Paul Bernardo et Karla Homolka

Noms : Paul Bernardo et Karla Homolka
Surnom : « Ken et Barbie »
Nés le : Paul Bernardo est né le 27 août 1964, à Toronto (Canada). Karla Homolka est née le 4 mai 1970 à Port Credit, près de Toronto (Canada)
Morts le : Toujours vivants tous les deux. Bernardo est emprisonné au pénitencier de Milhaven, à Bath (Ontario). Homolka a été libérée en 2005.

On les a surnommés « Ken et Barbie » parce qu’ils étaient jeunes, beaux, blonds… et superficiels. Il voulait des esclaves sexuelles à violer, elle les lui fournissait sur un plateau « par amour ». Ce couple de Canadiens, mariés, bien sous tout rapport, habitant aux alentours de Toronto, a violé au moins 20 femmes, et assassiné 3 adolescentes, dont la propre soeur de Karla. Et, vu les lenteurs de la police, ils n’auraient peut-être jamais été arrêtés si Bernardo n’avait fini par se lasser d’Homolka et s’était mis la battre, ce qu’elle n’a pu supporter venant de son « chéri ».

Informations personnelles

La mère de Paul Bernardo avait été adoptée par un éminent avocat de Toronto, Gerald Eastman, et avait été élevée par des parents doux et heureux.
Son époux, Kenneth Bernardo, était fils d’un immigré italien, un homme brutal avec son épouse et ses enfants. Marylin et lui se marièrent en 1960 et s’installèrent dans le quartier de Scarborough, à Toronto. Mais le mariage battit rapidement de l’aile. Tout comme son père, Kenneth Bernardo battait sa femme. Après avoir donné naissance à un garçon et une fille, Marylin trouva refuge dans les bras d’un ex-petit-ami. Paul fut un enfant illégitime.
bernardo enfantLe père de Paul l’apprit, mais ne s’en offusqua pas et accepta de reconnaître l’enfant. Il voulait peut-être se faire pardonner ses propres « écarts » : c’était un voyeur et il avait presque violé une fillette.
Marylin, dépressive, prit énormément de poids, cessa de s’occuper de sa maison et de ses enfants, et s’enferma dans le sous-sol de leur maison. Kenneth Bernardo, lui, travaillait beaucoup. Les enfants Bernardo se retrouvaient souvent seuls.
Pourtant, pour qui ne connaissait pas l’intimité de la famille, elle semblait heureuse. Les Bernardo partaient souvent en vacances, il y avait une piscine dans le jardin, de jolies bicyclettes pour les enfants…

Le jeune Paul sembla bien supporter la situation : il était poli, bien élevé, bon à l’école, un peu timide, et s’était engagé chez les scouts. En grandissant, il s’impliqua encore plus dans le scoutisme (une famille de substitution ?) et travailla comme conseiller pour les enfants durant l’été. Les enfants l’adoraient et il aimait passer du temps avec eux. Les adolescentes l’aimaient également. Il était beau, timide et romantique.

Il était également intelligent et travaillait bien au lycée. Il voulait « devenir quelqu’un » et réussir dans la vie.

Mais chez Paul comme pour la famille Bernardo, il existait des craquelures dans l’image idyllique. Paul s’était mis à mépriser sa mère. Il se rangeait peu à peu à l’avis de son père, qui lui répétait que les femmes « doivent rester à leur place ». Il se mit à se plaindre de la nourriture et de la manière dont sa mère le traitait. Il accusa sa soeur d’être la « favorite » de sa mère.
A 16 ans, Paul se disputa violemment avec sa mère, et celle-ci, dans sa rage, lui révéla qu’il était un enfant illégitime. Paul ne s’en remit jamais. Il fut littéralement anéanti par le fait que sa mère lui ait menti, que sa propre existence soit basée sur un mensonge. Il se mit à insulter sa mère, la traitant de « putain ». Elle lui répondait en le traitant de « bâtard », reportant sans doute sur son fils la haine qu’elle éprouvait pour son époux.
Quant à son père, Paul apprit qu’il violait sa soeur depuis des années.

