interdiction ne prenne effet. Sauf un et il a été acheté un dehors de l’état. Ainsi comme vous pouvez le voir la police n’a pas grand chose sur quoi travailler. Si vous vous demandez pourquoi j’essuyais le conducteur de taxi je laissais de faux indices pour occuper la police dans toute la ville, J’ai donné aux flics du travail pour leur faire plaisir. Ca m’amuse de titiller les cochons bleus. Hé cochon bleu j’étais dans le parc – vous utilisiez les camions de pompiers pour masquer le son de vos voitures de patrouilles. Les chiens ne se sont jamais approchés à moins de 2 pâtés de maison de moi + ils étaient trop à l’ouest + il n’y avait que 2 groupes de parking à 10mn de distance les motos ne sont passés qu’à 45 mètres de distance du sud ou nord ouest.

P.S. 2 flics ont fait une boulette environ 3mn après que j’ai quitté le taxi. Je marchais de la colline vers le parc lorsque cette voiture de flic est arrivé + l’un des flics m’a même appelé + il m’a demandé si j’avais vu quelqu’un de louche ou d’étrange dans les 5 ou 10 dernières minutes + j’ai dis oui il y avait cet homme qui courrait avec un pistolet à la main & les flics ont fait crisser leurs pneus + et sont partis du côté que je leur ai indiqué + J’ai disparu dans le parc un pâté de maison plus loin pour ne plus jamais être revu.

Hé cochon est-ce que ça ne vous met pas en boule d’avoir votre nez frotté dans votre merde ?
Si vous les flics pensaient que je vais prendre un bus comme je l’ai dis, vous méritez d’avoir des trous dans vos têtes. Prenez un sac d’engrais de nitrate d’ammonium + 1 litre d’essence chaude et jetez quelques sacs de gravier par dessus + puis allumez le bazar + ça va ventiler tout ce qui sera près de l’explosion.

La machine de mort est prête. Je vous aurais bien envoyé des photos mais vous auriez été assez méchant pour trouver le développeur des photos + puis moi, alors je vous décrirai mon chef-d’œuvre. Le bon côté de ça c’est que toutes les parties peuvent être achetées dans un supermarché sans qu’aucune question ne soit posée.

1 horloge à piles – fonctionnera à peu près un an
1 interrupteur photoélectrique
2 ressorts à lames de cuivre
2 batterie de voiture 6V
1 ampoule de lampe torche + réflecteur
1 miroir
2 tubes en carton noir avec du cirage à l’intérieur et du coton

Le système a été vérifié d’un bout à l’autre durant mes tests. Ce que vous ne savez pas c’est si la machine est mort est visible ou si elle est stockée dans mon sous-sol pour une utilisation future.
Je pense que vous n’avez pas la main d’œuvre pour arrêter celle-là en regardant sur les bords des routes à la recherche de cette chose. + changez les horaires des bus car la bombe peut être adaptée à de nouvelles conditions.

Amusez-vous bien ! Au fait ça pourrait tourner mal si vous essayez de me bluffer.
PS. Imprimez la page que j’ai cochée en page 3 ou je ferai ma chose.

Pour prouver que je suis le Zodiac, parlez au flic de Vallejo de mon viseur de pistolet électrique que j’ai utilisé pour commencer ma collection d’esclaves. »

Le tueur ne fournit aucune explication pour les 5 croix tracées à gauche du symbole du Zodiac, mais on pensa qu’elles représentaient chacune des victimes « officielles ».

L’avocat Melvin Belli, défenseur des célébrités d’Hollywood, reçu une carte de Noël, chez lui, le 27 décembre 1969. Elle fut envoyée à son bureau où sa secrétaire l’ouvrit et y trouva un autre morceau de la chemise ensanglantée de Paul Stine. Au dos de l’enveloppe figurait « Joyeux Noël et Bonne Année ».

« Cher Melvin
lettre-MelvinBelli
C’est le Zodiac qui parle Je vous souhaite un joyeux Noël. Ce que je vous demande c’est ceci, s’il vous plait aidez-moi. Je ne peux pas m’en sortir parce que cette chose en moi ne me laissera pas. Il est très difficile pour moi de me contrôler J’ai peur de perdre le contrôle à nouveau et de prendre ma neuvième + possible dixième victime. S’il vous plait aidez-moi Je me noie. En ce moment les enfants sont en sécurité de la bombe parce que c’est difficile de creuser et la mèche demande tellement de travail pour être parfaitement ajustée. Mais si je me retiens trop longtemps de ma neuvième Je vais perdre {complètement} (mot barré) tout self control + créer la bombe. S’il vous plait aidez-moi Je ne peux pas me contrôler plus longtemps. »

