Pas aussi fascinant qu’à la télé…

« Les Experts », « Forensic Files », « Cold Case », « Bones », « RIS Police scientifique », etc. Les séries télévisées en rapport avec le crime n’en finissent pas d’apparaître. Mais la vraie vie est différente de la télévision.
Le chef de la police de Muskogee (Oklahoma), Rex Eskridge, assure : « Aucun département de police n’a toutes les choses qu’ils ont à la télé. Trop des choses que les gens croient proviennent de la télé. Ce n’est pas la réalité. Et ça rend notre travail plus difficile« .

La police, à la télévision, peut résoudre un meurtre et faire inculper un suspect en une heure, « emballé, c’est pesé ». Ils possèdent le meilleur équipement, peuvent obtenir les résultats des examens rapidement et poursuivent les suspects sans problème.

Article original par Elizabeth Ridenour du Muskogee Phoenix

Résolus / Non résolus

Sur les 60 meurtres ayant eu lieu à Muskogee depuis 1995, 18 n’ont toujours pas été résolus.

Selon Eskridge, les statistiques de Muskogee reflètent la moyenne nationale de résolution des meurtres. En 1969, la moyenne nationale était de 86% pour les homicides. En 1999, elle avait chuté à 69%.
«La moyenne nationale des résolutions est tombé à 62,6% en 2004, selon le Département Américain de la Justice».

Pour les huit enquêteurs du département de police de Muskogee, le grand nombre d’affaires qui leurs sont confiées est en cause. Car ils n’enquêtent pas uniquement sur des homicides. Ils enquêtent également sur des viols, des cambriolages, des vols et des agressions. De nouvelles affaires arrivent sur leur bureau tous les jours.

Selon les enquêteurs, chacun de ces meurtres non résolus est réétudiés de manière régulière. «Si des personnes nous appellent anonymement ou directement avec des informations, nous la réexaminons», affirme le Sergent Greg Martin.
«En réalité, nous ne classons jamais vraiment ces affaires», assure Eskridge. «En fait, très peu des affaires non résolue n’ont pas de suspect. C’est seulement qu’il n’y a pas assez de preuves pour arrêter ce suspect».

Eskridge cite Kenneth Tyrone Brown, 44 ans, condamné en 1995 pour le meurtre d’une artiste locale, Beth Alloway. Il a été condamné à la perpétuité sans possibilité de libération sur parole.
«Brown était suspect dans plusieurs affaire. C’est un véritable tueur en série et un homme très dangereux».
Brown n’était pas considéré comme un tueur en série jusqu’à ce que des informations fassent surface dans l’affaire Beth Alloway.
«C’est devenu évident alors que les enquêteurs travaillaient sur l’affaire. Ils ont alors réalisés qu’il était impliqué dans les autres meurtres».

 

Les enquêteurs

La manière dont les scènes de crime sont traitées s’améliore à Muskogee.
«La manière de procéder est différente de ce que nous faisions dans le passé», explique le Sergent Martin. «Les preuves et l’ADN sont traités différemment. Ils sont emballés et on s’en préoccupe d’une manière différente».

Les sergents Lonnie Bemo et Kris Ledford ont suivi des cours à l’académie de police pour apprendre les nouvelles techniques à utiliser sur les scènes de crimes.

«L’éducation est très importante pour nous. La connaissance est importante», dit Eskridge. «Je veux que le côté intellectuel de nos officiers soit développé».

«Nous travaillons avec nos superviseurs et essayons de leur expliquer la nécessité d’être à la page à ce niveau là», renchérit Bemo. «C’est formidable, ce que j’ai appris à l’académie. J’ai fait ça durant 15 ans et les enseignements m’ont ouvert les yeux».

bildeLes enquêteurs tentent de « rester à la page » en achetant – de leur propre poche ! – beaucoup d’équipements et de fournitures. Lonnie Bemo utilise son ordinateur portable personnel. Kris Ledford a lui-même acheté des lentilles pour leur nouvel appareil photo.
Selon Eskridge, «Beaucoup d’entre nous utilisent leur propre argent. Beaucoup de nos employés font ça».

Certains de ces équipements sont utilisés tant pour ne pas contaminer les scènes de crimes que pour leur propre sécurité : des masques, des gants et des combinaisons.
Le dernier équipement acquis, il y a 3 semaines, est un « SUV », un gros 4×4 sportif.

«On l’a eu suite à une saisie dans une affaire de drogues}», explique Bemo. «{Nous l’avons déjà utilisé pour quatre scènes de crimes. Nous avons de grands espoirs pour ce que nous allons en faire dans le futur».
Les boîtes et containers de matériel seront transférés dans le véhicule – les bandes jaunes de scènes de crime, les kit pour détecter le sang, les trépieds, les filtres pour les masques de respiration, les lampes torches, ciseaux, kit pour le relevé d’empreintes… etc.

 

Les problèmes

Découvrir à qui appartiennent des empreintes n’est pas si simple. La police de Muskogee ne possède pas d’ordinateur qui peut scanner les empreintes et trouver un suspect en 5 secondes, comme on le voit dans les série.

«Nous les envoyons à l’OSBI (le Bureau du FBI de l’Oklahoma) et ils les mettent dans l’AFIS (Automated Fingerprint Identification Systems : la base de données nationale d’empreintes digitales)», explique Bemo.

Cela peut prendre des semaines. La plupart du temps, les résultats ne révèlent aucun suspect. Bien que les enquêteurs aient amélioré leurs techniques et leur équipement, c’est toujours une bataille pour arrêter un coupable. Une enquête, c’est surtout un jeu de patience.
«Nous demandons des analyses ADN. Et si nous le faisons, ça prend au minimum UN AN pour obtenir les résultats. Le laboratoire l’Oklahoma est complètement débordé. Nous n’avons pas de machine magique.» Le laboratoire d’état -seul- analyse en effet les indices de toutes les agences et forces de police de l’Oklahoma.

Toutefois, les techniques d’investigation à Muskogee se sont vraiment améliorées.
«Nous avons fait beaucoup de chemin depuis le Polaroid», selon Bemo. «Et je crois que le public attend de nous cette évolution. J’aimerais pouvoir résoudre tous les crimes comme ils le font à la télé, mais ce n’est pas possible».

En plus

Un article d’un policier, technicien de scène de crime, sur les différences entre la réalité et la fiction de la série « Les Experts ».
Un dossier sur les idées reçues sur la police scientifique, dans l’Etudiant

 

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