Son attitude en général, et plus particulièrement envers les femmes, changea radicalement. Il se lia d’amitié avec une bande de petits voleurs, machos et violents, qui couchaient avec des filles faciles. Son opinion des femmes empira.
Il trouva un petit boulot dans la société « Amway ». Scott Burnside et Alan Cairns dans « Deadly Innocence » décrivent comment Paul fut profondément influencé par les choses qu’il apprit grâce aux personnes qui le recrutèrent. « Paul utilisa les techniques d’Amway dans bien des facettes de sa vie, pas seulement la vente et les affaires, mais également dans ses relations personnelles. Il acheta les livres et les cassettes de célèbres experts du « devenez riche et célèbre »… Bien que Paul ne gagna pas beaucoup d’argent chez Amway, la philosophie qu’il adopta grâce à cette entreprise foncièrement capitaliste justifia ses propres désirs grossiers et égoïstes. » Il abandonna ses anciens amis et adopta une attitude supérieure.
Avec les nouveaux amis de sa bande, il passa ses nuits dans les bars pour embobiner des jeunes filles avec ses mensonges de futur millionnaire et coucher avec elles.

bernardo_universiteLors de sa première année à l’université, il développa des fantasmes sexuels violents et pervers. Lui qui avait été un amant prévenant et gentil, se mit à battre ses petites amies, à les humilier en public. Il ne pouvait plus ressentir du plaisir qu’en violant. Il fallait que toutes les femmes lui soient soumises. Sa réputation fit le tour de l’université et, rapidement, plus aucune fille ne l’approcha.

Il commença également à trafiquer différents objets pour augmenter ses revenus, notamment des cigarettes. Il voulait toujours posséder les derniers vêtements à la mode, et il avait besoin de beaucoup d’argent.
En 1987, Paul obtint son diplôme et trouva un emploi de comptable dans une grande société. Là aussi, les femmes le fuirent dès que sa réputation fut faite.
En mai de la même année, il commit son premier viol dans son quartier natal de Scarborough, sur une femme de 21 ans, qu’il sodomisa et brutalisa.


homolka enfantKarla Homolka était la fille d’un couple de petits bourgeois tranquilles et aimants, Karel et Dorothy Homolka. Karel avait fui la dictature tchécoslovaque et s’était installé aux Etats-Unis, où il avait épousé Dorothy et avait créé une petite société avec des amis. Son seul défaut était qu’il était un peu porté sur la boisson.
Karla avait deux soeurs, Tammy et Lori, avec qui elle s’entendait bien.

Blonde aux yeux bleus, mignonne, elle se débrouillait bien à l’école, où elle était appréciée. Elle faisait partie d’une chorale. Tout le monde savait qu’elle adorait les animaux et en ferait sûrement son métier. Elle invitait souvent des amis dans la maison familiale, ils discutaient et écoutaient de la musique.
Elle se mettait très rarement en colère. Elle avait pourtant un caractère entier et ne faisait rien à moitié : avec elle, c’était tout ou rien.
Mais rien ne semblait clocher dans sa vie ou sa personnalité.

À la fin du lycée, toutefois, son comportement changea et elle se mit à moins travailler en classe. Elle sortait avec une bande d’amis qui séchaient parfois les cours et buvaient un peu trop. Les parents Karla pensèrent que son attitude était liée à la « crise de l’adolescence ».

Avant de rencontrer Paul Bernardo, bien qu’intéressée par les garçons, elle n’était pas sortie avec beaucoup d’entre eux. Elle aima un jeune homme qui repartit chez lui, dans le Kansas. Contre l’avis de ses parents, Karla lui rendit visite et, à 17 ans, elle eut sa première expérience sexuelle.
À 17 ans, elle travaillait dans une clinique vétérinaire comme assistante et semblait être une jeune fille « bien sous tout rapport », sans aucun problème.

 

HometBerEn octobre 1987, Karla se rendit à une convention avec une amie. Elle rencontra Paul Bernardo, 23 ans, dans un café, lui aussi avec un ami. Les filles invitèrent les garçons dans leur chambre pour regarder la télé… À la grande surprise de son amie, Karla coucha avec Paul dès ce soir-là, alors que l’amie de Karla et celui de Bernardo étaient assis, terriblement gênés, à quelques mètres. Karla Homolka expliqua plus tard à son amie qu’elle avait su immédiatement qu’ils allaient se marier parce qu’elle était tout de suite tombée amoureuse de lui…

Paul Bernardo, qui fantasmait sur les adolescentes, manipula facilement la jeune Karla. Il commença par la taquiner, puis arriva en retard à leurs rendez-vous et finalement lui fit réaliser tous ses fantasmes sexuels.
Il avait toujours voulu avoir quelqu’un complètement en son pouvoir, comme son père le faisait avec sa mère. Son rêve se réalisait.