Les enquêteurs pensèrent que le tueur avait écrit cette lettre dans un moment de lucidité, mais un examen approfondi de la lettre et de l’enveloppe montre qu’elles ont été méticuleusement écrites, avec une marge gauche parfaitement alignée et des lignes uniformément espacées. Même la manière dont il avait barré le mot « complètement » semblait trop nette pour être spontané.
Melvin Belli parla évidemment de cette lettre aux médias, mais le Zodiac ne le contacta plus par la suite.
On entendit plus parler du Zodiac durant 3 mois.

kathleen-High132

La highway 132

Dans la soirée du dimanche 22 mars 1970, Kathleen Johns, 23 ans, conduisait sur la nationale 132, à quelques kilomètres à l’ouest de Modesto. Sa fille était endormie à ses côtés.
Un homme dans une voiture claire se mit à lui faire des appels de phares et à klaxonner dans sa direction. Il accéléra pour se mettre à son niveau et lui indiqua que l’une de ses roues vacillait. Il lui proposa de la resserrer et elle s’arrêta juste à l’ouest de l’autoroute 5. L’homme sortit de sa voiture avec une clé et prétendit resserrer les boulons de sa roue. En fait, il les enleva tous. Lorsque Kathleen Johns voulu repartir, la roue se détacha. L’homme proposa à nouveau de l’aider en la conduisant cette fois dans une station service toute proche.
La jeune mère accepta et monta dans la voiture de l’inconnu avec son enfant. Ils roulèrent sur l’autoroute 132 jusqu’à la station service de Christmas Road, mais elle était fermée.
Suivirent alors 90 interminables minutes de silence pesant et de conduite sans but à travers la ville de Tracy et ses environs. Ils passèrent devant plusieurs stations service et Kathleen Johns demanda plusieurs fois « Qu’est-ce qui ne va pas avec celle-ci ? » ou « Pourquoi ne pas aller dans celle-là ? », ce à quoi l’homme répondit que ça n’était simplement « pas la bonne ». Kathleen était terrifiée par l’inconnu, voulait sortir de sa voiture mais n’osait pas lui dire de s’arrêter. Elle avait rapidement réalisé qu’il ne la mènerait dans aucune station service et tenta de lui parler. Elle lui demanda s’il lui arrivait souvent d’aider les gens. Il répondit : « Lorsque j’en ai fini avec eux, ils n’ont plus besoin de mon aide ». Il ralentit plusieurs fois, comme s’il allait se garer, mais ré-accélérait toujours.
Heureusement, il s’arrêta enfin à un stop et Kathleen Johns n’hésita pas un instant. Elle serra son bébé contre elle et sauta de la voiture, puis se mit à courir à travers champs, et passa par-dessus un remblai pour se cacher dans l’obscurité. L’inconnu éteignit ses phares, recula sa voiture de quelques mètres et attendit sans bouger, en silence. Cinq minutes plus tard, il ralluma ses phares et s’en alla.

Kathleen Johns arrêta ensuite un homme qui passait en voiture. Il la conduisit au poste de police le plus proche, situé à Patterson. Là, Kathleen désigna le portrait robot du Zodiac accroché au mur et affirma que c’était cet homme qui avait saboté sa roue. Selon elle, l’homme portrait des lunettes à bordures épaisses et de grosses chaussures. Il avait des cheveux bruns, coupés en brosse. Il mesurait peut-être 1m70 ou 1m80 mais ne pesait pas plus de 75 kilos.
Le sergent posté à l’accueil, peut-être apeuré par une confrontation avec ce tueur digne du croque-mitaine, laissa Kathleen attendre seule dans un café avoisinant, durant plusieurs heures. Le sergent passa un appel radio décrivant l’endroit où Kathleen Johns avait laissé sa voiture, et un adjoint du shérif du comté de Stanislaus la retrouva, complètement brûlée et encore fumante. L’inconnu était revenu sur ses pas pour mettre le feu à la voiture, détruisant tout ce qui se trouvait à l’intérieur… ainsi que d’éventuelles empreintes.

Etait-ce le Zodiac ?
Dans les années 1990, après avoir identifié deux hommes différents et peu ressemblants à la description originelle de son agresseur, Kathleen Johns a admit qu’elle ne pouvait même pas se souvenir si elle était mariée à cette époque. Sa mémoire n’était malheureusement pas assez bonne pour lui permettre de reconnaître son agresseur…

Les événements de cette nuit ont été racontés différemment par les journalistes et les écrivains. La version la plus dramatique, et la plus connue, est celle qui fut racontée par Paul Avery dans le San Francisco Chronicle, publié huit mois après l’incident. L’homme y menaçait ouvertement Kathleen et son bébé, et la poursuivait avec une lampe-torche. C’est cette version qui apparaît dans le livre de Robert Graysmith, « Zodiac ».
Toutefois, Kathleen Johns a expliqué à deux policiers différents que l’homme avait simplement refermé la portière de la voiture et s’était éloigné. Des articles publiés dans le Modesto Bee et le San Francisco Examiner quelques jours après les faits correspondent aux rapports de ces policiers.