Ils devinrent sexuellement obsédés l’un par l’autre. Au contraire des autres filles qui le fuyaient, Karla encourageait le comportement sadique de Paul. Il lui annonça qu’il avait commencé à violer des femmes dans le quartier de Scarborough. Karla lui répondit que c’était « cool » !

Le portrait-robot

Le portrait-robot

En 1988, il avait violé au moins 13 jeunes femmes et n’avait aucune envie de s’arrêter. La police tournait en rond, bien que les enquêteurs aient prélevé des échantillons de spermes et d’autres preuves physiques sur les victimes.
Ils possédaient également un très bon portrait-robot, établi grâce aux témoignages de certaines victimes. Toutefois, ils ne le diffusèrent que dans les autres départements de police du Canada et ne le dévoilèrent pas à la population locale !
En fait, il ne fut diffusé dans les médias qu’en mai 1990 et les policiers furent immédiatement submergés d’appels.

Karla savait que Paul était le « violeur de Scarborough » et, au lieu de le dénoncer, elle l’encourageait.
L’une des victimes expliqua aux policiers qu’elle avait vu une femme avec le violeur, et qu’elle avait un caméscope. Mais les enquêteurs mirent ce témoignage de côté, considérant qu’il était le résultat d’une hystérie provoquée par le viol…

ll est évident que le portrait-robot ressemblait énormément à Bernardo. En 1990, des amis et des collègues contactèrent la police, qui alla rendre visite à Bernardo. Il semblait si poli et sympathique que les enquêteurs eurent du mal à le soupçonner. Ils lui demandèrent malgré tout des échantillons de sang, de salive et de cheveux afin de procéder à des tests sanguins et ADN. Mais 230 autres hommes avaient fourni des échantillons, et il fallut beaucoup de temps pour réaliser tous les tests ADN.

 

 

Crimes et châtiments

homol_bernPiscineEn 1990, ils se fiancèrent. Karla était folle de joie. Pour elle, Paul Bernardo était beau, sophistiqué, intelligent, et… il avait de l’argent. Leur mariage allait être superbe, leurs familles et leurs amis ne l’oublieraient jamais. Ses rêves d’adolescentes se réalisaient…
Paul était aux yeux de Karla un être unique et parfait. Même sa « sauvagerie » au lit lui plaisait et elle acceptait toutes les demandes de son fiancé, même les plus humiliantes.

Paul Bernardo, lui, était très contrarié par le fait que Karla n’était plus vierge et le lui reprochait. Elle aurait dû attendre et rester pure pour lui.
Il demanda alors à Karla, comme si c’était tout naturel, de se débrouiller pour qu’il puisse prendre la virginité de sa jeune soeur, Tammy, sans qu’elle le sache… ou n’y consente. Il lui demanda tout simplement de la laisser violer sa soeur.
Au début, Karla Homolka refusa, mais Paul insista tellement qu’elle finit par se convaincre qu’elle était responsable de son mécontentement et qu’elle devait réparer son erreur. La volonté de Bernardo de filmer le viol lui sembla tout aussi logique.
Alors que la plupart des gens faisaient les magasins et préparaient les vacances de Noël, Paul Bernardo et Karla Homolka planifiaient tranquillement le viol de Tammy, comme si de rien n’était.

p-bernardo_k-homolkaKarla Homolka travaillait pour une clinique vétérinaire et avait accès aux drogues et aux calmants qui étaient utilisés sur les animaux. Elle ramena chez elle une bouteille de Halothane, un sédatif deux fois plus fort que le chloroforme et quatre fois plus efficace que l’éther, qui peut être dangereux pour le foie et les muscles. Elle avait aussi « emprunté » quelques comprimés de Halcion, un puissant somnifère qui ne doit pas être mélangé avec de l’alcool. Il existait certains risques car elle ne possédait pas l’équipement approprié.
Mais Karla se dit qu’elle allait verser du halothane sur un bout de tissu puis le poser sur le visage de sa soeur. Elle vérifierait simplement que Tammy respirait régulièrement. Karla avait tout préparé et organisé.
Paul Bernardo réduisit les cachets de Halcion en poudre et les versa dans le verre de Tammy, alors que toute la famille Homolka regardait un film à la télé, dans la nuit du 23 décembre 1990. Peu après que ses parents soient montés dans leur chambre pour dormir, laissant Tammy, Karla et Paul dans la chambre d’ami du sous-sol pour qu’ils regardent un autre film, Tammy sombra dans l’inconscience.
C’était le moment qu’ils attendaient, et Paul ne perdit pas de temps : il ordonna à Karla de prendre le halothane et de commencer à filmer avec le caméscope.

Paul et Karla couchèrent l’adolescente inconsciente sur le sol et Karla pressa un tissu imbibé de halothane contre sa bouche et son nez. Paul la déshabilla, puis la viola. Il ordonna ensuite à Karla de caresser sa soeur, lui indiquant exactement ce qu’il voulait qu’elle fasse. Pendant tout ce temps, le caméscope filmait tout. Paul tourna Tammy sur le ventre et la sodomisa. C’est là qu’il remarqua qu’elle ne respirait plus et qu’elle avait vomi.
Paul et Karla rhabillèrent Tammy, puis appelèrent une ambulance, mais il était déjà trop tard. L’adolescente mourut avant même de parvenir à l’hôpital.

Karla et Paul ne furent aucunement suspectés de la mort de Tammy. Elle avait bu et, bien qu’il y ait une marque étrange sur son visage – à cause du tissu imbibé de halothane – sa mort fut imputée à un étouffement : elle avait inspiré ses vomissures dans ses poumons, avait suffoqué et était morte.
Selon les récits de toute la famille, Paul fut complètement dévasté quand on lui apprit que Tammy était morte. Non pas qu’il se sentit coupable ou qu’il aimait Tammy, mais elle l’excitait beaucoup et il perdait avec elle la possibilité de réaliser ses fantasmes de viol sur une vierge.
Karla, elle, bien que sincèrement peinée durant les funérailles, se préoccupa rapidement des effets que la mort de Tammy pourrait avoir sur ses projets de mariage. Ses parents pensaient qu’il ne serait pas approprié de célébrer le grand mariage festif qui avait été prévu, vu la situation.
Cela rendit Karla presque malade.

B821655139ZElle n’était déjà pas très heureuse que Paul ne soit plus le bienvenu en tant qu’hôte dans la maison de ses parents. Ce n’est pas qu’on le soupçonnait de quoi que ce soit, au contraire, mais le reste de la famille ne se sentait pas à l’aise quand il était là, alors qu’ils portaient le deuil. Lorsqu’on lui demanda gentiment de rentrer chez lui, Karla Homolka partit avec lui.
Dans leur nouvelle maison, à Port Dalhousie, ils érigèrent un autel consacré à Tammy, et Paul présenta souvent des photos d’elle aux invités, leur racontant combien tout le monde l’avait aimé…

Peu de temps après le mort de Tammy, Paul et Karla passèrent une soirée dans la chambre de la défunte. Karla revêtit des vêtements ayant appartenu à sa soeur et ils couchèrent ensemble. Cet épisode fut filmé par leur caméscope (… et utilisé contre Bernardo durant son procès).
Bernardo était extrêmement satisfait de s’être sorti de ce mauvais pas, sans être même soupçonné, ce qui ne fit que renforcer son envie de continuer. De plus, la complète coopération de son esclave sexuelle soumise, Karla, lui prouva qu’il pouvait compter sur elle pour l’aider à réaliser ses fantasmes pervers.

Bernardo abandonna son emploi. Ses seuls revenus lui provenaient à présent du trafic de cigarettes entre le Canada et les États-Unis, qu’il transportait dans sa voiture.

Bernardo était toujours ennuyé par la mort de Tammy et la reprochait souvent à Karla. Dans l’espoir de se faire pardonner, Homolka voulut trouver une autre fille qui remplacerait sa soeur. Elle connaissait une adolescente de 15 ans, Jane, qui ressemblait beaucoup à Tammy. Jane idolâtrait Karla et accepta avec plaisir son invitation chez elle, en l’absence de Paul.
Elles mangèrent puis passèrent des heures à discuter alors que Karla lui faisait boire des verres d’alcool remplis d’Halcion. Lorsque Karla fut certaine que Jane avait sombré dans l’inconscience, elle appela Paul Bernardo, qui arriva rapidement. Il fut ravi de voir à quel point Jane ressemblait à Tammy… et qu’elle était vierge. Ils déshabillèrent l’adolescente et Paul filma Karla qui la caressait et la léchait. Puis, il la viola et la sodomisa. Satisfait, il ordonna à Karla de nettoyer le sang, de laver Jane et de la mettre au lit.
Le lendemain, Jane eut la nausée et des douleurs, mais ne comprit pas ce qui s’était passé. Le couple l’a laissa rentrer chez elle.