La tentative d’enlèvement de Kathleen Johns, près de Modesto, est la dernière fois que quiconque ait vu le Zodiac en personne.

67220Pourtant, il continua à envoyer des lettres aux journaux et aux policiers. Il fit parvenir un courrier au Chronicle le 20 avril 1970, incluant un petit message crypté et les plans d’une bombe…
Le nombre de ses victimes s’élevait à présent, selon lui, à 10. Il expliquait cependant qu’il n’était pas celui qui avait « anéanti ce blue meanie avec une bombe au commissariat », tout en affirmant qu’il y a « plus de gloire à tuer un flic qu’un enquêteur de la criminelle parce qu’un flic peut riposter et vous tirer dessus ». Il expliquait enfin que sa « bombe du bus » n’avait pas explosé à cause de la pluie et qu’il allait en faire une autre…
L’expression « blue meanie » est certainement une référence aux « méchants » dans le dessin animé des Beatles « Yellow Submarine », sorti en 1968. Dans la contre-culture et chez les jeunes, il était devenu un surnom pour les policiers.
Le « blue meanie » en question était le sergent Brian McDonnell, 44 ans, de la police de San Francisco, dont le corps avait été déchiqueté par une bombe artisanale le 16 février 1970. Neuf autres policiers avaient été blessés. (On découvrit par la suite que ce meurtre était sans doute le fait d’un groupe terroriste communiste).

La dernière menace concernant les bus ne fut pas rendue publique durant un mois, jusqu’à ce qu’une note soit envoyée au Chronicle pour demander sa publication.
Datée du 28 avril 1970, le message avait été écrit sur une carte de vœux. Le tueur exigeait la publication de ses menaces concernant les bus, ou il les mettrait à exécution. Il exprimait également son vœu de voir les habitants de la Bay Area arborer des badges à l’effigie de son « symbole cible », comme ils le faisaient avec le symbole de la paix ou celui du black power…
Des empreintes digitales furent relevées sur la carte et son enveloppe, peu après sa réception.
La menace du Zodiac fut finalement révélée au public le 29 avril 1970 mais les schémas (estimés « discutables ») ne furent publiés qu’en 1986, dans le livre de Robert Graysmith, « Zodiac ».

La lettre suivante fut envoyée au Chronicle le 26 juin 1970. Elle contenait un autre code et une carte de la route 66 traversant la Bay Area. Le Zodiac avait dessiné une horloge au sommet du Mont Diablo. Cette horloge ressemblait au symbole-cible du Zodiac, mais avec un zéro sur le haut, un 3 à droite, un 6 en bas et un 9 à gauche.

« C’est le Zodiac qui vous parle.
letter-nice-buttons Je suis très en colère contre les habitants de la San Fran Bay Area. Ils n’ont pas respecté mon souhait de les voir porter de jolis badges avec ma croix cerclée. Je promets de les punir s’ils ne s’exécutent pas, en annihilant un bus d’écoliers. Mais maintenant c’est les vacances d’été, alors je les punirai d’une autre manière. J’ai abattu un homme assis dans une voiture garée avec un calibre .38.
La carte couplée avec le code vous dira où la bombe se situe. Vous avez jusqu’à l’automne prochain pour la déterrer. »

Le seul meurtre par balle commit récemment avec un calibre .38 dans la Bay Area était celui d’un officier de police de San Francisco de 25 ans, Richard Radetich, père d’un bébé de 8 mois, abattu dans sa voiture alors qu’il dressait un PV, six jours avant que la lettre n’ait été envoyée.
Un témoin avait identifié un homme noir qui ne ressemblait pas du tout au portrait-robot du Zodiac, comme étant le tireur. Les policiers avaient arrêté un homme condamné auparavant pour un vol à main armé (Faute de preuves, il ne fut finalement pas inculpé du meurtre de Radetich). Les dirigeants de la police de San Francisco affirmèrent que la revendication du meurtre par le Zodiac n’était qu’un mensonge.
Beaucoup conviennent aujourd’hui que le Zodiac voulait s’attribuer le meurtre de Radetich pour se « faire mousser ». Mais dans ce cas, sans doute aurait-il précisé qu’il avait tué un « flic » et non simplement un « homme »… Le Zodiac se vantait-il du meurtre de quelqu’un d’autre ? Ou avait-il simplement tout inventé ?

error: Content is protected !!
WpCoderX